Vue de la voie pavée
La ville de Niamey s’apparente de plus en plus aux grandes agglomérations. Un peu partout, des immeubles se dressent, des chemins se tracent et des espaces de loisirs se développent. Cette capitale qui, jadis, était invisible sur la carte mondiale, fait désormais parler d’elle partout dans le monde. Dans les quartiers, des voies pavées se construisent, reliant ainsi les couloirs aux grandes voies pour faciliter la circulation des personnes et de leurs biens.
À Niamey, ces avenues pavées qui devaient symboliser la modernité se transforment en pistes incertaines. Dans plusieurs quartiers, particulièrement sur la rive droite, quelques routes pavées sont méconnaissables, à l’exemple de celle reliant le rond-point Nialga à l’ancienne l’éco-gare de Say communément appelée « Say Tessam Zena ». Cette voie, mise en circulation récemment, est totalement recouverte de sable. Les riverains s’interrogent sur le sujet, mais sans réponse. « J’ai constaté que sur beaucoup de voies pavées, il y a énormément de sable. Je me dis que c’est peut-être stratégique pour permettre à la voie d’être solide », a martelé un riverain.
Le pavé est une infrastructure bien tracée, soigneusement travaillée pour permettre à la population de vaquer à ses occupations. Ce qui, d’ailleurs, enthousiasme les riverains qui n’ont pas caché leur joie pour la réalisation de cette infrastructure. « Nous sommes heureux de voir la fin des travaux de cette voie qui, avant, était latéritique. C’est très bénéfique. Le seul bémol, c’est que ce n’est pas très grand mais sinon c’est très bien fait », a fait savoir M. Ahmada. Pour lui, le manque de caniveaux pour le drainage de l’eau de pluie complique la situation. « Il n’y a pas de pente pour faciliter le ruissellement des eaux. La pluie tombée avant-hier a fait stagner l’eau aux alentours du pavé et a même laissé des traces. Les riverains commencent déjà à déplacer les pavés en les enlevant petit à petit », a-t-il raconté.
En 32 ans d’existence dans le quartier, M. Ousmane Badjé apprécie ce travail qu’il qualifie de première depuis belle lurette. Après avoir fait des allers-retours sur la nouvelle voie, il dit n’avoir vu aucune imperfection. « On ne peut que remercier les autorités en charge de cette initiative », a-t-il ajouté.
S’agissant du sable selon lui, si les responsables donnaient l’accord, les riverains nettoieraient à eux seuls le tronçon. « Au début, le sable gênait la circulation des moyens roulants ; j’avais opté pour l’enlever, c’est après explication que j’ai compris que c’est stratégique », a expliqué M. Ousmane Badjé.
Sous l’anonymat, un technicien nous confie qu’après l’arrêt des travaux, les techniciens laissent le sable sur le pavé pour renforcer sa solidité et sa durabilité. Quelques temps après, ils arrosent l’endroit pour que la couche se pose bien avant de procéder au nettoyage pour laisser une voie propre et en bon état. « La modernité ne se mesure pas seulement à la construction, mais à l’entretien et à la durabilité », a-t-il dit.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
