Etat de dégradation avancée des voies routières traversant les quartiers Saguia recasement et Marega
« Ici on traverse et on prie pour l’état de nos véhicules », cette phrase revient dans presque toutes les bouches des usagers à Saguia recasement comme sur la voie de Marega. En ce début de saison pluvieuse dans ces quartiers de l’arrondissement communal Niamey 5, les deux principales routes sont devenues des pièges à ciel ouvert qui imposent leur loi aux conducteurs.
Un lundi vers 7h du matin au quartier Saguia recasement, la voie rime déjà avec embouteillage. Chaque départ au travail commence avec un parcours du combattant. Ici, zigzaguer entre les véhicules est une obligation. Le mauvais état de la route ne laisse pas le choix. Selon M. Adamou Abdou, usager de la route, cette voie constitue un véritable casse-tête pour bon nombre de personnes qui l’empruntent. « J’habite ce quartier depuis trois ans, mais à chaque saison des pluies, c’est la même souffrance pour nos véhicules sur cette voie. La route est complètement dégradée, surtout au niveau du ravin qui s’élargit de jour en jour. Je crains qu’il ne finisse par couper la voie », a-t-il confié.
Pour une meilleure prise en compte de cette situation, M. Adamou Abdou invite les autorités municipales à se pencher sérieusement sur l’état de cette voie principale du quartier. « Nous demandons qu’on aménage le ravin plein de sable et qu’on fasse un passage pour l’écoulement des eaux. Il y’a même des caniveaux juste à coté qui manquent de curage. Je me rappelle l’an passé, dans le quartier nous avons dû nous mobiliser pour curer ces caniveaux afin de permettre le passage de l’eau », se soutient-il.

Dans la même semaine, le samedi 13 juin 2026, vers 6h du matin, la première grande pluie tombée à Niamey a encore aggravé l’état de la voie principale de Saguia. Dès l’entrée du quartier, au niveau du rond-point, les eaux stagnantes étaient visibles. Pour les éviter, les véhicules déviaient vers l’autre côté de la station. Selon Siddo Amadou, cette voie se trouve toujours dans la même situation pendant cette période. « Rien que l’année passée, les autorités municipales ont visité cette voie, mais aucun changement. Le quartier se trouve à quelques pas du fleuve, si on trouvait un passage pour l’écoulement des eaux de pluies, tout allait se résoudre. Cette même pluie a occasionné l’inondation d’une mosquée qui se trouve juste sur la voie », a-t-il précisé avec un air frustré.
Au quartier Maréga situé à quelques encablures de Saguia, la circulation routière constitue aussi une torture pour les conducteurs. Pour M. Habiboulaye Issa, conducteur de taxi, cette voie a vraiment besoin de travaux de réhabilitation ou bien de colmatage pour faciliter la circulation routière pendant la période de pluie qui débute. Il ajoute que les précipitations enregistrées au cours des derniers jours ont accentué le mauvais état de la route. « Imaginez quand la saison s’installe complétement, une partie de la route retient de l’eau, et de l’autre côté, il y a aussi un ravin qui sépare Saguia et Marega. Actuellement, c’est cette route que je prends pour aller à Saguia recasement, mais quand la pluie va s’intensifier, cette voie sera impraticable, elle aura beaucoup de nids de poule et de sable. Cette situation impacte beaucoup nos moyens de déplacement ; je change chaque fois mes plaquettes à cause de cette situation », a-t-il expliqué.
De plus, ce conducteur de taxi ajoute que le quartier est en voie de développement, d’où la nécessité de le faire briller à travers de belles voies. « Les voies permettent de rapprocher les quartiers », a-t-il dit.
Agée de la quarantaine et habitante du quartier Maréga, Mme Laila Karim franchit difficilement les dunes de sable chaque matin pour avoir un taxi. C’est avec un grand essoufflement qu’elle nous raconte son quotidien. « La voie de Marega est trop sablonneuse, avec des collines et des ravins partout. Chaque matin, il faut parcourir une longue distance avant de trouver un taxi, car les taximen refusent d’emprunter cette voie à cause de son mauvais état. Souvent, nous sommes obligés de sortir dès l’aube pour être au travail à l’heure. Nous plaidons pour que l’Etat allège nos souffrances en trouvant les moyens nécessaires pour arranger cette voie, car c’est elle qui désenclave le quartier », a-t-elle indiqué.
Salima H. Mounkaila (ONEP)
