Dr Moumouni Wankoye Nana est un médecin spécialiste des maladies du foie et du tube digestif. Elle est contractuelle à l’Hôpital de Référence de Niamey. Elle a effectué ses études de médecine générale au Niger, à l’Université Abdou Moumouni, où elle a soutenu sa thèse en 2020. Par la suite, elle s’est rendue au Togo, à l’Université de Lomé, pour se spécialiser en hépato-gastroentérologie. Après quatre années de formation, elle a obtenu son diplôme de spécialité en 2025.
Les raisons qui ont poussé Dr Nana, comme l’appellent affectueusement sa famille et ses amis, à choisir l’hépato-gastroentérologie sont d’abord personnelles. Alors qu’elle accompagnait un proche, victime d’une hémorragie digestive, une endoscopie a permis d’établir rapidement le diagnostic et de réaliser un geste thérapeutique qui lui a sauvé la vie. « J’ai été marquée par ce côté à la fois diagnostic et thérapeutique immédiat de la spécialité. C’est ce qui m’a réellement motivée à choisir l’hépato-gastroentérologie », explique-t-elle.
Dr Nana souligne que les affections les plus fréquentes rencontrées dans sa pratique sont nombreuses. Elle indique que les complications des hépatites virales, notamment la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire, sont très courantes. Concernant l’appareil digestif, ce sont surtout la maladie ulcéreuse et les troubles fonctionnels intestinaux qui reviennent le plus souvent.
En tant que jeune femme médecin, Dr Nana souligne que son plus grand défi a été de concilier les exigences des études de médecine avec sa vie personnelle et les attentes de la société. « Les gardes de nuit, les stages longs et la charge de travail demandaient beaucoup d’organisation. J’ai appris à gérer mon temps et j’ai eu la chance de rencontrer des femmes seniors en hépato-gastroentérologie qui m’ont beaucoup inspirée », confie-t-elle.
Les moments les plus marquants de sa carrière sont, selon elle, ceux où elle parvient à soulager un patient et à lui redonner le sourire. « Ça donne du sens à notre travail », dit-elle. Elle évoque toutefois avec émotion un souvenir particulièrement douloureux : la perte d’une jeune patiente lors d’une garde faute de disposer à temps du plateau technique nécessaire. « Ce moment a été très dur, mais c’est aussi ce qui me motive aujourd’hui à agir plus vite et mieux pour mes patients », a-t-elle souligné.
La spécialiste recommande quelques gestes simples pour protéger la santé du foie et du système digestif à savoir adopter une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes et fibres, tout en limitant les graisses, le sucre et la charcuterie ; boire suffisamment d’eau ; éviter la consommation d’alcool, principal ennemi du foie ; se faire vacciner contre l’hépatite B, se dépister des hépatites virales et éviter l’automédication ainsi que les tisanes non contrôlées ; pratiquer régulièrement une activité physique afin de prévenir l’obésité et la stéatose hépatique. « En résumé, il faut avoir une bonne hygiène de vie », conseille-t-elle.
Dr Nana rappelle également plusieurs signes d’alerte qui doivent conduire à consulter rapidement un service de santé dont, entre autres, les vomissements de sang, les selles noires comme du goudron, une douleur abdominale aiguë et persistante, le jaunissement des yeux ou de la peau, une diarrhée prolongée ou encore une fièvre accompagnée de douleurs abdominales.
Elle se réjouit enfin de l’évolution de sa spécialité au Niger. « L’hépato-gastroentérologie est en plein essor. On voit de plus en plus de centres équipés d’endoscopes, et c’est très encourageant » a-t-elle dit.
Pour concilier sa vie professionnelle et sa vie personnelle, Dr Nana mise sur l’organisation et le sens des priorités. « Au travail, je suis pleinement présente pour mes patients. Une fois à la maison, je protège des moments pour ma famille, mes proches, le repos et tout ce qui me ressource. J’ai aussi la chance d’avoir le soutien de ma famille », déclare-t-elle.
À l’endroit des jeunes, notamment des filles qui rêvent de devenir médecins spécialistes, son message est simple : oser. « La médecine générale est difficile, la spécialité l’est encore plus. Il y aura des doutes et de la fatigue. Mais si c’est votre passion, accrochez-vous, entourez-vous de personnes qui vous tirent vers le haut, et tout ira pour le mieux » a-t-elle conclu.
Assad Hamadou (ONEP)





