Formation sur l’entrepreunariat organisée par la Fédération des épouses de FDS
Réservées mais fortement engagées, les épouses des Forces de défense et de sécurité occupent une place importante dans la dynamique sociale et communautaire du Niger. À travers leur Fédération, elles participent activement à la vie du pays en tant que mères, épouses, éducatrices, entrepreneures et actrices du développement communautaire, bref en tant que citoyennes tout court. Elles assurent l’éducation des enfants, la gestion des foyers, la transmission des valeurs sociétales et contribuent à l’économie familiale grâce aux activités génératrices de revenus. Elles interviennent également dans des actions communautaires telles que les visites d’hôpitaux, les soutiens aux personnes vulnérables, les campagnes de salubrité et les initiatives d’assainissement. Aux côtés de leurs époux mobilisés pour la défense de la nation, elles incarnent aussi des valeurs de résilience, de responsabilité et d’engagement citoyen.
Ainsi, elles ont participé à la grande mobilisation citoyenne du 24 janvier 2026 au Palais des Congrès de Niamey. Une rencontre organisée par le Ministère de la Population, de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale en collaboration avec le Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), sous le thème : « Répondons massivement à l’appel du Président de la République du Niger et réaffirmons la souveraineté de notre pays ». Elles ont en effet marqué leur engagement patriotique et leur attachement à la souveraineté nationale. Dans cette même dynamique, elles sont sorties massivement pour accueillir le Président de la République à son retour de sa tournée dans les régions du Niger.
Actions sociales, économiques et communautaires
A ce niveau, explique Mme Mody Safia, coordonnatrice de la Fédération Nationale des Epouses des Forces de défense et de sécurité (FNE-FDS), des centaines de femmes ont bénéficié, à travers leur Fédération, de formations dans des secteurs générateurs de revenus. Notamment : la transformation agroalimentaire ; la fabrication de savon ; le tissage ; l’agriculture, l’aviculture et la pisciculture ; la gestion entrepreneuriale et le développement d’activités économiques. Des sessions ont été organisées à Bonkoukou le 25 janvier 2026 ; à Gamkalé le 8 février 2026 ; à Agadez, Téra et dans d’autres localités ; à Liboré les 13 et 14 janvier 2024 dans le cadre des ateliers de formation des formatrices. Ces activités visent à renforcer durablement les capacités économiques des femmes et à favoriser la transmission des compétences au sein des groupements féminins. Le 14 février 2026, au Camp Bagagi, les épouses des FDS ont également pris part au concours de salubrité des camps organisé dans le cadre du centenaire de la ville de Niamey. Elles se sont particulièrement investies dans les activités d’assainissement, d’hygiène, de protection de l’environnement et d’amélioration du cadre de vie. Au-delà de ces initiatives, les femmes des FDS jouent un rôle majeur dans le soutien moral et psychologique des militaires engagés sur le terrain. Elles assurent souvent seules la gestion des foyers durant les longues absences de leurs conjoints, contribuant ainsi à la stabilité familiale et à l’encadrement des enfants.
Ces dernières constituent aujourd’hui un véritable pilier de cohésion sociale et de résilience communautaire. Grâce à une vie associative dynamique, elles entretiennent des liens de solidarité entre les différentes composantes des FDS : Forces Armées Nigériennes (FAN), Police Nationale, Gendarmerie Nationale, Garde Nationale du Niger et autres structures sécuritaires. Elles organisent, toutes les deux semaines, des lectures tournantes du Saint Coran ainsi que des séances de dou’as pour la paix, la sécurité et la stabilité du Niger. Elles entretiennent également des relations étroites avec les autres associations féminines et les autorités administratives afin de favoriser l’intégration sociale des familles des FDS et d’éviter toute marginalisation. Dans le cadre des actions communautaires, elles participent aux campagnes de salubrité dans les camps et les quartiers, dans les cimetières, ainsi qu’aux visites d’hôpitaux et aux initiatives de soutien communautaire.
Cohésion au sein des pays de la Confédération AES
Dans le cadre du renforcement des liens entre les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), souligne Mme Mody Safia, la Fédération a accueilli les épouses des FDS du Mali et du Burkina Faso lors de visites d’écoles et de réalisations menées par les femmes nigériennes. Ces échanges ont contribué au renforcement de la solidarité régionale et au partage d’expériences. Par ailleurs, les épouses des FDS organisent des camps de vacances éducatifs et récréatifs au profit des enfants des FDS, particulièrement pendant les vacances scolaires. Ces camps permettent d’initier les enfants à la vie militaire, au patriotisme, à la discipline, à la citoyenneté et aux valeurs de responsabilité. Le Forum des épouses des FDS de l’AES, organisé à Niamey du 17 au 19 septembre 2025 sous le thème : « Épouses des FDS de l’AES face aux défis sécuritaires : ensemble construisons la résilience », a permis d’aborder plusieurs thématiques importantes : la communication conjugale en temps de crise ; les stratégies de relèvement et d’autonomisation ; la co-construction de la résilience familiale et communautaire ; la prise en charge psychosociale des familles des FDS ; le cadre juridique et l’harmonisation des mécanismes d’accompagnement ; le renforcement de la solidarité entre les pays de l’AES.
Des actions menées pour renforcer la résilience, l’entraide et la responsabilité des femmes des FDS
Les épouses des FDS mènent des actions de résilience et d’entraide de manière continue. Face aux défis sécuritaires et sociaux actuels, ces initiatives ont été davantage renforcées. En ce qui concerne l’autonomisation économique, des dizaines de sessions de formation ont été organisées sur : la transformation du manioc en ‘’gari’’ et tapioca ; la production d’amidon et de farine ; le tissage ; la fabrication artisanale de savon ; l’agriculture, la pisciculture et l’aviculture ; les techniques entrepreneuriales et la gestion d’activités économiques. Ces activités permettent, selon la présidente nationale de la Fédération, aux femmes de renforcer leur autonomie financière, de soutenir leurs familles et d’accompagner leurs époux engagés sur le terrain. Aussi, elles organisent régulièrement des visites de solidarité et des soutiens aux familles éprouvées, aux veuves, aux orphelins ainsi qu’aux enfants en situation de handicap issus des familles des FDS. Elles accordent également une attention particulière à l’accompagnement psychosocial, à l’inclusion sociale et au soutien moral des personnes vulnérables. Les activités spirituelles bihebdomadaires constituent un important facteur de résilience morale et psychologique, favorisant la cohésion et le soutien mutuel entre les familles. Ces femmes mènent également des actions de sensibilisation sur : la responsabilité familiale ; la gestion des crises ; la préservation de l’unité familiale ; le patriotisme et les valeurs citoyennes.
Les principaux obstacles et les priorités pour renforcer leur action
Cependant, déplore-t-elle, la Fédération Nationale des Epouses des Forces de défense et de sécurité (FNE-FDS), malgré les avancées enregistrées, plusieurs difficultés persistent dans la mise en œuvre des initiatives de la Fédération. L’insuffisance des moyens financiers ; les difficultés logistiques dans les zones éloignées ; le manque d’équipements adaptés pour les formations sont entre autres cités. A ceux-là s’ajoutent l’insuffisance des financements destinés aux activités génératrices de revenus ; les contraintes liées au contexte sécuritaire ; le besoin croissant d’accompagnement psychosocial des familles. La Fédération fait également face à des difficultés de coordination et de mutualisation des actions en raison de l’étendue géographique des interventions et du caractère souvent dispersé des activités. Par ailleurs, malgré son statut de structure officiellement reconnue, organisée et pluridisciplinaire, la Fédération estime que son implication dans certains cadres de concertation, de planification et de prise de décision pourrait être davantage renforcée. S’agissant des priorités, elle indique qu’elles portent sur une meilleure implication de la Fédération dans les instances de décision et de planification ; le renforcement des programmes d’autonomisation économique ; la multiplication des formations professionnelles. Il y a aussi l’accompagnement renforcé des veuves, des orphelins et des enfants en situation de handicap ; le développement des activités communautaires de proximité ; le renforcement des mécanismes de soutien psychosocial ; l’amélioration des conditions de vie dans les camps ; le renforcement des partenariats nationaux et internationaux ; une meilleure continuité et l’harmonisation des actions sur le terrain. « Aujourd’hui plus que jamais, les épouses des Forces de défense et de sécurité demeurent convaincues que la résilience nationale et la réussite du processus de refondation ne peuvent être atteintes sans l’implication active, reconnue et structurée des femmes. Particulièrement, celles qui accompagnent quotidiennement les Forces de défense et de sécurité dans leur noble mission de protection de la Nation », recommande Mme Mody Safia.
Par Aïchatou Hamma Wakasso (ONEP)
