Farmo M.
L’attaque menée les 28 et 29 août 2026, au Niger, par les supplétifs des forces impérialistes contre l’aéroport Diori Hamani, la base 101 de l’armée de l’air, siège de l’état-major de la force unifiée de l’AES et de la coopération militaire russe, le palais présidentiel où se trouve le président déchu Mohamed Bazoum, au moment où se tient la première session ordinaire des parlements de la Confédération des Etats du Sahel, est chargée de symboles.
Les agressions qui l’ont précédée, celle des 28 et 29 janvier 2026, et celle du 18 juin de la même année, ainsi que la tentative d’invasion du Mali les 25 et 26 avril 2026, et la tentative d’assassinat du Capitaine Ibrahim Traoré du Burkina Faso, le 03 janvier 2026, participent de la collusion entre le nihilisme autochtone et le nihilisme occidental.
Le dessein funeste des Occidentaux ayant la France comme chef de file et de leurs affidés autochtones obéissait à des directives les unes plus perverses que les autres :
– Clouer notre défense aérienne au sol ;
– Rendre la coopération militaire russe et la force unifiée de l’AES inopérantes ;
– Occuper le palais présidentiel et enlever l’allié de l’Occident qui s’y trouve ;
– Renverser le régime du CNSP ;
– Porter un coup fatal à l’AES en session ;
– Mettre un terme à la Refondation ;
– Ramener nos Etats dans l’ordre constitutionnel occidental.
Le 27 août 2019, Emmanuel Macron sonnait déjà le glas de l’hégémonie occidentale « sans doute, sommes-nous en train de vivre la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde », avait-il lancé lors de la Conférence des ambassadeurs, au palais de l’Elysée.
Il faut bien entendre que la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde, et celle de la France sur son pré carré ont pour corollaires :
– La fin de l’occupation de nos territoires par les armées étrangères ;
– La fin de la main mise sur nos ressources ;
– La fin de l’approvisionnement quasi gratuit en matières premières critiques et stratégiques ;
– La rétrogradation au sein de la coopération diversifiée, au rang de partenaires ordinaires.
Ayant anticipé le désastre pour l’Europe et la France en particulier, et tentant de parer au plus pressé, la Commission des Affaires étrangères et de Défense du Sénat français produit dès 2013, un curieux rapport intitulé : « L’Afrique est notre Avenir » qui recommande une colonisation revue et corrigée, c’est-à-dire : la conservation de bases et de points d’appui militaires en Afrique pour sécuriser l’accès aux ressources africaines, pour défendre les intérêts économiques français et pour garder la place de la France en Afrique face à la concurrence des pays émergents (Chinoise, Inde, Turquie et surtout Russie).
Au regard de ce qui précède, on découvre une France indécrottablement colonialiste qui ne voit son salut en Afrique que dans l’occupation militaire et la domination. Cette France-là croit qu’elle est chez elle en Afrique. Elle en fait une obsession.
Nous sommes obligés de dire à cette France que la place de la France est en France, et que celle qu’elle a pu conquérir par la force de ses canons, aux temps coloniaux révolus, est aujourd’hui illusoire et anachronique.
Toute autre chose est de placer l’avenir de la France ailleurs qu’en France. Seule une extraversion morbide peut pousser à un tel excès. C’est une lapalissade de rappeler à la France que son avenir est en France, et une absurdité de prétendre que son avenir se trouve en Afrique.
S’il m’était permis de reprendre le mot célèbre d’Aimé Césaire, je dirais que le malheur de l’Afrique a été d’avoir rencontré la France en particulier et l’Occident, en général. Il était évident dès cet instant, que le bonheur de l’Afrique viendrait de sa séparation d’avec la France et l’Occident.
Le malheur, c’est la traite négrière et l’esclavage, c’est la colonisation et le régime de l’indigénat, la domination, l’exploitation, la spoliation, l’humiliation, pendant six siècles.
Sur une carte d’Afrique, en allant d’ouest en est, représentez Bamako, Ouagadougou et Niamey par des points. Reliez ensuite ces points par des segments de droite. Vous obtenez un triangle scalène : Bamako-Ouagadougou-Niamey-Bamako. Appelons cet espace : le triangle Baouni (terme formé par l’adjonction de la première syllabe des trois capitales).
En AES, dans le triangle Baouni, se déroule un mouvement qui changera la face du monde. La France et l’Occident l’ont bien compris, d’où leurs assauts incessants, mais vains, pour entraver les avancées de ce mouvement. Il reste aux Africains la Confédération des Etats du Sahel à prendre la véritable mesure de ce qui se joue chez eux, de comprendre la responsabilité historique qui leur incombe, la redistribution des cartes au niveau international, et les bouleversements géopolitiques qui s’opèrent sous leurs yeux.
La genèse de ce mouvement se trouve dans la rupture avec le passé esclavagiste, colonial et néocolonial, le rejet de toute forme de domination et d’asservissement, le refus de toutes exaction, spoliation et humiliation.
Ce mouvement génère de nouveaux paradigmes et de nouveaux schèmes de pensée, de nouvelles manières de faire et d’agir, inspirées de notre expérience existentielle, de notre culture et de notre histoire. Il nous investit d’une responsabilité suprême. Celle de n’avoir au-dessus de nous, aucune autorité que la nôtre, celle d’être maîtres chez nous, maîtres de nos biens et de nos richesses, maîtres de nos décisions et de notre destin.
Si ce mouvement est localisé au Sahel central, dans l’espace AES, il intéresse l’homme noir aux quatre coins du continent africain, et dans les diasporas africaines d’Amérique, d’Asie, d’Europe et de l’Océanie.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger constituent la seule région du monde où des Etats africains s’associent en une Confédération non seulement pour défendre la liberté, l’indépendance et la souveraineté de leur espace, mais aussi pour restaurer la dignité de l’homme noir.
Rien ni personne ne doit nous détourner de l’accomplissement de l’œuvre de rédemption au sens que lui donne Kwamé Nkrumah, c’est-à-dire de mission de libération politique, économique et mentale de l’Afrique.
Pour l’AES, pour l’indépendance, la souveraineté et la dignité de l’homme noir, marchons ensemble.
Farmo M.
