Un ancien terroriste dont la tête était mise à prix il y a quelques années par les USA, devenu président, et reçu à la Maison Blanche le 10 novembre 2025. Un président en exercice ‘’capturé’’, enchaîné et exhibé en tenue de prisonnier aux caméras du monde entier. L’Amérique, ou tout au moins l’administration Trump, ne finit pas de surprendre l’opinion mondiale.
Incohérence, imprévisibilité et inconstance : telles sont les bases du mode opératoire du très suffisant président américain. Avec des agissements pareils plus aucun droit international, plus aucune institution internationale, n’a de sens. De toute évidence, l’unique langage que parle et comprend le président américain est celui du rapport de force d’une part. D’autre part, seuls les intérêts des Etats-Unis constituent la norme des relations inter-Etats.
Le cas où le sort de Maduro est incontestablement la plus grande humiliation qu’on puisse infliger à un pays. Les images choquantes d’un Chef d’Etat menotté, encadré par des agents de sécurité d’un autre pays, dépassent largement la dignité d’un individu. C’est l’honneur et la dignité d’un pays qui sont traînés dans la boue par un autre pays qui s’estime puissant et se croît tout permis.
Ceux qui ont trahi leur pays en livrant Maduro aux ‘’Yankees’’ porteront à jamais le poids moral de cette humiliation infligée à leur pays. Car, contrairement au show médiatique digne d’une production hollywoodienne que la Maison Blanche a voulu nous servir, il est évident que la soit disant ‘’capture’’ de Maduro n’aura jamais été possible sans la trahison des siens, certainement les plus proches et probablement les plus haut placés dans l’architecture de sécurité du pays.
Cette opération tant vantée par les médias américains rappelle celle tentée en Somalie en 1993 qui s’est soldée par un cuisant échec. Cette dernière a ensuite été rendue célèbre, avec tous les ingrédients dont Hollywood a le secret à travers le film ‘’La Chute du Faucon noir’’, une sorte de catharsis à l’échec et au traumatisme vécus par les Américains. En cela, la mise en scène de l’enlèvement du président Maduro n’est ni plus ni moins qu’une tentative de redorer l’image d’une armée américaine toute puissante et, en cela, effacer les images de l’échec en Somalie en 1993 ou du retrait chaotique d’Afghanistan en 2021.
Mais, ce dont tout le monde est convaincu, c’est que cette opération n’a d’autre objectif que de faire main basse sur les énormes réserves pétrolières du Venezuela et sécuriser l’approvisionnement des Etats Unis face à l’expansion et l’influence de plus en plus inquiétantes de la Chine et de la Russie en Amérique Latine que les USA considèrent comme leur zone d’influence exclusive.
Siradji Sanda (ONEP)
