Mme Halimatou Sadiya
Face à la précarité, le petit commerce constitue aujourd’hui un véritable levier d’autonomisation pour les femmes. Il leur permet de concilier responsabilité familiale et survie économique. De la vente de nourriture à celle de légumes ou encore de fruits, elles s’activent au quotidien pour gagner dignement leur vie. A Niamey, elles sont un peu partout : dans les marchés, le long des grandes artères et jusque dans les quartiers.
A la place du petit marché, à quelques encablures du Commissariat de police, des femmes hèlent machinalement les passants. Vendeuses de légumes, d’herbes aromatiques et d’épices, elles sont pour la plupart des ménagères qui cherchent à subvenir aux besoins de leurs familles au quotidien. Le commerce de persil et céleri ainsi que de la menthe généralement dominé par des hommes est devenu la principale source de survie pour ces femmes.
Mme Rosaline Nicolas, la main chargée de persil et de menthe fraîche a confié que cela fait plusieurs années qu’elle est dans la vente de légumes verts et de plantes aromatiques. Sueur perlant sur le front, elle explique qu’elle fait ce commerce plus par devoir. « Je vends de la menthe, du persil et céleri depuis l’âge de 12 ans. Aujourd’hui encore, je continue cette activité pour la survie des miens » dit-elle tristement.
Pour se ravitailler, Mme Rosaline se rend dans les jardins situés aux abords du fleuve Niger. Elle prend chaque jour une grande quantité de légumes verts et plantes aromatiques qu’elle vient revendre. « J’achète parfois pour vingt mille (20.000) francs CFA par jour que j’écoule en détail au prix de 100, 200 voire 250 FCFA», a-t-elle expliqué.
Assise un peu plus loin, une autre vendeuse, foulard noué sur la tête, hèle les passants. Elle, c’est Mme Halimatou Sadiya, âgée de 30 ans et mère de 5 enfants qui, comme Mme Rosaline, exerce cette activité pour subvenir aux besoins de sa famille. « J’ai commencé cette activité depuis le bas âge avec ma mère. Après mon mariage, j’ai arrêté, mais les circonstances de la vie m’ont contrainte à reprendre ce petit commerce » se désole-t-elle. Par ailleurs, cette activité n’est pas la seule que Mme Halimatou Sadiya exerce. « Je vends également des beignets et igname frits. C’est d’ailleurs après avoir fini la vente des beignets que je viens au marché pour vendre mes légumes verts et autres. Ce n’est pas facile, mais c’est nécessaire », a-t-elle confié.
Cependant, malgré la détermination de ces femmes, parfois elles sont obligées de rentrer sans grande joie. La cause ? Rareté de la clientèle. « Il y a des jours où la clientèle est rare. On peut même parfois rentrer sans vendre et ce que nous vendons est périssable. Ce sont des feuilles avec cette canicule, elles se fanent vite. D’un autre côté, il y a aussi la mairie qui est toujours en train de nous déguerpir », se lamente –t-elle. La vente de légumes verts et de plantes aromatiques est devenue aujourd’hui ce moyen par lequel ces femmes affirment leur autonomie. Dans la chaleur comme dans la fraîcheur, peu importe le temps, elles ne lésinent pas sur les moyens, tant que cela permet de gagner de quoi faire vivre la famille. Pour mieux exercer leur activité, elles demandent aux autorités municipales de leur trouver un emplacement approprié.
Boubacar Kalilou Nafissatou (stagiaire)
