La table de séance à la clôture de l’atelier
Du 20 au 22 avril 2026, la ville de Dosso a accueilli l’atelier national de vulgarisation du règlement communautaire ouest-africain sur la prévention des risques biotechnologiques. Pendant trois jours, experts, chercheurs et représentants des institutions ont échangé sur les défis et perspectives liés à la biosécurité dans un contexte où les menaces environnementales et sanitaires se multiplient.
Au cours de cette cérémonie de clôture, Dr Alhassane Mahamadou, le point focal biosécurité, a insisté sur la nécessité d’opérationnaliser rapidement le secrétariat permanent, condition sine qua non pour une gouvernance efficace.
Il a rappelé l’objectif principal de la rencontre qui était de renforcer les capacités des acteurs nationaux afin de garantir une appropriation intégrale du règlement de l’UEMOA. Les débats ont permis de mettre en lumière les insuffisances du dispositif actuel et de proposer des solutions concrètes pour bâtir une architecture juridique et institutionnelle cohérente.
Les participants ont formulé une série de recommandations structurantes qui sont, entre autres, la création urgente du secrétariat permanent de biosécurité, autorité nationale compétente et autonome, conformément aux prescriptions communautaires ; actualisation des lois environnementales et adoption des textes d’application nécessaires pour assurer la cohérence juridique ; renforcement des laboratoires nationaux, tant en équipements qu’en ressources humaines, avec un accompagnement vers l’accréditation internationale ; la mise en place d’un système national de surveillance et d’alerte précoce, incluant des contrôles aux frontières et une équipe multidisciplinaire d’investigation et la mobilisation des ressources auprès des partenaires techniques et financiers pour soutenir la feuille de route nationale et communautaire.

L’atelier recommande aussi la sensibilisation accrue des acteurs étatiques, de la société civile et des populations pour l’internalisation des textes relatifs à la biosécurité ; le renforcement de la synergie régionale, notamment au sein de l’Alliance des États du Sahel, afin d’harmoniser les cadres réglementaires et mettre en place un réseau de laboratoires avec un centre de référence désigné et l’intégration des dimensions de biosécurité dans les projets de recherche et les curriculas de formation.
Dr Bibata Ali Outani, chercheuse à l’Institut national de la recherche agronomique du Niger, a livré un témoignage poignant sur les risques liés à l’utilisation non contrôlée des pesticides. « Aujourd’hui, certains producteurs pulvérisent leurs cultures juste avant la récolte, sans respecter les délais de sécurité. Cela expose les consommateurs à des dangers graves pour la santé publique », dit-elle.
Elle a également alerté sur les menaces du bioterrorisme et souligné que la biosécurité est un enjeu vital non seulement pour l’environnement et la santé publique, mais aussi pour la sécurité nationale.
Au-delà des recommandations techniques, l’atelier a permis de créer une dynamique collective entre les différents acteurs impliqués. Les échanges ont favorisé une meilleure connaissance mutuelle des laboratoires et des institutions, ouvrant la voie à une coopération renforcée.
A la fin des travaux, les participants ont exprimé leur gratitude à l’État du Niger pour avoir accepté la tenue de cet atelier, aux autorités administratives et coutumières de Dosso pour l’accueil chaleureux ainsi qu’à l’UEMOA pour son appui financier.
Abdoul Moumouni Mahamane
ONEP Dosso
