Moustapha Alou
« En effet, les menaces existentielles auxquelles faisait face le Niger ne laissaient guère le choix à tout patriote soucieux d’éviter à son pays de sombrer vers les obscurs rivages du terrorisme et cela, nonobstant le placement du pays sous tutelle des bases militaires étrangères. Le pillage des ressources, les passe-droits et le bâillonnement des libertés fondamentales constituaient l’autre brevet du régime déchu, malgré la facette démocratique affichée et vantée par l’ancienne puissance coloniale pour récompenser la vassalisation du régime ».
En cette soirée de juillet 2023, l’homme qui était apparu sur nos petits écrans et tenait ces propos, l’esprit préoccupé par le péril qui guettait la nation, le visage profondément marqué par les affres que subissaient ses compatriotes, l’esprit meurtri par la situation politique, socio-économique et sécuritaire qui prévalait dans son pays, n’est autre que le Général d’Armée Abdourahamane Tiani.
On était le 28 juillet 2023, deux jours après que les Forces de Défense et de Sécurité (FDS), émanation de la Nation, réunies au sein du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le 26 juillet 2023 plus précisément, apercevant depuis leurs casernes la galère dans laquelle une nomenklatura politique pourrie est en train d’embarquer le peuple, ont mis fin à la descente dans les abîmes de la Nation et donné un coup d’arrêt matinal au processus de confiscation de la souveraineté nationale, de violation de la dignité des filles et fils de la Nation, de mainmise extérieure dans les affaires internes du pays, de main basse sur nos ressources naturelles, de sous-traitance de la défense et la sécurité nationales, engagé par un régime sclérosé et un système politique embourbé dans ses propres contradictions conduisant du coup le pays dans un pétrin. Voici donc trois ans que le destin et des circonstances douloureuses ont conduit le Général d’Armée Abdourahamane Tiani à prendre ses responsabilités pour assumer la plus haute charge nationale.
Voici trois ans que les FDS unies, solidaires et déterminées prirent la ferme décision, s’assignèrent l’historique devoir et la patriotique mission de mettre fin au moribond régime, de balayer l’amorphe système qui n’arrivait plus à répondre aux attentes légitimes des populations et surtout à faire face avec pragmatisme et réalisme aux graves préoccupations du moment.
Voici trois ans que le Général d’Armée Abdourahamane Tiani s’attèle à la réhabilitation de la dignité des Nigériennes et Nigériens longtemps bafouée, piétinée, par des tenants politiques, auxiliaires patentés de l’ordre néocolonial, grands commis de l’impérialisme.
Voici trois ans que les Nigériennes et Nigériens sont engagés, dans un même élan et un même mouvement, à la construction d’un Niger nouveau, non sans unité, solidarité, fraternité, discipline et don de soi.
Voici en effet trois années décisives et fructueuses qui ont permis au peuple nigérien de s’inscrire dans une trajectoire et d’emprunter une nouvelle voie de développement porteuse d’espoir.
Voici trois années que le peuple nigérien s’est débarrassé des forces étrangères qui entravaient la montée en puissance des FDS pour accomplir efficacement leurs missions. Voici trois années que le peuple nigérien affirme sa souveraineté sur ses ressources naturelles longtemps spoliées par des puissances étrangères et leurs valets locaux, coupables d’une forfaiture nationale.
Voici trois années que sans l’avilissante assistance extérieure, le Niger tient debout, poursuit inexorablement sa marche vers le progrès avec l’appui et le soutien de l’Etat qui, malgré les difficultés, les obstacles et les écueils délibérément placés sur sa voie par les ennemis internes et externes a, en toute responsabilité, pris des mesures sociales salvatrices au profit de toutes les couches sociales du pays.
Voici trois années que pour la première fois dans l’histoire du Niger, les décisions qui engagent la nation et qui intéressent les populations sont prises au Niger, par des Nigériens et nulle part ailleurs.
Voici trois années que les FDS font face avec courage, bravoure, patriotisme et professionnalisme, jusqu’au sacrifice ultime, à des hordes d’impies manipulées par l’ordre néocolonial qui marche à rebours du nouvel ordre imposé par les peuples souverains.
Depuis trois ans, la souveraineté, la dignité et la résilience sont devenues les marques de fabrique du Niger nouveau, le label des filles et fils de la Nation qui ont repris confiance en eux, en leur destin et se sont résolument mis à la production.
Depuis le 26 juillet 2023, grâce à leur énergie féconde et loin des idées facondes, les Nigériennes et Nigériens bâtissent pièce par pièce le Niger nouveau.
Cependant, trois ans après, la bataille n’est pas encore gagnée car, l’animosité contre notre pays qui a décidé de vivre bien et mieux reste vive. Non, la bataille n’est pas encore gagnée car, l’adversité tous azimuts reste tenace, les actions de sape persistent, les valets de l’impérialisme et du néocolonialisme du dedans pullulent ici et là, les ennemis du dehors foisonnent par ci par là, leurs complices de tous horizons agissent en tout temps et réagissent en tout lieu contre les intérêts de la Nation.
Non, la bataille n’est pas encore gagnée car les mercenaires, harkis des temps modernes, essaimés un peu partout dans notre vaste pays accomplissent leur immonde besogne partout et toujours.
Non, la bataille n’est pas encore gagnée car l’impérialisme et le néocolonialisme remorqués par la France n’en démordent pas et tiennent coûte que coûte à déstabiliser notre pays.
Non, la bataille n’est pas encore gagnée, justement parce que dans l’administration publique, le parapublic, le privé, dans toutes les couches sociales, il existe encore des damnés qui vendent leurs âmes au diable la nuit, des compatriotes prompts à la critique de jour comme de nuit, réfractaires au changement de comportement.
Non, la bataille n’est pas encore gagnée car, des attitudes incompatibles avec la Refondation sont constatées à tous les niveaux. La bataille n’est point gagnée ! C’est pourquoi, ensemble et dans un sursaut patriotique, nous devons œuvrer et demeurer à pied d’œuvre pour l’édification d’un Niger libre et prospère. La bataille sera gagnée, puisque nous sommes, restons et resterons toujours en ordre de bataille.
Moustapha Alou (ONEP)
