La commercialisation du calice d’hibiscus et tamarin, une activité très florissante pendant le Ramadam
Provenant des localités de l’interieur du pays comme Tessaoua et Torodi, le calice d’hibiscus et le tamarin sont des produits naturels connus et appréciés pour leur goût et leurs potentiels nutritifs pour l’organisme. Ces produits sont largement consommés au Niger, le plus souvent sous forme de jus, surtout pendant le mois de Ramadan, période de jeûne pour les musulmans, où la vente et la consommation connaissent une véritable hausse.
Au Petit marché de Niamey, sous son hangar, Hadjia Nana Tari Bako vend le calice d’hibiscus et le tamarin depuis une vingtaine d’années. « J’achète mes produits à Tessaoua et je les revends à Niamey », a-t-elle fait savoir. Elle achète les produits par mesure(tiya) jusqu’à avoir des sacs pour un prix de 16 000 FCFA le sac. « On me transporte le sac à 1 000 FCFA et, à Niamey, je peux le revendre à 50 000 FCFA », explique-t-elle. Compte tenu du mois béni de Ramadan, elle fait une réduction de 500 FCFA sur la tasse de calice d’hibiscus.
Toujours au Petit marché, assise sur une chaise et entourée de ses produits, se trouve Mlle Fatima Zara, une autre vendeuse de calice d’hibiscus et de tamarin. « Cela fait dix ans que je vends ces produits. J’achète des sacs à Torodi. Pour le calice d’hibiscus, j’achète le sac à 40 000 FCFA et celui du tamarin à 17 000 FCFA », a-t-elle dit.
Selon le nutritionniste M. Abdel Razak Bello, le calice d’hibiscus présente plusieurs avantages nutritionnels. « Le bissap est riche en vitamines, notamment A et C, qui jouent un rôle essentiel dans le renforcement du système immunitaire. Cela est particulièrement important après une privation alimentaire de 10 à 12 heures », a-t-il souligné. Il précise également que la vitamine C contribue à réduire la fatigue et permet ainsi de retrouver de l’énergie après la rupture du jeûne. Le bissap contient aussi des sels minéraux tels que le calcium et le magnésium. M. Abdel Razak Bello explique que le calcium participe au bon fonctionnement et à la tonicité des muscles et, associé à la vitamine C, contribue à redonner vigueur et vitalité à l’organisme.
Il affirme également que la boisson de calice d’hibiscus est très riche en eau, ce qui favorise une bonne hydratation. « La déshydratation chez le jeûneur peut entraîner des vertiges ou des bouffées de chaleur. Consommer du bissap peut donc aider à compenser les pertes hydriques et à prévenir ces désagréments », déclare-t-il.
Par ailleurs, le nutritionniste indique que le bissap contient des phyto-micronutriments, notamment des anthocyanes, des caroténoïdes et des polyphénols. « Les anthocyanes, responsables de sa couleur rouge caractéristique, possèdent des propriétés antioxydantes et protectrices. Elles contribuent au renforcement du système immunitaire et peuvent également améliorer certains troubles, notamment visuels », a-t-il indiqué.
Cependant, malgré ses nombreux bienfaits, la consommation de bissap comporte certains risques, a dit M. Abdel Razak Bello. « Le premier risque est lié à l’excès de sucre. Pendant le Ramadan, le bissap est souvent préparé avec de grandes quantités de sucre. Or, une boisson trop sucrée perd en partie son effet hydratant, car le sucre mobilise l’eau pour être métabolisé », souligne-t-il. Un autre risque, ajoute le nutritionniste, est lié à la conservation, car lorsqu’il est mal conservé, surtout à température ambiante, le bissap peut fermenter. « Cette fermentation peut favoriser le développement de contaminants pathogènes et entraîner des nausées, des vomissements ou des diarrhées »,prévient-il.
D’après M. Abdel Razak Bello, une consommation importante de boissons très sucrées et très glacées peut provoquer des troubles digestifs. De plus, poursuit-il, l’abus de boissons sucrées le soir peut favoriser des variations importantes de la glycémie, pouvant entraîner des sensations de vertige la journée suivante.
M. Abdel Razak Bello propose la consommation d’un bissap modérément sucré afin de bénéficier pleinement de ses qualités nutritionnelles et hydratantes. Au niveau de la conservation, le nutritionniste conseille de bien conserver le bissap au frais et d’éviter toute consommation lorsqu’il présente des signes de fermentation. « Il est recommandé de ne pas dépasser deux à trois verres par jour », suggère-t-il. Il attire surtout l’attention des acheteurs de bissap à être prudents. « Lors de l’achat du bissap, il faut rester vigilant. Certains vendeurs ajoutent des colorants pour intensifier la couleur rouge. Un bissap contenant trop de colorants peut présenter des risques liés aux additifs alimentaires. Il est donc préférable de privilégier un produit naturel », conseille-t-il.
Quant au tamarin, il possède également des vertus nutritives. D’après M. Abdel Razak Bello, parmi les vertus associées au tamarin figure sa richesse en fibres alimentaires. « Les fibres alimentaires du tamarin lui confèrent des propriétés d’amélioration du transit intestinal et, de façon générale, de la digestion. On sait que certaines personnes souffrent de constipation pendant le mois de Ramadan ; ainsi, la consommation du tamarin peut être une alternative pour réduire cette constipation », a-t-il fait savoir.
En plus, lorsque les fibres alimentaires contenues dans le tamarin se trouvent dans une boisson qui n’est pas très riche en sucre, cela peut conférer au tamarin des vertus bénéfiques, notamment pour l’amélioration de certaines maladies, dont les maladies cardiovasculaires. « Si nous faisons un focus sur le potassium, nous dirons que le potassium du tamarin peut jouer un rôle dans la rétention de l’eau au niveau de l’organisme, ce qui est important pour le jeûneur qui passe une dizaine d’heures sans s’hydrater », a-t-il dit. M. Abdel Razak Bello explique qu’en consommant du tamarin au moment de la rupture du jeûne, l’on a une meilleure capacité de rétention d’eau, ce qui est bénéfique pour l’organisme. De plus, le potassium contenu dans le tamarin peut avoir un effet sur l’abaissement de la pression artérielle. « Cela peut avoir un effet bénéfique pour les personnes qui souffrent notamment d’hypertension artérielle », indique-t-il.
Malgré les avantages associés au tamarin, poursuit M. Abdel Razak Bello, lorsque ce dernier est consommé en excès, il peut devenir un puissant laxatif et entraîner des sensations de diarrhée. « Il vaudrait donc mieux éviter l’exagération, éviter trop de sucre dans la préparation du jus et éviter de consommer le tamarin lorsqu’il est fermenté », conclut-il.
Zouladeini A. Razinatou (Stagiaire)
