La deuxième réunion des ministres des Affaires étrangères, en janvier 2025 à Ouagadougou, a abouti à une convergence de vues sur l’approche globale des futures négociations entre l’AES et la CEDEAO dans l’intérêt supérieur des populations.
Confrontés aux mêmes défis sécuritaires et de développement, le Mali, le Burkina Faso et le Niger sous le leadership de leurs dirigeants, le Général d’armée Assimi Goïta, le Capitaine Ibrahim Traoré et le Général d’armée Abdourahamane Tiani ont décidé d’unir leur destin à travers la création de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) transformée, au cours de leur premier sommet en juillet 2024, en Confédération des trois Etats. Laquelle a comme piliers, la défense et la sécurité, la diplomatie et le développement.
Lors de ce sommet, le Général d’armée Assimi Goïta a été désigné par ses pairs pour assumer le mandat inaugural de Président de la Confédération AES. Durant son mandat, un des succès les plus remarquables est la coordination de l’action diplomatique entre les trois Etats qui ne parlent désormais que d’une seule voix sur la scène régionale et internationale. Cette coordination se fait via des réunions régulières des ministres des Affaires étrangères qui harmonisent leurs positions sur toutes les questions. Réunis à Bamako, le 16 septembre 2024, ces ministres ont, en prélude à la session annuelle de l’assemblée générale des Nations unies, passé en revue les questions d’intérêt commun et harmonisé leurs positions afin de parler d’une seule voix.
Dans le cadre des candidatures des trois Etats confédérés au sein du système international, des échanges réguliers se tiennent à divers niveaux. Et les candidatures d’un Etat membre de la Confédération sont systématiquement soutenues par les deux autres.
Les chefs de missions des trois pays ont institué un cadre de concertation permanent dans leurs juridictions respectives. Dans le cadre de la gestion des implications du retrait de la Cedeao, les ministres des Affaires étrangères se sont réunis à Niamey le 13 décembre 2024 pour identifier les différents scénarios, les domaines de discussions et adopté un projet de chronogramme sur les interactions avec cette organisation. Cette réunion a même suscité une Déclaration des Chefs d’Etat sur la libre circulation, le droit de résidence et d’établissement des ressortissants de la Cedeao dans l’espace AES.
La deuxième réunion des ministres tenue le 26 janvier 2025 à Ouagadougou, a examiné les relations entre la Confédération et la Cedeao et a abouti à une convergence de vues sur l’approche globale des futures négociations dans l’intérêt supérieur des populations. A cet effet, les ministres ont affiné et validé une approche commune. La réunion a adopté le rapport général sur les implications du retrait des trois Etats de la Confédération, un projet de Mémorandum d’entente avec la Cedeao et un document cadre de négociations avec cette organisation sous-régionale.
HARMONISER LES POSITIONS- Concernant la participation aux fora internationaux, les ministres chargés du pilier diplomatie se réunissent aussi pour harmoniser leurs positions sur les questions d’intérêt commun. Les délégations des trois Etats confédérés se concertent régulièrement en amont ou en marge des rencontres internationales. Dans une symbiose, les ministres des Affaires étrangères ont entamé des démarches visant la levée des sanctions prises par l’Union africaine contre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Grâce à une bonne coordination de l’action diplomatique, ils ont renforcé les liens avec certains pays et organisations, notamment l’Organisation de la conférence islamiste (OCI) qui a pris acte de la création de la Confédération AES. Ce qui constitue une reconnaissance tacite par cette organisation. Les ministres ont été reçus en audience, le 28 avril 2025 à Rabat par le Roi du Maroc. Ils ont aussi pris part à la première session des consultations Confédération AES-Russie, tenue à Moscou les 03 et 04 avril 2025.
La participation de la Confédération au 9è Forum sur la coopération sino-africaine, tenu du 04 au 06 septembre 2024 à Pékin, a mis en évidence la convergence de vue avec les acteurs majeurs du Sud global comme la Chine. Par un communiqué de presse en date du 18 mars 2025, les ministres ont annoncé le retrait des trois pays de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en raison de l’application sélective de sanctions sur la base de considérations géopolitiques et de mépris pour leur souveraineté. Ils se sont aussi retirés du statut de Rome, instituant la Cour pénale internationale (CPI) le 22 septembre dernier.
Lors de la 4è Conférence internationale sur le financement du développement, tenue du 30 juin au 03 juillet 2025 à Séville (Espagne), le Premier ministre du Mali, Général de division Abdoulaye Maïga a délivré un message au nom de la Confédération AES. De même, il a prononcé au nom des trois Etats, un discours lors de la 80è session de l’assemblée générale des Nations unies le 26 septembre 2025. Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères de la Confédération ont participé à la 2è édition du « Lomé Peace and Security Forum », tenue les 11 et 12 octobre 2025. Ils y ont coanimé le panel sur les « partenariats entre pays africains et autonomie stratégique en matière de sécurité ». Aussi, à Assouan en Egypte, les 19 et 20 octobre 2025, les mêmes ministres ont coanimé une table ronde ministérielle intitulée « au-delà des tempêtes dominantes : un avenir de coopération pour le Sahel». Dans les trois pays, les ministres tiennent régulièrement des réunions avec les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales pour leur permettre d’avoir une bonne lecture de la situation de ces Etats.
Grâce à la coordination de l’action diplomatique, la Confédération AES a donc pu s’imposer comme une réalité géopolitique avec laquelle, il faut désormais compter au Sahel, en Afrique de l’Ouest et même au-delà.
Dieudonné DIAMA L’Essor/Mali
