Editorial : Engagement constant en faveur de la femme

Edito

Si la journée du 13 mai n’avait pas existé, il aurait fallu alors l’inventer pour honorer la femme nigérienne. Fort heureusement, cette journée particulière s’est matérialisée un jour du mois de Mai 1991 où la voix de la femme nigérienne a

retenti dans le ciel de Niamey pour répandre ses échos jusqu’aux portes de la Primature où les femmes de tous âges ont marché, à l’unisson et par un gigantesque cortège, pour exiger une meilleure représentation de la femme à la tribune de la Conférence Nationale Souveraine en pleine préparation. Cette journée méritait assurément d’être immortalisée. C’est ainsi que la Journée Nationale de la Femme a été instituée en souvenir de cet événement. Ne dit-on pas que ‘’ce que femme veut Dieu le veut’’ ?

Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, mais le

parcours est plutôt probant. En effet, que de décisions prises et d’actions entreprises en faveur de la promotion de la femme nigérienne. Il fallait d’abord commencer par combattre les injustices et les discriminations auxquelles était sujette la femme nigérienne.

Sur ce chantier faramineux, le Niger a dû ratifier plusieurs conventions internationales, mais aussi élaborer et adopter des stratégies nationales, toutes choses qui participent aux efforts de protection des droits de la femme. On peut citer, entre autres, la Convention relative à

l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) ; la convention relative aux droits des enfants (CDE), la loi du 07 juin 2000 instituant un système de quota dans les fonctions électives ainsi que  son décret

d’application du 21 février 2001; la Politique Nationale du Genre (PNG); le plan décennal de mise en œuvre de la PNG ; la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, la Stratégie nationale d’autonomisation de la femme; et un programme national de promotion du leadership féminin, etc.

S’y ajoutent ensuite des actions décisives s’inscrivant dans la manifestation d’une volonté politique affirmée de faire désormais de la femme nigérienne, non pas seulement une simple actrice, mais un véritable moteur du développement. C’est dans ce cadre qu’il faut saluer la construction des centres multifonctionnels pour les femmes dans certaines régions; les formations en leadership féminin, en entreprenariat et en genre; l’intégration du genre dans les politiques,

programmes et projets; le développement de l’entreprenariat féminin, à travers notamment un accès plus facile et plus conséquent des femmes aux crédits; la création de plusieurs institutions de micro-

finance; l’équipement des groupements féminins des 8 régions et de certains centres communautaires du pays en matériels; le renforcement des capacités des femmes à travers l’alphabétisation et leur structuration en groupements,

réseaux, unions et fédérations, etc. Et, comme par bonheur, il y a eu l’institutionnalisation du Salon de l’Artisanat pour la Femme (SAFEM), ensuite érigé en Salon International, le souci étant de mieux valoriser et les talents de la femme nigérienne excellant dans le domaine de l’artisanat et dans d’autres secteurs de la vie socio-culturelle et économique. A cela est venu s’ajouter l’organisation de foires agro-sylvo-pastorales qui traduit la volonté d’aller en avant dans les efforts d’autonomisation de la femme. Et à l’heure actuelle, d’autres espoirs s’affichent sur le cadran, avec l’élaboration du Plan d’Actions National sur l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité de Deuxième Génération 2020-2024 pour lequel des consultations sont en cours.

Aujourd’hui, soit plus 31 ans après, le résultat est là ! Des femmes s’affirment valablement aux commandes d’institutions de la République, de ministères et de directions rattachées, ainsi qu’à la tête de certains offices et sociétés d’Etat. Le secteur privé n’est pas en reste. Là, on ne compte plus le nombre des cheffes d’entreprises florissantes et des promotrices de structures émanant du domaine des initiatives privées. Dans le milieu rural, les femmes ne sont pas non plus restées à la traine. Aujourd’hui, à force d’abnégation dans les champs et sur les périmètres irrigués, dans l’élevage, l’agroalimentaire, le commerce, l’artisanat et autres activités génératrices de revenus, les femmes rurales détiennent l’essentiel du pouvoir financier du monde rural. Et c’est tout à leur honneur ! La locomotive de l’autonomisation de la femme est passée par là, et le moteur aborde le plein de son régime !

Cependant, loin de nous complaire d’une autosatisfaction béate, nous estimons que l’occasion de la célébration de cette journée est un podium idéal pour rappeler à l’esprit des décideurs d’autres grands défis qui attendent d’être relevés pour mettre la femme nigérienne dans la plénitude de ses droits et des conditions de son autonomisation. Le chemin est long et encore parsemé de quelques embuches. Il faut avancer avec plus de volonté et de conviction dans le respect du genre, soutenir davantage la femme pour l’aider à se réaliser par elle-même. C’est le cas de souligner toute l’importance d’organiser la filière de commercialisation des produits maraîchers, produits partout au Niger, en abondance par des braves femmes qui ont compris l’adage selon lequel ‘’l’homme doit vivre (et s’épanouir) à la sueur de son front’’ !

Par Rabiba  Aboubacar  Bouzou(onep)