Dr Tahirou Hamidou, allergologue
Le stress au travail est un sujet de préoccupation croissante dans le monde professionnel. Il est souvent caractérisé par des réactions physiques et psychologiques face à une situation perçue comme dangereuse. Aujourd’hui, l’on constate de plus en plus de travailleurs qui craquent et se plaignent de pression constante qu’ils endurent face aux exigences modernes du travail, dans un environnement compétitif. Cette situation pèse énormément sur eux, provoquant ainsi des troubles psychologiques tels que l’anxiété ou l’irritabilité.
Le stress au travail est un enjeu majeur qui touche de nombreux employés et peut avoir des répercutions significatives sur leur bien-être et la productivité de l’entreprise. Il se définit comme une réponse physique et émotionnelle aux exigences d’un environnement professionnel qui dépasse les ressources ou les capacités de l’individu.
Selon Dr Tahirou Hamidou, allergologue à l’Hôpital Aminou Boubacar Diallo de Niamey, le stress au travail survient lorsqu’un employé perçoit un déséquilibre entre les exigences de son poste et les ressources du salarié. « Mais ce n’est pas seulement la charge du travail qui crée le stress, il y a également la perception que la personne a de la situation. C’est cette sensation de déséquilibre entre ce que le travail exige de nous et les moyens mis à disposition pour accomplir la tâche », fait-il savoir.
D’après Dr Tahirou Hamidou, les signes du stress lié au travail peuvent être de plusieurs ordres. « Parmi les signes physiques, il y a la fatigue, les maux de tête, les douleurs musculaires, les troubles du sommeil, les palpitations. Les signes psychologiques sont l’anxiété, l’irritabilité, le manque de concentration ou encore la démotivation. Il y a également des troubles comportementaux comme l’absentéisme, la baisse de performance, l’isolement, etc. » confie-t- il.
Concernant le diagnostic, le médecin souligne que le diagnostic est basé sur un entretien avec le patient. « Il faut aussi que son entourage, ses collègues arrivent à déceler ce signe de stress chez l’individu. Ensuite, il faudra organiser un entretien clinique avec l’utilisation des échelles d’évaluations pour voir quel est le niveau de stress chez l’individu et rechercher des signes du stress comme l’anxiété, l’irritabilité. De même, il faut rechercher des complications comme l’hypertension artérielle, puisque si le travailleur doit rester dans cet état de stress assez longtemps, il est évident que sa tension artérielle puisse se réveiller et bien d’autres signes encore », suggère-t-il.
A propos de la gestion et de la prise en charge des patients, le docteur Tahirou a indiqué que plusieurs méthodes sont conseillées dont l’organisation du travail, en hiérarchisant les tâches. « Il faut prioriser les tâches, donner l’importance aux tâches qui sont prioritaires, faire des pauses régulières. Il y a aussi des techniques de relaxation notamment la respiration, la méditation, faire des activités régulières comme le sport, et échanger avec les collègues », a-t-il expliqué.
Un soutien psychologique de la hiérarchie également est nécessaire pour une personne stressée, avec des thérapies comportementales et la psychothérapie. « Il existe des médicaments qui sont prescrits par les médecins, dont les anxiolytiques », a dit le médecin Tahirou Hamidou avant de prodiguer des conseils à l’endroit des travailleurs pour une bonne gestion de stress au travail. « Il faut qu’il y ait des bonnes conditions de travail, faire des formations thérapeutiques, de la motivation de la part des employeurs, améliorer les relations avec les collègues, de la communication », a-t-il proposé.
Hamsatou Gouzayé, journaliste en langue Hausa à la Radio et Télévision Ténéré (RTT), souligne que le stress domine le quotidien du journaliste et impacte sa manière de travailler. « Souvent, avec les problèmes familiaux quand j’arrive au travail, cela impacte mes performances. Ou lorsque mon enfant est malade et que je dois venir présenter le journal, au lieu de me concentrer, je suis distraite », dit-elle.
M. Marc Sylva Bikok, son collègue de travail, estime que le stress auquel les journalistes font face dans leur quotidien est extrême. Entre les fins de mois incertaines et les obligations familiales, l’esprit est perturbé par l’angoisse et la frustration. « Lorsqu’un journaliste est bien payé, il sera plutôt ponctuel et productif. Il faut également un service qui s’occupe du stress au travail, donner au travailleur un temps de repos, car le droit au congé n’est pas toujours respecté », réclame-t-il.
Aichatou Moumouni
(Stagiaire)
