Vue de la drogue et des objets saisis ...
Minutieusement dissimulées dans les compartiments aménagés sous la remorque d’un camion, au total 233 briques de cocaïne ont été saisies à l’entrée de la région de Zinder. L’Office Central de Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCTRIS) a présenté aux médias, le lundi 25 mai 2026, les résultats de l’opération. Cette saisie qui bat le record national a permis d’interpeller huit individus de nationalité nigérienne, membres d’un réseau de trafic transfrontalier. Elle s’inscrit également dans le cadre de la lutte contre le trafic international de stupéfiants et illustre le renforcement des capacités opérationnelles des services et de coordination entre les unités engagées.
À cette occasion, la Commissaire de Police Rachida Mayaki Boubacar a expliqué le processus d’investigation qui a permis de réaliser cette prouesse. Les informations font état d’un camion suspect en provenance du Ghana ayant transité par le Togo, le Bénin, le Nigeria avant d’entrer au Niger par Konni, Maradi et Zinder avec pour destination finale présumée en direction de la Libye par le biais de la bande sahélo-saharienne. « Un dispositif de surveillance et d’interception a été immédiatement déployé à l’entrée de Zinder. Le véhicule a été conduit dans les locaux appropriés aux fins de contrôle et de vérification approfondie », a-t-elle précisé. Elle a aussi dit qu’une enquête est en cours et que cette dernière a permis de révéler l’existence d’un réseau criminel structuré, opérant à l’échelle transnationale et s’appuyant sur plusieurs corridors de trafic en Afrique de l’Ouest.

Hormis cette saisie, la Commissaire de Police a indiqué que des perquisitions effectuées dans certains garages et domiciles liés aux mis-en-cause ont permis la découverte de plusieurs plaques d’immatriculation de différents pays, confirmant le caractère organisé, transfrontalier et hautement structuré de ce réseau criminel. Cependant, elle a notifié que les investigations ont mis en évidence que le chef dudit réseau est le même qui a introduit 51,7 kg de cocaïne saisis par les services de l’OCTRIS à Gaya, le 29 septembre 2025. Il s’agit, dit-elle, de M. Hamadou Samey Issa alias le malien visé par un mandat d’arrêt international qui est activement recherché. Il est susceptible de se trouver au Ghana, au Togo ou au Mali et le camion saisi dans ce dossier est enregistré en son nom.
Par ailleurs, elle a précisé que les investigations se poursuivent activement afin d’identifier l’ensemble des complices et ramifications de cette organisation criminelle avant de réaffirmer l’engagement de l’office pour continuer à combattre le trafic et lancer un appel à la population pour y mettre fin. « J’invite la population à renforcer sa collaboration avec les Forces de défense et de sécurité, notamment par le partage de tout renseignement utile dans un esprit de responsabilité collective face à ce fléau », a déclaré la Commissaire.
Pour sa part, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey, M. Ousmane Beydo, a indiqué que cette saisie opérée par l’antenne de l’Office Central de Répression de Trafic Illicite de Stupéfiants de Zinder met en lumière la détermination des malfrats qui continuent d’adopter et de mettre en place différentes stratégies afin de parvenir à leur fin. Par la suite, il a rappelé les procédures judiciaires qui seront envisagées et les conséquences pénales qui en découlent, avant de mettre l’accent sur les conséquences de ces substances pour la jeunesse et la sécurité nationale et la souveraineté de l’État. « Les investigations qui vont être menées auront comme premier objectif de démanteler le réseau car, dans le cadre de ce trafic, l’interpellation des intermédiaires n’est pas suffisante pour arrêter le trafic. Il faut toucher les propriétaires eux-mêmes et les premiers soutiens », a-t-il fait savoir.
Toutefois, le procureur de la République a réitéré l’engagement de toutes les parties prenantes avant de lancer un appel à la population et aux institutions concernées pour continuer cette lutte. « Continuez à relayer l’information et à déployer les efforts aux juridictions qui vont recevoir les dossiers et à mettre plus de professionnalisme dans le traitement de ce genre de criminalité qui en réalité est la base de toutes les autres criminalités », a-t-il ajouté. Enfin, il a salué le courage et la détermination des enquêteurs avant de prodiguer des conseils à ces derniers afin d’intercepter toute activité douteuse.
Massaouda A. Ibrahim (ONEP)
