MM. Abdoul Wahab Soumana et ...
Dans certains quartiers de Niamey, dès les premières heures de la journée, la circulation routière devient dense et dangereuse à cause de l’imprudence, du comportement des usagers (automobilistes, motocyclistes, et piétons). Une situation qui conduit souvent à des accidents de circulation. Ainsi, pour assurer une libre circulation avec moins de risques, Abdoul Wahab Soumana s’est engagé dans une mission qui n’est tout de même pas sans danger.
Il est vendredi aux environs de 13 h, sous un soleil un peu clément. Autochtone de Goudel, portant un gilet couleur orange, Abdoul Wahab Soumana tient fermement son panneau de stop en main et son sifflet à la bouche, donnant des instructions avec ses mains pour fluidifier la circulation sur la double voie qui traverse le quartier. Abdoul Wahab Soumana confie qu’il a commencé ce travail depuis 2015. « J’ai intégré ce travail après avoir été radié de l’armée en 2014. Et, comme je n’avais aucun travail à faire, je me suis dit qu’avec la densité de la circulation sur la double voie de Goudel, je dois être utile à notre quartier, en particulier pour les enfants et les vieillards, en les aidant à traverser le goudron », a-t-il expliqué, avant de préciser qu’avant sa présence, il y avait fréquemment des accidents sur cette voie.

Par ailleurs, ce volontaire indique que, vu la noblesse de ce travail, plusieurs personnes s’y sont intéressées, d’où leur intégration. « Nous sommes au nombre de quatre actuellement. Pour travailler en harmonie, nous nous sommes divisés en deux groupes. Le premier groupe travaille dans la matinée et le deuxième dans la soirée », a-t-il dit.
Pour ce chef de famille, travailler sans salaire n’est pas chose facile, mais un choix personnel. Pour lui, l’essentiel, c’est d’avoir la conviction d’aller de l’avant. « Je fais ce travail par amour pour mon peuple, mais si une bonne volonté décide de me donner un pourboire, je le prendrai avec plaisir. Nous avons aussi des vieillards qui, chaque fois que nous les aidons à traverser, nous souhaitent du succès dans notre vie. Cela est une fierté pour nous », a-t-il déclaré en souriant.
Cependant, Wahab déplore le mauvais comportement de certains passagers qui lancent des mots déplacés à leur égard. « Tout ce que nous demandons aux autorités actuelles, c’est de nous aider à faire connaître notre travail en nous dotant de matériel adéquat. On est juste là pour aider nos proches, on ne joue pas le rôle de la police. Nous supplions aussi les passagers de suivre nos conseils afin de permettre à tout le monde de vaquer librement à ses occupations », a-t-il conclu.

Conscient de leur bonne collaboration, Bassirou Djibo explique qu’il a intégré ce travail grâce à la motivation de son ami Wahab. Pour lui, c’est un exemple à suivre. «Ce travail est une passion pour mon ami. C’est quelqu’un qui a un esprit de partage dans tout ce qu’il fait. C’est lui l’initiateur de ce travail, mais aujourd’hui, il a fait intégrer beaucoup de gens », a-t-il précisé.
Salima H. Mounkaila (ONEP)
