Harouna Hima Adamou, chargé de Communication au Laboratoire d’Etudes et de Recherches sur les Dynamiques Sociales et le Développement Local (LASDEL)

« Tout d’abord, j’aimerais profiter de cette occasion pour souhaiter une bonne fête de la Journée nationale de la femme à toutes les femmes nigériennes. Le 13 mai est une fête dédiée à toutes les femmes nigériennes, sans exception. Des femmes du monde rural à celles vivant dans les centres urbains, en passant par toutes les femmes de notre pays le Niger. Qu’Allah fasse en sorte que les plus hautes autorités, qui ont placé la femme au centre de leurs actions, continuent à les valoriser, les soutenir et leur permettre d’exprimer pleinement leur potentiel. Parce que sans la femme, je ne pense pas que ce monde puisse bien fonctionner. Vous êtes, en tout cas, le sel et le sucre de nos vies, comme j’ai l’habitude de le dire.
La Journée de la femme est une journée qui a été arrachée de haute lutte. Ce n’est pas une journée qu’on a offerte aux femmes, ce n’est ni un don ni un cadeau reçu sur un plateau d’argent. C’est après des luttes pour leurs droits légitimes que les femmes ont pu obtenir cette journée dédiée à la femme nigérienne.
Les femmes qui ont mené ces combats, les pionnières, beaucoup sont encore là aujourd’hui. Je pense qu’elles méritent tout le respect et tout notre encouragement. Nous, les hommes, leurs maris, leurs frères, leurs fils avons le devoir de les soutenir. Nous leur souhaitons longue vie et que Dieu les aide dans ce combat qu’elles ont porté et qui fait qu’aujourd’hui, des femmes comme vous, exercent le métier de journaliste.
Je pense que les femmes ont toujours eu leur place au sein de la société nigérienne, surtout dans les moments les plus délicats et les plus difficiles. Depuis le 26 juillet 2023, le Niger vit une nouvelle ère, celle de la refondation. Les plus hautes autorités de notre pays, avec à leur tête le CNSP et le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République, ont toujours mis la femme au cœur de leurs actions.
La femme ne doit pas être considérée seulement comme une personne qu’on mobilise lorsqu’il faut soutenir un régime ou rassembler des foules. Les femmes ont démontré leur engagement. Je me rappelle qu’au moment des sanctions inhumaines et injustes imposées au Niger après les événements du 26 juillet, les femmes étaient en première ligne pour défendre la patrie.
Je garde en mémoire une femme à qui un journaliste avait tendu le micro et qui disait que pour déloger le CNSP et Son Excellence le Président Tiani, il faudrait d’abord leur passer sur le corps. Les femmes étaient le bouclier de ce régime. Elles étaient debout, contre vents et marées, prêtes au sacrifice ultime pour défendre la patrie.
Quand vous alliez à l’Escadrille, au rond-point de la Francophonie ou dans plusieurs autres carrefours de la capitale, vous voyez des femmes mobilisées, scandant des slogans pour défendre la patrie. Elles disaient clairement que pour déloger les dirigeants actuels, il faudrait d’abord les éliminer. Elles ont pris des risques pour défendre leur pays. Aujourd’hui, la mobilisation générale prônée par les plus hautes autorités pour faire face à la guerre imposée à notre pays par les groupes terroristes concerne tout le monde. Cette mobilisation générale a besoin de chaque citoyen, et les femmes doivent être en première ligne. Aujourd’hui, elles sont capables de mobiliser leurs maris, leurs enfants, leurs familles et toute la communauté. Les femmes ont toujours été au centre des grandes questions d’intérêt national.
Je pense donc qu’aujourd’hui plus que jamais, la mobilisation générale a besoin des femmes, des jeunes, des hommes valides ainsi que des Forces de Défense et de Sécurité, afin que nous puissions ensemble lutter contre l’impérialisme, le néocolonialisme, le terrorisme et cette guerre injuste imposée à notre pays et aux États de l’AES. Quoi qu’on dise, notre armée est montée en puissance et nous saluons les efforts consentis par les plus hautes autorités pour juguler cette crise. »
Hassane Ganda, rapporteur du bureau du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR)

« La femme, c’est elle qui entretient la vie que Dieu nous donne. Au Niger, les Blancs nous ont raconté n’importe quoi. Ils ont mis beaucoup de choses dans la tête de nos sœurs. Les Blancs sont arrivés à dire que la femme africaine, nigérienne en particulier, est marginalisée ; que la femme a trop de corvées à faire ; que la femme n’est pas consultée ; que la femme est martyrisée. On a dit tout ce qu’il y a de mal sur la femme. Mais ça, ce sont les Blancs qui ont mis cela dans la tête des gens. C’est dans leur action de division. Sinon, qui a martyrisé la femme au Niger ? Qui peut martyriser sa mère ? Qui peut martyriser sa femme ? D’ailleurs, dans nos traditions, aucun roi, aucun chef traditionnel, ne va à une réunion pour des affaires délicates sans parler et échanger avec sa femme. C’est une consultation, et son avis compte. Je voudrais vraiment, à l’attention de mes mères, de mes sœurs et de mes épouses, dire que cette journée doit être une journée d’innovation. Cette journée devrait être l’occasion pour les femmes de se ressouder, de se retrouver pour recréer l’harmonie et renforcer la cohésion sociale dans notre pays face à toutes les influences néfastes de ces Blancs. La mobilisation est un impératif pour ce pays, quand on sait qu’on a des ennemis en face qui, à tout moment, peuvent nous déclarer la guerre. Ils nous l’ont même déjà déclarée, ils nous ont même apporté la guerre. Donc vraiment, c’est une bonne journée de cohésion pour créer davantage de cohésion et renforcer la mobilisation générale.
Le Niger nouveau est né le 26 juillet 2023, date à laquelle nous avons véritablement repris possession de notre pays. C’est également ce jour-là que la parole nous a été rendue. Nous ne pouvons donc que prier Dieu afin qu’Il accorde une longue vie au président Abdourahamane Tiani et aux membres du CNSP, car ils ont, selon nous, sacrifié leur sécurité pour arracher ce pays que nous estimions ne plus posséder depuis longtemps.
Depuis 1885, avec l’intrusion coloniale française sur nos terres, beaucoup considèrent que nous n’avions plus réellement de souveraineté. Même l’indépendance proclamée en 1960 était perçue par certains comme une simple continuité du système colonial sous une autre apparence. Comme l’expliquait Frantz Fanon dans son ouvrage intitulé ‘’Peau noire, masques blancs’’, il s’agissait parfois de remplacer une domination visible par une autre plus subtile. Ainsi, célébrer une date symbolique reste un moment fort pour se retrouver, renforcer la cohésion sociale, raviver l’amour et l’harmonie au sein de la communauté. À ce titre, la Journée de la femme reste et demeure une date importante et pleine de sens. Et c’est pour cela que ce même Blanc est arrivé à dire que nous devrions créer au Niger l’égalité entre l’homme et la femme. Et on entend certaines de nos sœurs, malheureusement, crier : “Égalité entre homme et femme.” Mais ça, c’est vraiment une manière d’insulter la femme. La femme est meilleure que ça ; on devrait parler de complémentarité. Le Saint Coran lui-même parle de complémentarité entre l’homme et la femme. L’unité n’est possible qu’avec l’apport des deux. Je voudrais vraiment, à l’attention de nos mères, de nos sœurs et de nos épouses, dire que, pour cette journée, il faut innover. Cette journée devrait être l’occasion pour nos sœurs de renforcer leurs liens, recréer l’harmonie et renforcer la cohésion sociale dans notre pays. »
Hamadou Bagna Ibrahim, Sociologue Consultant Indépendant

« La célébration de la journée nationale de la femme est un événement de taille que les femmes se doivent de préserver et de consolider. Elle permet à cette frange importante de la société de se sentir valorisée et d’apporter sa pierre à l’édification de la nation. C’est à travers cette journée qu’elles arrivent à s’exprimer et à dresser le bilan des avancées réalisées notamment sur les plans politique, socio-économique et culturel. Cette journée constitue aussi un tremplin pour son émancipation et son affirmation à travers le lobbying qu’elle mène auprès des autorités politiques et des instances internationales. Elle a donc su se faire une place et conforter son rôle central en tant qu’actrice de changements. Je pense pouvoir affirmer que la situation de la femme nigérienne est encore peu reluisante au regard de l’énorme sacrifice qu’elle consent. C’est elle qui est à la fois au four et au moulin comme dirait l’autre. Ses multiples occupations (tâches ménagères, activités professionnelles, responsabilités familiales) ne l’ont jamais empêchée de se déployer lorsqu’il s’agit de la défense de la patrie. En effet, les femmes se sont toujours retrouvées avec une très forte présence dans les mouvements associatifs (structures syndicales, groupements ou société de coopérative, etc.) mais faiblement représentées dans les instances de prise de décisions. Elles sont même visiblement plus actives dans l’organisation des assemblées publiques d’envergure et arrivent à relever les défis liés à la réussite des grandes mobilisations. La mobilisation générale liée à la défense de la patrie reste un exemple concret. Certes, certaines d’entre elles arrivent à occuper des responsabilités dans les plus hautes sphères de la vie politique du pays mais beaucoup reste à faire sur le plan de l’équité, de l’égalité et de l’inclusion sociale. La femme doit être au premier plan des préoccupations nationales au regard de sa place centrale dans la société nigérienne. Cette ère de la refondation doit être considérée comme une phase décisive pour réparer toutes les injustices dont les femmes ont été victimes. «Agir en faveur de la femme, c’est agir par extension en faveur de toute la société dont elle est le socle» ».
Par Aissa Abdoulaye Alfary (ONEP)
