Une vue de la foire des maraîchers d’Agadez qui se tient chaque année à Niamey
Depuis les événements du 26 juillet 2023, le Niger a engagé un vaste chantier de refondation de son économie sous le sceau de la souveraineté nationale. Dans cette nouvelle orientation, le Ministère du Commerce et de l’Industrie s’est progressivement imposé comme l’un des piliers de la politique économique nationale. Sous la conduite du ministre Abdoulaye Seydou, ce département a multiplié les réformes, renforcé les mécanismes de régulation des marchés, soutenu la transformation industrielle et intensifié la lutte contre les pratiques spéculatives qui fragilisent le pouvoir d’achat des populations.
Trois années après le début de cette dynamique, le bilan fait apparaître une volonté affirmée de restaurer l’autorité de l’État sur les circuits commerciaux, tout en favorisant l’émergence d’une économie davantage tournée vers la production nationale, la transformation locale et l’intégration régionale.

Dès sa prise de fonction en avril 2025, le ministre Abdoulaye Seydou a inscrit son action dans une logique de rupture avec les pratiques antérieures. L’objectif affiché consiste à construire une économie moins dépendante des importations, davantage orientée vers la valorisation des ressources nationales et capable de créer davantage de richesses au profit des Nigériens.
Cette vision repose notamment sur plusieurs axes stratégiques à savoir, la préférence nationale, la promotion du contenu local, la transformation industrielle des matières premières, le développement des marchés de proximité et le renforcement de la protection des consommateurs. Selon les résultats présentés par le Ministère, cette nouvelle orientation commence déjà à produire des effets tangibles.
Une gouvernance économique plus rigoureuse
L’une des principales caractéristiques de ces trois années réside dans le renforcement de la gouvernance économique. Le Ministère a accentué les contrôles sur les marchés, intensifié les inspections des activités commerciales et engagé un vaste processus de formalisation des entreprises. Les résultats témoignent d’une progression remarquable.
Selon le ministre Abdoulaye Seydou, en 2025, 8 353 nouvelles entreprises ont été créées contre 5 967 l’année précédente, soit une hausse de près de 40 %. Plus de 1 300 formalités de modification d’entreprises ont également été enregistrées tandis que plusieurs dizaines d’autorisations professionnelles ont été délivrées afin d’encadrer davantage les activités commerciales.
Cette dynamique traduit la volonté du département ministériel d’élargir progressivement le secteur formel afin d’améliorer le climat des affaires et d’accroître les recettes publiques.
L’un des faits marquants concerne les performances enregistrées en matière de mobilisation des ressources financières. Par exemple, lors de son entretien-bilan sur la RTN, M. Abdoulaye Seydou a dit qu’entre avril 2025 et avril 2026, les recettes versées au Trésor public par le Ministère et ses structures sous tutelle ont atteint plus de 59,4 milliards de FCFA, contre seulement 1,86 milliard de FCFA sur la période précédente.
Selon lui, cette performance constitue l’un des indicateurs les plus spectaculaires des réformes engagées. Pour les responsables du département, cette hausse résulte notamment de l’assainissement de la gouvernance, du renforcement des contrôles administratifs et de la lutte contre certaines pratiques qui privaient auparavant l’État d’importantes ressources.
Une offensive permanente contre la spéculation
Au-delà des performances financières, l’action du Ministère s’est surtout distinguée par une lutte sans précédent contre la spéculation sur les produits de grande consommation. Face aux flambées répétées des prix observées sur plusieurs marchés, le ministre Abdoulaye Seydou a multiplié les sorties sur le terrain, les réunions avec les opérateurs économiques ainsi que les opérations de contrôle.
Le carburant, le ciment, le gaz domestique, les céréales, le sucre, le pain et plusieurs autres produits essentiels ont fait l’objet d’une surveillance renforcée. Les équipes du Ministère ont conduit près de 6 000 opérations de contrôle, réalisé une soixantaine d’enquêtes sectorielles, sensibilisé plus de 2 500 acteurs économiques et effectué plusieurs centaines d’analyses techniques. Le secteur du gaz a particulièrement retenu l’attention des autorités.
Des inspections ont été menées dans les centres emplisseurs sur l’ensemble du territoire national. Une dizaine de milliers des bouteilles de gaz ont été saisies, tandis qu’une partie a été revendue à prix social afin de soulager les ménages. D’autres bouteilles ont été mises à la disposition des Forces de Défense et de Sécurité. Le ministre n’a cessé de dénoncer les pratiques spéculatives, les rétentions de stocks, les ventes illicites ainsi que les comportements visant à créer artificiellement des pénuries pour provoquer une hausse des prix. Selon plusieurs observateurs économiques, cette fermeté a progressivement envoyé un signal fort aux opérateurs peu respectueux de la réglementation.
Dans un contexte marqué par les tensions régionales et les difficultés d’approvisionnement, le Ministère a également mis en œuvre plusieurs mécanismes destinés à préserver le pouvoir d’achat des Nigériens. Des milliers de tonnes de céréales et de sucre ont été introduites sur les marchés dans le cadre des opérations de vente à prix modéré. Au total, plus de 64 500 tonnes de céréales et plus de 2 000 tonnes de sucre mis sur le marché ont permis d’atténuer les effets de la cherté de la vie. Ces mesures ont contribué à une baisse sensible des prix de certains produits alimentaires.
La vente à prix modéré se poursuit actuellement sur toute l’étendue du territoire national. Le prix du sac de riz de 25 kilogrammes est ainsi passé d’une fourchette comprise entre 14 000 et 18 000 FCFA en 2024, à une fourchette de 9 750 à 11 000 FCFA en 2026, soit une diminution cumulée pouvant atteindre près de 38 %.
Une relance de l’industrie nationale et diplomatie commerciale au service de l’AES
Parallèlement aux actions de régulation, le Ministère poursuit l’ambition de faire émerger une véritable industrie nationale. L’élaboration de la Politique industrielle nationale, la création de l’Agence de Promotion de l’Actionnariat Populaire pour l’Entrepreneuriat Communautaire (APAPEC-NIGER) ainsi que le recensement des unités industrielles existantes constituent les premières pierres de cette stratégie.
Le lancement du parc industriel Chine-Niger à Guessel Bodi ainsi que les préparatifs de la seconde zone industrielle de Niamey témoignent également de cette volonté d’accélérer la transformation locale des ressources nationales. Ces projets attirent déjà plusieurs investisseurs étrangers, preuve d’un regain d’intérêt pour le potentiel industriel du Niger.
Les trois dernières années ont également été marquées par un renforcement de l’intégration économique avec les pays de la Confédération des États du Sahel. Le Niger a accueilli la première Foire commerciale de l’AES, réunissant plusieurs pays africains autour de la promotion du « Produire, Transformer et Consommer local ».

Le Ministère a également facilité plusieurs opérations commerciales avec le Mali et le Burkina Faso, notamment dans les domaines des produits pétroliers, des céréales et du bétail. Cette diplomatie économique constitue aujourd’hui un levier stratégique pour diversifier les débouchés commerciaux du Niger tout en consolidant les échanges au sein de l’espace sahélien. Malgré ces résultats encourageants, les autorités reconnaissent que les défis demeurent importants. La consolidation des acquis, l’intensification de la lutte contre les circuits informels, la poursuite de la baisse des prix, le développement des infrastructures industrielles ainsi que l’amélioration continue du climat des affaires figurent parmi les priorités des prochaines années. Le Ministère affiche néanmoins un taux global de réalisation de +90 % de ses attributions sur la période évaluée, avec des performances de 100 % dans le secteur industriel, 88,9 % en gouvernance administrative et 84,6 % dans le domaine du commerce.
Si les défis restent nombreux, le département ministériel dirigé par M. Abdoulaye Seydou entend poursuivre cette trajectoire en consolidant les acquis, en approfondissant les réformes et en faisant du commerce et de l’industrie des moteurs durables de la souveraineté économique et du développement du Niger.
Seini Seydou Zakaria (ONEP)
