Au concert «je déclame, tu m’acclames» du 17 janvier 2026
A Niamey, le Slam s’est progressivement imposé comme un moyen d’expression artistique, mais aussi comme un outil d’éveil des consciences. C’est dans cette dynamique qu’est né le programme ‘’Je déclame, tu m’acclames’’, qui est à la fois un événement et une véritable école de Slam depuis 2014, organisé par les Plumes du Sahel.
En effet, cette initiative culturelle a été conçue comme un cadre de formation où les jeunes apprennent à écrire, déclamer et partager des textes engagés devant un public. L’objectif est de leur offrir un moyen d’expression libre pour dénoncer les maux sociaux et transmettre leurs préoccupations. Cet événement, selon le président de l’association Arts Pluriel et président du collectif de Slam, ‘’Les Plumes du Sahel’’, M. Isaac Maman Oumarou, sous la bannière associative Arts Pluriel, poursuit des objectifs sociaux, culturels, éducatifs et inclusifs. « Sur le plan social, nous offrons un spectacle professionnel gratuit au public ; sur le plan éducatif, les textes abordent des thématiques de sensibilisation, d’information et de formation citoyenne ; sur le plan culturel, nous valorisons le patrimoine à travers une relecture artistique et moderne des œuvres du terroir, tout en promouvant nos valeurs morales et culturelles et enfin un accent particulier est mis sur la promotion de la femme, aussi bien sur scène que dans le contenu artistique », explique-t-il.
Ce samedi 17 janvier 2026, c’est au CCN-MA de Niamey, ex CCFN ,que se produisent les membres du collectif, dans le cadre d’un concert gratuit. Au-delà du spectacle, la scène se distingue par l’accueil de nouveaux talents qui montent souvent sur scène pour la première fois, mais avec un niveau de prestation professionnel. « Ce spectacle se démarque également par la forte participation des jeunes filles, dont une très jeune slameuse encore collégienne, ainsi que par l’ouverture de la scène par trois jeunes rappeurs formés aux côtés des slameurs. C’est pourquoi, nous invitons ponctuellement des slameurs ou groupes de Slam de renommée internationale afin de favoriser le partage d’expériences et d’enrichir l’environnement artistique de l’événement », dit-il.
Les projets futurs pour la promotion du Slam au Niger sont ambitieux et structurés. Il s’agit notamment de : renforcer et améliorer le concept ‘’Je déclame, tu m’acclames’’ en l’amenant dans les différentes régions du Niger ; développer le programme ‘’Slam School Féminin’’, axé sur les thématiques féminines en milieu éducatif pour favoriser l’inclusion et le vivre-ensemble ; organiser la Compétition Nationale de Slam Poésie (CONSP) afin de stimuler une compétitivité positive et inclusive et d’améliorer la représentation du Niger à l’international et enfin mettre en place des tournées nationales et internationales pour valoriser l’art, la culture et les artistes Nigériens.
Nadia Sani Mamane, connue sur scène sous le nom de Saraounia, est l’une des figures montantes du Slam au Niger. Sa motivation pour le Slam, dit-elle, c’est la liberté de s’exprimer sans tabou et de pouvoir conseiller et sensibiliser. « Le message que j’adresse à la jeunesse d’aujourd’hui à travers mes textes est beaucoup plus basé sur le travail, le poids de la société et souvent la santé mentale. Nous portons la voix de ceux qu’on n’entend pas », a-t-elle déclaré. Pour Nadia Sani Mamane, la réaction du public nigérien face au Slam est plutôt bien. « C’est un art très connu, suivi, et encouragé de nos jours », a-t-elle ajouté.
« En vrai, j’ai été d’abord séduit par la plume de Jhonel vers 2015 puis j’ai découvert la scène Slam «je déclame, tu m’acclames» au CCN. Avec le collectif Plume du Sahel, je me suis vraiment inspiré. Le Slam est l’art qui parle, un art de sagesse. Et ce fut pour moi le seul art que je pouvais pratiquer sans aucun problème vis-à-vis de ma famille. Alors, j’en ai fait un Art de vie », confie le jeune artiste Lamine Abdoulaye alias Mine-Slam.
Toutefois, souligne-t-il, le Slam mérite plus d’attention. « Il faut que le public sorte à chaque scène pour soutenir le Slam nigérien. C’est ainsi que nous pourrons porter le Slam très haut sur la scène internationale et hisser notre drapeau aussi haut que possible » a-t-il déclaré.
Abdoussalam K. Mouha (ONEP)
