Dr Nouhou Ganda (à gauche) et des agents de santé dans une salle de soins
Un protocole en soins est un document officiel qui décrit les étapes logiques et les gestes précis pour la réalisation d’un soin en toute sécurité. Il est un guide méthodique formalisé qui standardise les conduites à tenir afin de garantir la sécurité et la qualité de la prise en charge du patient. Les protocoles sont élaborés par une autorité médicale qui décrit de manière limpide les consignes, les principes et les techniques à observer dans une situation de soins.
L’application des protocoles en soins infirmiers reste un pilier de la sécurité des soins et de la performance des centres sanitaires. Elle permet de standardiser les pratiques professionnelles pour éviter les risques et assurer une prise en charge efficace du patient. Parmi les types de protocoles figurent le lavage des mains, le pansement d’une plaie, les injections, les perfusions, la toilette journalière aux malades, la réfection des lits, la stérilisation du matériel de soins, l’administration médicamenteuse, etc.
D’après Dr Nouhou Ganda de la clinique Baani Lafiya, l’utilisation rigoureuse de ces protocoles détermine la qualité des soins au quotidien et garantit la sécurité du malade. « Elle permet la diminution radicale des erreurs de médication et de diagnostic, la réduction du taux d’infections nosocomiales et l’optimisation du parcours », a-t-il fait savoir. Toutefois, le non-respect des protocoles validés expose le patient, le professionnel et même l’établissement à des risques majeurs. Selon le médecin, le non-respect d’un protocole peut aggraver l’état de santé ou entrainer la mort du malade, en plus de constituer un risque de contamination de l’agent de santé.
Sur le plan juridique, renchérit-t-il, cela peut provoquer des poursuites pour négligence ou faute professionnelle. « Lorsqu’un agent n’applique pas un protocole, il expose le malade et s’expose également. Donc, la sécurité n’est plus assurée. Ainsi, le résultat attendu ne sera pas atteint non plus et les ressources utilisées sont simplement gaspillées », a-t-il expliqué.
Cependant, plusieurs établissements de santé rencontrent des difficultés dans l’application des protocoles en soins infirmiers. D’après Dr Nouhou Ganda, ces défis sont liés à la non-disponibilité du protocole sur le terrain et au retard de mise à jour du document. « Souvent, il y a des protocoles qui peuvent durer trop longtemps sans être révisés », a-t-il dit, avant d’ajouter l’insuffisance des moyens et l’absence de formation continue ou d’encadrement. « Pour chaque protocole, on définit les différentes ressources et moyens qu’il faut utiliser. Donc, si on manque de moyens ou des ressources qu’exige un protocole, c’est un problème. Si on n’assure pas non plus une formation continue du personnel, leurs connaissances peuvent devenir caduques. L’agent de santé a besoin de performance afin d’atteindre les résultats attendus », mentionne le médecin.
Dr Nouhou Ganda a également évoqué le cas de certains patients qui, parfois, influencent l’application d’un protocole. Il conseille de respecter l’application des protocoles afin de renforcer la qualité des soins. « Quand on définit un protocole, il s’impose à tout le monde. Son application est une préoccupation quotidienne de tous les acteurs : professionnels de santé, gestionnaires des établissements de soins, régulateurs et patients », a-t-il dit.
Le médecin praticien lance un appel au ministère en charge de la santé de sensibiliser davantage la population dans l’application stricte des protocoles en soins infirmiers, et mettre à la disposition de tous les centres de formations sanitaires un référentiel unique des protocoles. « Un protocole qui n’est pas connu et accessible, ne sera jamais appliqué. Il faut instaurer des recyclages obligatoires semestriels sur les protocoles prioritaires et garantir la disponibilité continue des kits, médicaments, gants, désinfectants », a-t-il exhorté.
Zouladeini A. Razinatou (ONEP
