Une vue du bâtiment du CSI
Dans le village de Dan Fountoua, commune rurale de Dogo, la population s’est fortement mobilisée pour apporter une réponse à un besoin crucial, celui des soins de santé de proximité. Face au besoin exprimé d’un CSI et, ce malgré leurs nombreuses tentatives infructueuses auprès des autorités, les habitants de Dan Fountoua convaincus de la nécessité d’un tel dispositif, ont cotisé pour construire à leurs frais un centre de santé intégré et une adduction d’eau potable avec l’accompagnement de la municipalité.
La raison première de ce choix responsable des habitants de Dan Fountoua est le coût trop élevé des évacuations sanitaires qui s’élèvent à vingt-deux mille francs CFA par individu. Une somme jugée exorbitante en milieu rural au vu des maigres revenus des ménages. Ainsi, a raconté le chef de village, M. Abdoul Karim Maman, pour les évacuations vers la ville de Zinder, le village est obligé de faire appel à l’ambulance du chef-lieu de la commune qui se trouve à environ 40 km, sans route latéritique, ce qui posait préjudice aux malades, impactant gravement leurs chances de survie. « Nous avons construit ce centre parce que, dans tous les villages environnants, il n’y avait pas de centre de santé. Il fallait qu’on aille à Bandé ou Dogo ou à Korama. Nous avons fait des papiers et des demandes jusqu’à nous fatiguer, hélas, ça n’avait pas abouti », a-t-il fait savoir.
Mais, avec l’arrivée de plusieurs projets sociaux dans la localité, et grâce aux différentes activités génératrices de revenus développées par les habitants, ces derniers ont pu se mobiliser après concertation avec les autorités municipales de la commune rurale de Dogo. Ainsi, ils avaient cotisé à hauteur de deux mille (2 000) à cinq mille (5 000) francs CFA en fonction de ce que chacun pouvait donner. « Puis, nous étions partis voir le maire pour l’informer de notre intention. Il nous avait dit d’aller faire les briques. Nous avons acheté du ciment et payé des gens pour nous les produire. Nous étions retournés pour l’informer et aussitôt il a dépêché un ingénieur pour constater. Les habitants ont posé les bases de la construction jusqu’à sa hauteur maximale et la municipalité a pris en charge les travaux de finition et les frais de la maçonnerie », a-t-il expliqué.
D’après Mme Arma Rayana Laouali Bako, chef CSI Dan Fountoua, les défis majeurs de son centre sont l’absence d’une salle d’accouchement, d’une salle froide, l’insuffisance des salles d’hospitalisation, d’une clôture, le problème d’ambulance pour l’évacuation des malades et l’absence d’un logement pour le chef du CSI.
Nutrition transversale
Pour accompagner le centre de santé sur la prise en charge de la malnutrition aiguë modérée, le PAM, à travers l’ONG Karkara, organise des séances de sensibilisation sur les pratiques familiales essentielles pour le traitement de la malnutrition aiguë modérée, en collaboration avec les services de santé et les relais communautaires. Ces derniers effectuent régulièrement le dépistage des enfants et les réfèrent vers les centres de santé intégrés (CSI) pour leur prise en charge. Des séances de sensibilisation et de démonstration culinaire sont également organisées au sein du Foyer d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle (FARN) afin de prévenir la malnutrition. Ces séances sont animées par les ‘’Mamans lumières’’, avec l’appui des relais communautaires qui ont été formés et disposent de supports de sensibilisation adaptés. Les démonstrations culinaires sont réalisées à partir de produits agricoles disponibles localement.
Les mères des enfants et les femmes en âge de procréer ont été formées sur le dépistage de la malnutrition aigüe des enfants. Elles procèdent elles-mêmes à la surveillance de l’état nutritionnel de leurs enfants avec l’appui et l’accompagnement des relais communautaires. Les cas confirmés par les relais communautaires sont référés vers les centres de récupération nutritionnelle.
Par ailleurs, le PAM met à la disposition des centres de récupération nutritionnelle des produits nutritionnels spécialisés comme les supplementary plumpy et des aliments à haute valeur nutritive pour le traitement de la malnutrition aigüe modérée chez les enfants de six à vint trois (6 à 23) mois et les femmes enceintes.
Enfin, pour prévenir la malnutrition, le PAM dispose d’un plan national de trois mille
(3 000) relais communautaire qui travaillent dans les villages afin de sensibiliser les mères. Ces efforts on permis de réduire de 5,26% le taux de prévalence de la malnutrition.
Hamissou Yahaya (ONEP)
