Depuis plusieurs décennies, les Nigériens suivent sur les antennes de la ‘’Voix du Sahel’’ (radio publique), la page des hauteurs de pluies tombées à travers le pays. Une plage radiophonique que d’aucuns considèrent comme un fait banal. Pourtant, au delà de son aspect qui permet de suivre l’évolution de la campagne agricole à travers les hauteurs de pluies tombées dans les différentes localités du pays, cette plage imposée par feu le Président Général Seini Kountché se révèle être une véritable émission de découverte.
En effet, dans les années 70, un contexte où il n’existait pas encore de Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, où le GPS était encore mal connu ou peu accessible au grand nombre, les livres ou les voyages étaient encore les principaux moyens de découverte du pays. Toute chose qui n’est pas aussi à la portée de tout le monde.
Dès lors, la diffusion des relevés pluviométriques par la radio s’est imposée comme une autre alternative et une voie pour faire découvrir aux Nigériens leur grand pays. En effet, c’est à travers cette plage de la Voix du Sahel que des générations de Nigériens découvrent les nombreuses localités de leur pays. C’est grâce à cette émission que le petit écolier de N’Gourti apprend qu’il existe un village qui s’appelle Kargui Bangou ; qu’un jeune de Kokorou connaît Sayam; qu’un habitant de Belandé connaît l’existence d’un hameau qui s’appelle Ekrafane, qu’un jeune de Bengou connaît Fako ou Tsourout ; qu’un habitant d’Ayorou apprend l’existence de Tsatsoumbroum, etc.
Bref, cette plage radiophonique de la Voix du Sahel a permis à de nombreux Nigériens de prendre conscience de l’immensité de leur pays, de la diversité des conditions climatiques et environnementales ainsi que les défis auxquels les populations des différentes localités font face.
A cela, il faut ajouter la fierté d’entendre le nom de son village diffusé sur les antennes de la radio nationale. Un privilège que de nombreux villageois ne ratent pour rien au monde.
Fort heureusement, cette plage radiophonique continue encore d’être animée avec le même entrain par nos confrères de la Voix du Sahel, cela, de génération en génération. La longévité de cette plage radiophonique traduit non seulement la vision pertinente du régime qui l’a initiée en termes d’information des citoyens mais aussi et surtout la preuve que les initiatives utiles aux communautés et à la Nation toute entière résistent au temps et transcendent les tumultes politiques et autres considérations partisanes pour se perpétuer comme étant un patrimoine et un héritage collectif à préserver. C’est le lieu ici de rendre un hommage aux agents et services de l’Agriculture qui centralisent ces relevés et à nos confrères de la Voix du Sahel qui perpétuent sans discontinuer cette information plus qu’utile pour les producteurs.
Siradji Sanda (ONEP)
