Etal de tapioca dans une rue marchande à Niamey
Le tapioca est un produit issu de la racine de manioc. Apprécié pour sa texture et sa capacité à rassasier, cet aliment est consommé le plus souvent sous forme de bouillie avec de l’eau chaude ou tiède accompagnée de lait. Au Niger, la vente de ce produit est fortement dépendante des importations, notamment en provenance des pays voisins côtiers comme le Bénin ou le Nigeria.
Au quartier Saga de Niamey, en face de la station 3SK, se trouve Mlle Elodi Hountouwada, une vendeuse de tapioca venue du Benin. “Je vends le tapioca depuis trois ans. Je l’achète en grande quantité au Bénin pour revendre ça à Niamey”, a dit la jeune femme.
Mlle Elodi Hountouwada a indiqué qu’elle se procure ce produit à un prix élevé, ce qui joue naturellement sur le prix de la vente au détail. “ J’achète la grande tasse à 25 000 FCFA, la moyenne à 15 000FCFA et la petite tasse à 10 000 FCFA. Et on me transporte le sac à 10 000 FCFA. Ici au Niger, je vends le kilo de tapioca à 1 000 FCFA”, confie-t-elle.
La jeune vendeuse rencontre des problèmes liés à la mévente et aux difficultés d’importation. “ Je rencontre des difficultés au niveau des transports de mes produits depuis le Bénin jusqu’ici. Avec le problème des frontières entre le Bénin et le Niger, on passe maintenant au Nigéria, pour rentrer au Niger. Donc, les dépenses pour les transports augmentent”, se lamente la commerçante. Mlle Elodi Hountouwada souligne qu’actuellement, pour transporter un colis, les convoyeurs exigent une somme allant de 10 000 FCFA à 15 000 FCFA par sac. “Ainsi, il y a plus d’efforts que de bénéfices”, a-t-elle affirmé.
Au grand marché de Niamey, debout devant sa marchandise, M. Saidou Salaou vit de la commercialisation du tapioca depuis une trentaine d’années. “ J’achète les sacs au Bénin. Parfois, je pars en personne et, d’autres fois, je commande auprès des femmes béninoises ’’, dit-t-il. Le commerçant explique que le marché est plus florissant pendant la saison pluvieuse, car recherché par les travailleurs champêtres et durant le mois de ramadan pour le souhour.
“Avant, nous achetions le sac à 45 000 FCFA, maximum à 50 000 FCFA. Quand il y a eu la fermeture des frontières entre les deux pays, le prix du sac est passé à 90 000 FCFA. Le sac est transporté à
5 000 FCFA, parfois à 6 000 FCFA. Donc on vent une tasse (Tiya) à 2 500 FCFA”, a-t-il précisé.
Ainsi, avec l’arrivée du mois de ramadan, il souligne que le prix du sac a baissé variant désormais entre 73 000 FCFA et 75 000 FCFA. “Les prix des tasses dépendent du type de tapioca, parce qu’il y a le tapioca au grand sac qui est à un prix d’achat de 75 000 FCFA et celui au petit sac à 50 000 FCFA et les tasses(tiya) sont vendues respectivement à 1 500 FCFA et 1 000 FCFA”, a-t-il indiqué.
Zouladeini A. Razinatou (Stagiaire)
