EDITORIAL: Engagement pris, défi relevé !

Edito

Chose promise, chose due’’, dit
l’adage ! Le Président Mohamed
Bazoum aura tenu son grand pari
d’organiser la Fête tournante du 18
décembre à Diffa. Et en cette
journée mémorable du 18
décembre 2021, nous voilà dans la
légendaire capitale du Manga, au coeur des
festivités de ‘’Diffa N’Glaa’’. Faut-il le
rappeler utilement, ‘’Diffa N’Glaa’’ n’a pas
pu se tenir en 2020 pour un certain nombre
de raisons précises liées à la situation
sécuritaire, et sanitaire avec la pandémie
de la Covid-19, ainsi que pour des raisons
de calendrier avec notamment les
échéances électorales en approche.
Ces situations exceptionnelles avaient
profondément impacté les préparatifs de
l’édition 2020 ayant conduit à la décision
officielle de son report sine die. Le
Président de la République de l’époque,
Issoufou Mahamadou, avait, toutefois,
rassuré nos compatriotes de Diffa sur
l’organisation de cet événement dès que
les conditions seraient réunies pour cela.
Malheureusement pour le Président
sortant, cette fenêtre ne se fut jamais
présentée, car la situation sécuritaire et
sanitaire (COVID-19), ainsi que la
poursuite du processus électoral, n’avaient
jamais permis d’entrevoir une telle
occasion. Mais, ce ne fut que partie remise,
car, certainement, dans les dossiers de
passation entre le Président sortant et celui
investi, figurait celui de ‘’Diffa N’Glaa’’. Il
faudrait souligner à ce niveau que ‘’Diffa
N’Glaa’’ tenait beaucoup pour le Président
Issoufou Mahamadou qui désirait sans
doute terminer sa partition présidentielle
sur une bonne note d’ensemble, comme
celle de satisfaire au devoir d’équité envers
cette région administrative du Niger qui
était la seule à ne pas avoir bénéficié de
l’organisation de cet événement national
sous les deux quinquennats.
Le Président Issoufou aurait ardemment
souhaité cette apothéose pour boucler la
boucle, mais ‘’l’homme propose et Dieu
dispose’’, dit-on souvent ! Toutefois, pour
autant, le monde ne se fut pas arrêté là, ou
s’effondré non plus pour ce rendez-vous
républicain manqué en 2020, puisqu’entretemps,
la renaissance Acte III a pris la
relève.
Aujourd’hui, par la grâce d’Allah, la région
du Manga a été rétablie dans ses droits et
la Fête tournante du 18 décembre y est
célébrée, comme à l’accoutumée, avec les
différentes festivités prévues à cette
occasion. Le Président de la République,
Mohamed Bazoum, effectue le
déplacement sur Diffa, accompagné des
membres du Gouvernement, des
représentants du corps diplomatique
accrédité au Niger, des députés nationaux,
des chefs traditionnels et de plusieurs
invités nationaux et internationaux.
A quelque chose, malheur est bon, dit-on
souvent, car ce décalage temporel aura
permis aux organisateurs de parfaire leur
oeuvre dans de meilleures conditions. Ainsi,
à l’occasion de cette commémoration
nationale, la capitale du Manga, à l’instar
de ses consoeurs régionales, a fait peau
neuve par la construction d’importantes
infrastructures dans la ville qui ont
profondément changé le visage la région
de Chétima Ganga. Il faut souligner une
particularité concernant la région de Diffa,
qui fait d‘elle le Chef-lieu de région le plus
éloigné de la capitale, situé à l’Est, à plus
de 1.300 km de Niamey. Cet éloignement
géographique et l’état de la route
handicapent fortement cette région dans
ses efforts de désenclavement national.
Les autorités politiques actuelles entendent
corriger cela en la rendant plus accessible
et plus agréable à habiter, par
des investissements publics importants
en matière d’infrastructures socioéconomiques
et routières, car, ne l’oublions
pas, c’est dans cette région qu’est extrait
l’or noir (pétrole) depuis 2011. A ce titre, la
région devra profiter de cette faveur
géologique pour se moderniser et se
développer, comme toutes les autres
régions du Niger. A vrai dire, pendant
longtemps, l’on s’était demandé pourquoi
la région de Diffa se trouvait dans cette
situation anormale, alors même que le
Manga regorge d’importantes potentialités
(agricoles, halieutiques, pastorales et
minières) dont l’exploitation rationnelle
suffirait largement à la développer.
Des lueurs d’espoirs avaient été entrevues
dans cette direction, un moment, mais, très
vite, la dégradation de la situation
sécuritaire (Boko Haram) aura annihilé tous
ces efforts précédents. Cependant, le
Président Bazoum a pris l’engagement
solennel de ramener la paix et la sécurité
dans la région de Diffa, en particulier, et
dans toutes les parties du pays, en général.
En juillet 2021, après avoir relevé le défi de
réinstaller les habitants du village de
Baroua dans leur terroir d’attache qu’ils
avaient abandonné depuis près de six ans,
le Président Mohamed Bazoum a séjourné,
trois jours durant, dans le Manga, défiant
ainsi tous les risques supposés pour un tel
déplacement. En réalité le retour des
déplacés du village de Baroua constituait la
phase pilote d’une vaste opération qui s’est
ensuite étendue dans toute la région de
Diffa.
Les écoles, les centres de santé, les
services publics qui avaient fermé pendant
des années, étaient de retour dans cette
zone du bassin du Lac Tchad, où les
expéditions meurtrières de Boko Haram
avaient conduit aux déplacements des
populations civiles locales. Non seulement
ces populations ont été réinstallées, mais
en plus, elles ont pu également bénéficier
du soutien matériel et financier de l’Etat du
Niger, ainsi que de l’accompagnement
moral du Chef de l’Etat. Alors, pour
matérialiser davantage cette promesse
présidentielle, quoi de plus symbolique que
l’organisation de la Fête tournante du 18
décembre, afin de consacrer le retour
progressif à la normale dans la région de
Diffa ?
A l’occasion donc de la célébration du
soixante-troisième anniversaire de la
proclamation de la république du Niger, tout
le personnel de l’Office National d’Edition
et de Presse (ONEP) se joint à nous pour
souhaiter un joyeux anniversaire à toutes
et à tous les Nigériens.

Par Zakari Alzouma Coulibaly(onep)