Atelier de sensibilisation sur la contribution de la finance islamique à l’inclusion financière au Niger : Permettre de mobiliser davantage de financements au profit de nos populations défavorisées

Société
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Le secrétaire général adjoint du Ministère des Finances, Dr Boukari Mamane a présidé hier matin à Niamey l’ouverture des travaux de l’atelier de sensibilisation sur la contribution de la finance islamique à l’inclusion financière au Niger. Cette rencontre consacrée à la sensibilisation des PSF (Prestataires des Services Financiers) pour qu’ils ouvrent une « fenêtre islamique » pour certains et de créer des institutions « full islamique » notamment dans le secteur de la micro finance. Ce faisant, ils bénéficieraient des opportunités offertes dans ce domaine au plan international notamment, ce qui permettrait de mobiliser davantage de financements au profit de nos populations défavorisées en milieu rural notamment.

Au cours de ces échanges, les participants ont discuté sur, entre autres thématiques, les obstacles à l’inclusion financière au Niger, les défis et opportunités, introduction générale à la finance islamique, cadre légal et règlementaire de la finance islamique, finance islamique et entreprenariat des jeunes, finance islamique et lutte contre la pauvreté et finance sociale et capacitation économique des populations vulnérables.

A l’ouverture des travaux, le secrétaire général adjoint du Ministère des Finances, Dr Boukari Mamane a reconnu que c’est fort conscient du rôle contributeur de la finance islamique à l’inclusion financière et comme un des leviers de développement économique et social que le Niger s’est résolument engagé dans des réformes d’envergure, qui concourent à la création d’un écosystème favorable à la finance islamique. A cet effet, il a cité la réglementation nationale, qui a beaucoup évolué en parallèle à celle au plan communautaire, notamment l’Ordonnance n°2017-05 du 10 août 2017 relative au Crédit-bail, en son article 2, prenant en compte la

« Ijara» comme instrument de financement des PME, l’adoption par l’Assemblée Nationale le 30 mars 2018 d’une loi complétant et modifiant la loi n° 2010-04 du 21 janvier 2010, portant règlementation des Systèmes Financiers Décentralisés (SFD), qui offre à ces derniers la possibilité de réaliser des opérations conformes aux principes de la finance islamique et l’ordonnance n°2019-20 du 20 septembre 2019, fixant les règles relatives au Waqf au Niger, ratifiée par la loi n٠2019-49 du 30 octobre 2019.

Selon Dr Boukari Mamane, des progrès en matière de finance islamique dans le monde sont à noter, aussi bien pour les pays développés que pour les pays émergents et en développement. En effet,

« selon le rapport 2020 de la Société Islamique pour le Développement du Secteur Privé-SID (Islamic Corporation of the Development of the Private Sector- ICD) du Groupe de la Banque Islamique de Développement, on dénombre 1 526 institutions financières islamiques réparties dans plus de 131 pays dans le monde, dont l’essentiel est composé des banques (526) et des compagnies d’assurances islamiques appelées opérateurs Takaful, au nombre de 336 », a-t-il cité.

Par ailleurs, le secrétaire général adjoint du Ministère des Finances a fait remarquer que la finance islamique s’impose de plus en plus dans l’économie mondiale et devient l’un des secteurs les plus dynamiques et les plus stables.

Pour le secrétaire général adjoint du Ministère des Finances, la Finance islamique contribue à l’inclusion financière des personnes exclues du système financier classique, en leur permettant l’épargne et le bénéfice du financement institutionnel. «Elle est considérée comme un moyen de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement, à travers le financement des activités génératrices de revenus pour les ménages démunis et la mise à disposition d’un capital à fructifier moyennant le partage des fruits d’exploitation », a-t-il ajouté.

Dr Boukari Mamane a remarqué qu’en dépit des efforts engagés pour la promotion de la finance islamique au Niger, des défis demeurent, qu’il faille relever si nous voulons profiter des financements alternatifs qu’elle offre et améliorer par ce fait l’inclusion financière de nos populations. Au nombre de ces défis, « il y a ceux Institutionnel et Juridique, de financement, de vulgarisation et de connaissances de la finance islamique, sécuritaire aussi en vue de son expansion », a-t-il relevé.

Le secrétaire général adjoint du Ministère des Finances a dit que la mise en œuvre de toutes ces solutions devrait se faire dans le cadre concerté de la stratégie nationale de finance inclusive, adoptée par le Gouvernement en 2018. Celle-ci requiert, pour sa réussite, l’implication de toutes les parties prenantes, notamment les Prestataires des Services Financiers, appelés à proposer aux bénéficiaires des produits et services financiers islamiques adaptés à leurs besoins.

Par Mamane Abdoulaye(onep)