Commémoration du 72ème anniversaire des Conventions de Genève du 12 août 1949: Le droit international humanitaire et la situation des personnes déplacées internes au centre des discussions

Société
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Le Rassemblement des acteurs pour la promotion et le respect du droit international humanitaire et des droits de l’homme (RASAPRES DIH-DH), en collaboration avec la Commission nationale des droits humains (CNDH) avec le soutien financier du Comité International de la Croix  Rouge (CICR), a commémoré, hier matin dans les locaux de la CNDH,  le 72ème anniversaire des Conventions de Genève du 12 août 1949. Deux thèmes étaient inscrits à l’ordre du jour de cette commémoration : ‘’ le cadre juridique de la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes’’ et ‘’la protection des personnes déplacées internes en période de conflits armés : situation du Niger’’. Il s’agit à travers cette initiative tripartite de débattre sur le droit international humanitaire et les personnes  déplacées internes  en période de conflits armés.

Ainsi, le président du RASAPRES, M. Alfred Emmanuel a indiqué que les conflits armés contemporains posent de nombreux défis au droit international humanitaire  dans la protection des populations, la cyberguerre et la guerre asymétrique. A cela s’ajoutent, poursuit-il, les énormes défis quant à la protection des déplacés internes. Cette situation, estime M. Alfred Emmanuel, interpelle les acteurs du droit international humanitaire et défenseurs des droits humains à multiplier leurs efforts dans le plaidoyer et la diffusion du DIH au bénéfice des victimes des conflits armés.

Pour sa part, le président de la Commission nationale des droits humains (CNDH), Pr Khalid Ikhiri a rappelé que les 4 Conventions protègent la vie et la dignité des victimes de conflits armés tout en apportant de l’assistance. Ces conventions dites  de Genève, a-t-il souligné, aident à la limitation et à la prévention de la souffrance pendant les conflits armés. « Ces instruments  sont pour notre institution un véritable bouclier d’acier, ils constituent en effet la pierre angulaire du droit international humanitaire ratifié par tous les États, dont le Niger », a affirmé le président de la CNDH, Pr Khalid Ikhiri.

Quant au conseiller juridique du Comité International de la Croix Rouge, M. Romaric Ferraro, il a noté que le droit international humanitaire, dont les Conventions de Genève sont la base fondamentale, a beaucoup évolué depuis afin de répondre aux nouvelles conséquences humanitaires des conflits. Aussi, d’après M. Romaric Ferraro, de nombreux traités relatifs à l’interdiction ou à la limitation de certaines armes comme les mines, les armes à sous munition, les restes des explosifs de guerre ou encore les armes nucléaires sont venus s’ajouter aux Conventions de Genève. Il a ensuite évoqué les nouveaux défis que le CICR avait constaté à l’occasion du 70ème anniversaire de ces Conventions pour le droit international humanitaire et les Conventions de Genève.  Il s’agit, selon le conseiller juridique du CICR, du changement climatique, le déplacement interne, les nouvelles technologies, le terrorisme, la prolifération des groupes armés sont autant de nouveaux défis auxquels le droit international humanitaire doit s’adapter. Dans certains de ces domaines, a-t-il dit, des développements importants ont été proposés par les États pour répondre à ces derniers en ce qui concerne la protection et l’assistance aux personnes déplacées internes. A cet effet, a-t-il précisé,  les États africains ont fait une œuvre novatrice en développant la Convention de Kampala, premier traité adopté sur le plan régional pour répondre spécifiquement aux besoins des personnes déplacées. Enfin, M. Romaric Ferraro a salué la démarche du Niger qui a remarquablement montré l’exemple dans ce domaine en se dotant en 2018 de la première loi en Afrique de protection et d’assistance aux personnes déplacées internes qui assure la mise en œuvre de la Convention de Kampala et qui donne à la Commission Nationale des Droits Humains, en son article 15, la tâche de veiller au respect des droits de ces personnes.

Par Oumar Issoufou(onep)