Visite du Chef de l’Etat pour suivre l’avancement des travaux ...
L’accès aux denrées alimentaires de base était encore un défi majeur à l’avènement du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP) au point où les ennemis de la souveraineté du Niger y ont fait obstacle pour compromettre le processus. C’est donc à juste titre que le Président de la République, Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani a fait de l’agriculture un des secteurs prioritaires de la Refondation, avec pour objectif de produire suffisamment pour nourrir les Nigériens.
Cette volonté du Président de la République s’est traduite en acte à travers le Programme Grande Irrigation (PGI) financé sur fonds propres de l’Etat et touchant toutes les régions du pays. En moins de trois (3) ans d’exécution, des investissements structuraux ont été consentis et les résultats se font déjà sentir jusque dans les assiettes des Nigériens.
Lancé officiellement le 20 mars 2024, le PGI a permis d’enregistrer des avancées majeures dans plusieurs régions du pays à travers des travaux de réalisation, de modernisation et de réhabilitation des aménagements hydro-agricoles. Ainsi, plus de 18 500 hectares de périmètres ont été réhabilités. Il a également permis la réalisation de nouveaux aménagements à usages multiples intégrant les cultures irriguées et la pisciculture dans les huit régions du pays. Les statistiques du ministère en charge de l’Hydraulique font état de la mobilisation d’environ 444 millions de m3 d’eau.

Ce programme a impacté positivement environ 3,7 millions de ménages nigériens à travers des prix accessibles pour soutenir davantage les producteurs nationaux et les couches sociales vulnérables.
Une meilleure gouvernance du secteur
Pour la mise en œuvre de cet ambitieux programme, le ministère en charge de l’Agriculture a été entièrement responsabilisé à travers ses structures spécialisées tels que l’Office National des Aménagements Hydroagricoles (ONAHA) et le Génie Rural notamment. L’on note également une coordination avec d’autres structures publiques comme l’entreprise nationale Le Riz du Niger relevant du ministre du Commerce et le Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP).
Ainsi, pour l’exécution des travaux de réhabilitation et ou réalisation de nouveaux périmètres irrigués, l’Etat a signé un contrat pluriannuel avec l’ONAHA. Le FSSP a apporté des ressources pour certains travaux, notamment la réhabilitation du périmètre CDA –Diffa.
Cette coordination a permis d’éviter la dispersion des efforts et surtout la création de structures budgétivores inutiles.
Valorisation du travail paysan et intervention à fort impact social
L’Etat ne s’est pas limité à réaliser les gros investissements. Le PGI s’est aussi investi à accompagner les producteurs dans la valorisation de leur travail. En effet, le riz paddy produit est acheté par le RINI avant de le conditionner et le mettre sur le marché à des prix étudiés au profit des consommateurs.
C’est ainsi que deux opérations de vente promotionnelle du riz local ont été organisées en 2026. La première dénommée ‘’Spécial Ramadan’’ s’est étalée du 28 Janvier au 6 février 2026 au Palais du 29 Juillet de Niamey. Initiée par l’ONAHA en partenariat avec le FSSP, cette opération a permis de mettre sur le marché et d’écouler 3 000 tonnes, soit 120 000 sacs de 25 Kg de riz local à un prix étudié́. D’après les responsables de l’ONAHA, un chiffre d’affaires de près de 35 millions de FCFA est réalisé par jour durant cette opération.
Quant à la seconde opération dénommée ‘’Spécial Tabaski’’, elle s’est déroulée du 20 au 28 mai 2026 à l’Académie des Arts Martiaux de Niamey. Elle a permis de mettre sur le marché 387,5 tonnes, soit 15 500 sacs de 25 kg de riz local. Pour cette opération, c’est une gamme variée de riz local qui est mise à la disposition des consommateurs. Il s’agit principalement de 4 catégories, dont le L1 pour Long Grain, L2 Moyen Grain, L3 pour le riz Brisure et L4 pour la Fine Brisure. Les prix de vente ont varié entre 8 000 F à 10 500 FCFA, des prix en dessous de ceux pratiqués sur les différents marchés du pays.

Il faut noter que cette opération s’est étendue aux régions de Dosso, Zinder, Agadez et Maradi où les ménages ont bénéficié de cet accompagnement de l’État dans une période de forte consommation et de flambée des prix des denrées.
Outre le soutien aux consommateurs, ces opérations traduisent surtout la volonté constante des autorités de la Refondation d’améliorer durablement les conditions de vie des populations et valoriser le travail des producteurs locaux.
Un changement de mentalité
Les deux années de mise en œuvre du PGI ont suscité un changement véritable de mentalité aussi bien au niveau de l’Etat que des citoyens. En effet, le choix de financer le PGI sur fonds propres de l’Etat a permis au pays de garder une certaine maîtrise du programme indépendamment des contingences qu’on a connues par le passé, où des bailleurs font des annonces pompeuses qui se sont avérées par la suite être du vent. Ce choix rompt aussi avec une sorte de mendicité d’Etat. Pour les populations, les réussites du PGI ont suscité des vocations et encouragé beaucoup de citoyens à s’investir dans la diversification de la production agricole. Un état d’esprit qui a permis de démystifier la riziculture qui se pratique désormais même dans les zones les plus improbables du pays. Aussi, avec l’encouragement à la production, les populations abandonnent de plus en plus l’état d’esprit ‘’d’éternelles assistées’’ entretenu par le mécanisme d’aide internationale. Un système qui entache la dignité des populations et l’image du pays et qui, malheureusement, profite plus à certains acteurs plutôt qu’aux populations.
Avec PGI, les populations retrouvent le goût de l’effort et du travail de la terre. Une situation qui a eu pour impacts l’amélioration nette de la production nationale, l’approvisionnement régulier des marchés et la disponibilité des denrées alimentaires malgré les conditions difficiles d’approvisionnement du pays dues à la fermeture du corridor Bénin-Niger.
Siradji Sanda (ONEP)
