Cérémonie d’intronisation traditionnelle de Mme Djanabou
Après l’inauguration du Centre de Santé Intégré (CSI) de type II de Bagagi, dans le département de Dogondoutchi, le mardi 10 juin 2026, les populations de l’Arewa ont tenu à prolonger les festivités par un acte hautement symbolique. Réunies à la cour du Chef de canton de l’Arewa, elles ont exprimé leur reconnaissance envers la représentante résidente de l’Unicef au Niger, Mme Djanabou Mahondé dont l’engagement en faveur des femmes et des enfants a été salué à travers une distinction traditionnelle exceptionnelle.
Dans une atmosphère empreinte de solennité, de ferveur populaire et de respect des traditions séculaires, le Chef de Canton de l’Arewa, Elhadj Amadou Sabo, a procédé à l’intronisation de Mme Djanabou Mahondé au sein de l’auguste cour cantonale. Elle devient ainsi la 4è femme à accéder à ce rang prestigieux dans l’histoire de la chefferie de l’Arewa, rejoignant notamment Mme Saadatou Mallam Barmou et deux autres femmes parmi les personnalités féminines ayant reçu cet honneur. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le médecin Colonel-major Garba Hakimi, du gouverneur de la région de Dosso, Colonel-major Bana Alhassane, des autorités administratives et coutumières ainsi que des membres de la cour du canton, témoignant de l’importance accordée à cet événement.
L’Arewa est l’une des plus anciennes chefferies traditionnelles du Niger. Forte de plus de cinq siècles d’existence, elle a connu trente-trois chefs traditionnels et demeure aujourd’hui un pilier de la préservation des valeurs culturelles, de la cohésion sociale et de la gestion des conflits communautaires. La cour du chef de canton repose sur une organisation hiérarchisée et rigoureuse. Autour du Chef gravitent plusieurs dignitaires investis de missions spécifiques, parmi lesquels le Maifada, le Waziri, le Sarkin Yaki, le Sarkin Dogarai, le Barajé ou encore le Tchoukwassou, etc. À côté de ces fonctions traditionnelles, les femmes occupent également une place de choix à travers le titre de Saraounia Matan Arewa, gardienne des valeurs féminines et sociales de la communauté. C’est d’ailleurs Mme Saadatou Mallam Barmou, en sa qualité de Saraounia Matan Arewa, qui a eu l’honneur de remettre les insignes traditionnels à la représentante de l’Unicef au Niger au nom du Chef de Canton.
« Ouwa Diya Maï Yara », un titre porteur d’espoir
À l’issue du rituel traditionnel, Mme Djanabou Mahondé a reçu le titre de « Ouwa Diya Maï Yara », expression locale qui signifie « mère et protectrice des enfants ». À travers cette distinction, la chefferie de l’Arewa a voulu reconnaître les nombreuses actions menées par l’Unicef sous son leadership en faveur de l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la protection sociale. Les autorités coutumières ont particulièrement souligné la réalisation du CSI de type II de Bagagi, inauguré quelques heures auparavant, comme l’une des illustrations concrètes de cet engagement.
Par cette intronisation, la population de l’Arewa a voulu adresser un message fort qui est celui de la reconnaissance envers les partenaires qui accompagnent les efforts de développement au plus près des communautés. Au-delà de l’honneur personnel fait à Mme Djanabou Mahondé, cette distinction traduit également l’attachement des autorités traditionnelles à la promotion du bien-être des enfants, de l’éducation des filles et de l’amélioration de l’accès aux soins de santé.
En inscrivant la Représentante résidente de l’Unicef au Niger dans le cercle restreint des personnalités honorées par la chefferie de l’Arewa, le canton reconnaît en elle une alliée précieuse dans la lutte pour un avenir meilleur des enfants nigériens. Une responsabilité nouvelle et symbolique qui vient renforcer davantage les liens entre les communautés traditionnelles et les acteurs du développement au service des générations futures.
Seini Seydou Zakaria (ONEP)
Envoyé spécial
