Abdoul Wahab Soumana
Le Conseil régional de la jeunesse, à l’instar des autres structures de jeunes, joue un rôle important dans le développement du Niger. Aujourd’hui encore, les jeunes, comme les autres composantes de la société, occupent une place stratégique dans le cadre de l’enracinement de la nouvelle vision entreprise par les autorités actuelles du Niger, à savoir le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP). Dans ce entretien, le président du Conseil régional de la jeunesse de Niamey (CRJ), M. Abdoul Wahab Soumana, évoque certaines actions que ce conseil mène ainsi que les défis auxquels il fait face.
Selon le président du Conseil régional de la jeunesse de Niamey, le CRJ constitue un cadre institutionnel de dialogue, de coordination et de participation citoyenne, permettant aux jeunes d’être des acteurs organisés, consultés et impliqués dans les dynamiques de gouvernance et de développement. « Le CRJ a pour missions de coordonner la concertation et la consultation des associations, mouvements et collectifs d’organisations de jeunes légalement reconnus dans la région sur toutes les préoccupations d’intérêt général de la jeunesse ; de formuler des propositions et d’émettre des avis visant à orienter, améliorer et suivre l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques de la jeunesse au niveau local ; de développer des relations de coopération entre les partenaires nationaux, bilatéraux et internationaux et les organisations de jeunesse de la région de Niamey ; d’encourager et de promouvoir les bonnes pratiques de participation des jeunes au développement local, national et international », a-t-il précisé.
M. Abdoul Wahab Soumana a reconnu que le chômage et l’inactivité des jeunes constituent aujourd’hui l’un des défis sociaux et économiques les plus préoccupants au Niger, en particulier dans la région de Niamey. « Les données disponibles au niveau régional indiquent une situation alarmante. Ainsi, près de 7 jeunes sur 10 ne sont ni à l’école, ni en formation, ni en emploi. Cette réalité, combinée à une pression démographique très forte — environ 70 % de la population nigérienne a moins de 35 ans — accentue chaque année les risques de précarité, d’exclusion sociale et de fragilisation de la cohésion sociale », a-t-il ajouté. Selon lui, le CRJ de Niamey a fait de la lutte contre le chômage et l’inactivité des jeunes une priorité stratégique, en adoptant une approche pragmatique, inclusive et orientée vers l’action. « Concrètement, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre à travers des formations en éveil entrepreneurial afin de développer chez les jeunes une culture de l’initiative et de l’auto-emploi ; des programmes de formation en informatique et en inclusion financière visant à renforcer l’employabilité et l’autonomie économique ; des formations en activités génératrices de revenus au profit des jeunes femmes, notamment dans la transformation artisanale et les produits locaux, avec remise d’attestations et accompagnement ; ainsi que la promotion de secteurs porteurs tels que l’agriculture, le numérique et l’économie verte », a-t-il indiqué.
Parallèlement, souligne le président du Conseil régional de la jeunesse de Niamey, le CRJ mène un plaidoyer constant auprès des autorités et des partenaires afin que les politiques publiques d’emploi, de formation et de financement prennent pleinement en compte cette frange importante de jeunes exclus des circuits classiques. « L’objectif est de faire de la jeunesse de Niamey une force de proposition structurée et crédible, capable de contribuer à l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques locales », a-t-il affirmé. Le président du CRJ de Niamey souligne enfin que l’éducation et la formation constituent le socle de toute transformation durable et un levier central de la refondation. « Dans cette dynamique, le CRJ de Niamey a mené des actions communautaires concrètes en milieu scolaire, notamment la réhabilitation de salles de classe de l’école Foulan Koira, en collaboration avec l’ANASEM et SFC, afin d’offrir aux élèves un cadre d’apprentissage plus digne et plus propice à la réussite », a-t-il conclu.
Adoussalam K. Mouha (ONEP)
