Dans une cour d’école
Au Niger, selon l’UNESCO, le taux d’achèvement de l’enseignement primaire en 2021 était de 54 % pour les filles et de 61 % pour les garçons. Le système éducatif fait face à plusieurs défis majeurs, notamment la faible scolarisation des enfants et l’insuffisance du nombre d’enseignants pour répondre à la demande croissante. Pour faire face à ces difficultés, plusieurs initiatives ont vu le jour, visant à renforcer les capacités éducatives à travers la formation des jeunes diplômés et la promotion du leadership. C’est le cas des structures comme Teach for Niger ou encore Jeunesse Action et Leadership (JAL), qui œuvrent pour former des enseignants, responsabiliser les jeunes et encourager l’engagement des femmes dans le domaine éducatif.
Dans le cadre des initiatives visant à renforcer le système éducatif, ces deux organisations non gouvernementales, Teach for Niger et Jeunesse Action et Leadership (JAL), se distinguent par leurs actions. Elles œuvrent pour améliorer l’accès à une éducation de qualité à travers des activités ciblées.
Teach for Niger recrute de jeunes diplômés qu’elle forme afin de les déployer dans les zones rurales où le manque d’enseignants est criant. Mme Falira Paul, associée au recrutement, explique que l’organisation fait partie du réseau international Teach for All, qui regroupe 63 pays. Chaque pays adapte le programme en fonction de son système éducatif. « Notre mission est de fournir une éducation de qualité à chaque enfant à travers un leadership collectif et des méthodes pédagogiques adaptées », précise-t-elle. Après une formation intensive de six semaines, les jeunes sont envoyés dans les zones identifiées en collaboration avec le ministère de l’Éducation, qui décide des localités bénéficiaires. « Pour la cohorte 2024-2025, nous avons choisi la région de Zinder, confrontée à un manque critique d’enseignants, où parfois le directeur enseigne à lui seul plusieurs classes », ajoute-t-elle. Cette année, l’objectif est de former jusqu’à 100 enseignants avec l’appui de partenaires comme ADES et EDUCA. Teach for Niger mène également des campagnes de sensibilisation afin d’encourager les jeunes diplômés à rejoindre l’enseignement et à prendre conscience de l’importance de ce secteur. Cependant, Mme Falira Paul déplore la faible valorisation du métier d’enseignant, souvent perçu comme ingrat, ce qui rend difficile l’adhésion des jeunes au programme.
Jeunesse Action et Leadership (JAL), la deuxième organisation, se spécialise dans la formation des femmes et des jeunes en leadership. Selon son directeur exécutif, M. Ali Therno, l’ONG existe depuis trois ans. « Nous sommes actifs dans des domaines comme l’autonomisation, la sensibilisation et le renforcement des capacités. Nous offrons aux jeunes des formations destinées à développer leur leadership et leurs compétences, dans le but de créer des opportunités économiques durables et de renforcer la culture citoyenne », précise-t-il. Depuis sa création, JAL a mené plusieurs actions, notamment des assises sur les dynamiques entrepreneuriales et les perspectives transversales. M. Therno insiste sur le fait que l’un des objectifs majeurs de l’organisation est de renforcer l’employabilité des jeunes, à travers des programmes de formation ciblés, axés sur le développement durable, l’entrepreneuriat et le leadership féminin. Il ajoute que JAL partage une vision commune avec d’autres structures locales engagées dans le même combat. Pour l’avenir, l’ONG ambitionne de créer 10.800 emplois au Niger, tout en relevant le défi majeur de l’implication réelle de la jeunesse dans les initiatives de développement.
Sébio Miriam (Stagiaire)
