Cité “Enseignants-Chercheurs” : Loin des eaux d’inondation et ses corollaires

Société

Officiellement, les victimes d’inondation au titre de l’année 2020 ont été définitivement relogées sur le site dénommé Cité “Enseignants-Chercheurs’’. A une dizaine de kilomètres du fleuve Niger, sur le plateau du quartier Séno du 5ème arrondissement communal, près de 972 chefs de ménages victimes d’inondation en 2020, sont sensés y demeurer. Le lundi 8 août dernier, nous nous sommes rendus à la cité “Enseignants-chercheurs” où sont relogés les sinistrés des inondations de l’année 2020. Nous sommes arrivés sur le site à 13h 42m, après un véritable parcours de combattant dû aux déviations créées pour les travaux de construction de la voie principale qui mène à la cité.

Ici, c’est le silence absolu, le calme et la sérénité ! Ce qui saute à l’œil, ce sont les sanitaires (toilettes), construites sur les parcelles non bâties, des châteaux d’eaux alignés, les tentes d’habitation dont la plupart sont dégradées suite aux fortes précipitations enregistrées ces derniers temps dans la capitale, et quelques chantiers qui poussent timidement. Ceux qui habitent la cité, sont des gens qui ont tout laissé derrière eux. Certains n’exercent aucune activité pour l’instant. Ce qui fait que les gens partent en ville et ne reviennent que le soir. Les quelques rares personnes qu’on rencontre pendant la journée, ce sont les femmes et les enfants. C’est une nouvelle vie qui recommence dans cette cité. « C’est mieux de vivre ici que de rester dans les zones inondables », une idée partagée par les sinistrés relogés sur le site

dit cité “Enseignants-chercheurs”, octroyé par l’Etat du Niger.

M. Abdouramane Adamou assure la fonction de ‘’Maigari’’, chef de village. Il est jeune robuste, avec des muscles comme un athlète enhaltérophile. Malgré qu’il soit le chef de quarter, il a accepté de travailler en tant que manœuvre sur le chantier de construction de l’école de la cité. Le chef de village ‘’Maigari’’  précise que tous les sinistrés qui ont accepté de quitter les zones inondables ont eu droit à des parcelles de 200m2, 300m2 et 400m2. « Nous remercions les autorités pour leurs efforts. Les travaux ont beaucoup avancé. Les acteurs impliqués dans l’opération du secourisme jusqu’au relogement, principalement les FDS et les ‘’Grantchés’’, les pompiers. Nous invitons tous ceux qui sont dans les zones potentiellement inondables de se retirer pour nous rejoindre sur ce site aménagé  par les autorités » a dit humblement M. Abdouramane Adamou. 

Les délégués des sinistrés, eux-mêmes victimes, sont les portes voix des victimes d’inondation. Ils sont les intermédiaires entre les autorités et les autres victimes. Selon le président des délégués des sinistrés, M. Almoustapha Saley, leur relogement avait commencé depuis le 4 septembre 2021. Avant leur arrivée, des infrastructures ont été mises en place notamment, des châteaux d’eaux, une école, un Centre de Santé Intégré (CSI), etc. « Des parcelles ont été attribuées à tout un chacun. Tout les chefs de ménages victimes d’inondation ont gracieusement reçu des parcelles. Même le processus d’acquisition des actes de cession des parcelles est gratuit. L’Etat a tout pris en charge. Et il y a beaucoup d’infrastructures qui seront réalisées ici », explique le président des délégués des sinistrés, M. Almoustapha Saley.

Ce dernier témoigne que le rythme des travaux des chantiers des infrastructures sociaux donne l’espoir à toute une communauté. « Maintenant on a un peu avancé. Quand on est arrivé ici, il n’y avait que les châteaux d’eau. Aujourd’hui, le quartier à commencer à prendre forme. C’est mieux de vivre ici que de rester dans les zones inondables. Tous ceux qui furent restés au Camp Gamou, chacun a reçu sa parcelle. Nous sommes vraiment à l’aise parce que nos vies ne sont pas en danger comme par le passé où lorsqu’il pleut, on a la main sur le cœur. Et l’on pense à  tous les scénarii catastrophiques probables. Certes la vie ici est difficile au début. Mais au fil du temps, on se rend compte que la viabilisation se fait progressivement», a-t-il ajouté.    

Dans l’urgence les délégués des sinistrés plaident pour une accélération des chantiers en cours, notamment l’école, le centre de santé, la voie d’accès, etc.  « Nous avons beaucoup de sinistrés qui n’arrivent pas à s’adapter au regard de leurs conditions de vie antérieures. Il y a des sinistrés qui n’ont rien à manger actuellement. Nous avons besoin de médicaments et des agents de santé en permanence » plaide M. Almoustapha Saley.

Mme Hadiza Hassane est une commerçante au niveau de la cité “Enseignants-Chercheurs”. Elle se plaint des difficultés liées au manque de voies d’accès et les ruelles submergées par les eaux. « Après la pluie, nous avons beaucoup de difficultés pour nous déplacer. A cause de cette situation,  nous avons un sérieux problème de transport. Les taxis ne viennent pas dans ce quartier. Il n’y a aucune voie qu’on peut emprunter sans  difficultés. Ce sont ces problèmes qui ont fait en sorte que, la plupart des sinistrés sont partis d’ici. Ce n’est pas parce que, les gens ne veulent pas rester. Ils ont leurs activités en ville. Et s’ils ont des difficultés liées au manque de moyen de transport pour accéder à leur maison, c’est tout à fait normal qu’ils quittent », a-t-elle expliqué.

Abdoul-Aziz Ibrahim(onep)