L’honorable Abdoulkadre Cheffou Touba
La commune de Tamaské, dans le département de Keita, région de Tahoua, a vibré, du 28 au 29 mai 2026, au rythme d’importantes manifestations culturelles riches et variées, reflétant les valeurs traditionnelles. Ces animations culturelles, organisées chaque année dans le cadre de la célébration des fêtes musulmanes par le Chef de canton de Tamaské, l’honorable Abdoulkadre Cheffou Touba à la devanture de son palais, ont pour objectif de revaloriser le patrimoine culturel du terroir et de renforcer la cohésion sociale.
À cette occasion, plusieurs messages de sensibilisation ont été délivrés sur la paix, la cohésion sociale, l’unité nationale et le vivre-ensemble. C’est ainsi que les habitants de la ville de Tamaské se sont mobilisés devant la cour du Chef de canton pour revivre les traditions qui rappellent à la fois la gloire et la douleur du passé.

La population a notamment suivi, avec le Chef de Canton de Tamaské et les notables de la cour, la parade des différents groupes culturels et artistiques. Ce sont notamment les coiffeurs traditionnels (Wanzam) qui étaient les premiers à exhiber leur savoir-faire ancestral en défiant des outils tranchants comme les lames, les couteaux qui se relèvent contre ces initiés. Les coiffeurs traditionnels sont, en effet, très craints dans la société à cause de leur pouvoir mystique, tout leur secret se trouvant dans leur gibecière qu’il ne faut absolument pas toucher sans leur autorisation.
Ce fut ensuite le tour des « Gardawa ». Portant des tresses comme des femmes, ils ont fait montre de leur invincibilité. Ainsi, le public a assisté à une démonstration où un « bagardé » a réalisé une hypnose sur un bouc qu’il a endormi. Ensuite, le public a vécu une scène où un autre s’est couché à même sol, des femmes pilant le mil dans le mortier posé sur son ventre. Une autre particularité chez les gardawa est qu’ils sont des grands danseurs avec un des bouffons qui prennent de l’air, qu’ils font tourner comme un tourbillon. Ce sont eux qui jouent également avec le feu.
Le ‘’Bori’’ ou possession, une vieille tradition ancestrale, animé par des femmes et des hommes habillés en tenue traditionnelle, a émerveillé le public avec ses danses traditionnelles sous le son de leurs instruments spécifiques notamment le Gogué (violon traditionnel) et les calebasses. Le bori est une très ancienne culture qui a tendance à disparaître à cause de la forte islamisation de la société. Néanmoins, il reste une pratique très vivace qui fait trembler ses adeptes.
Les « Yan Taouri » ou les invulnérables aux objets metalliques ont également exposé leurs talents en se taillant aussi sans y parvenir avec des couteaux, des sabres, des coupe-coupe et autres armes blanches.
Enfin, pour accompagner la chefferie dans cette célébration de la fête de Tabaski, la jeunesse de Tamaské a organisé un tournoi de football ayant opposé les différents clubs des quartiers de la Ville.
Tsahirou Abdoua, ONEP Tahoua
