Dans le cadre de l’entretien bilan entrepris il y a quelques semaines par les membres du gouvernement, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Adji Ali Salatou, était mercredi 17 juin 2026 sur le plateau de la Radio Télévision du Niger (RTN) pour faire le bilan des actions menées par son département ministériel depuis qu’il était à la tête de ce ministère. Au cours de ces échanges avec les journalistes, le ministre Adji Ali Salatou a évoqué les principales avancées enregistrées, les défis ainsi que les perspectives.
A l’entame de ses propos, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, M. Adji Ali Salatou, a fait l’état des lieux des différentes composantes de son portefeuille ministériel tout en relevant les défis et les enjeux qui y sont liés. Selon lui, ce département ministériel est chargé de concevoir et de mettre en œuvre toutes les politiques nationales relatives aux technologies de l’information et de la communication. Il couvre trois grandes composantes sectorielles, chacune avec ses réalités, ses défis et ses enjeux propres.
La première est la communication, qui recouvre les médias publics et privés ainsi que le cadre réglementaire de l’information puis le secteur postal ensuite celui des nouvelles technologies de l’information, très stratégique pour le développement endogène et durable du Niger.
En matière d’accès au numérique, le ministre en charge de la Communication a cité les résultats de l’Enquête nationale sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) 2025 qui mettent en évidence l’ampleur des disparités territoriales en matière d’accès au numérique. « En effet, si 64,9 % des ménages disposent d’un accès à Internet au niveau national, ce taux n’est que de 39,0 % dans la région de Diffa et de 48,3 % dans celle de Zinder. Ces écarts témoignent de la persistance d’une fracture numérique qui limite les opportunités de développement économique et social dans certaines parties du pays », a-t-il précisé.
M. Adji Ali Salatou a dit que ces trois composantes sont étroitement interdépendantes. « Une presse publique forte et crédible, des infrastructures et services numériques performants et résilients, ainsi qu’un service postal modernisé et accessible constituent ensemble les fondements d’un système national de communication efficace, capable de soutenir le développement économique et social, de renforcer la cohésion nationale et de préserver la souveraineté de l’État », a-t-il déclaré.
S’agissant des défis à relever, le ministre Adji Ali Salatou a dit que cette politique se repose sur quatre axes dont le premier concerne la réforme du cadre réglementaire et institutionnel, le deuxième porte sur le développement des infrastructures numériques et de la communication, le troisième axe sur la formation et au développement du capital humain et le quatrième axe vise la promotion d’un écosystème numérique national dynamique « Ces quatre axes s’inscrivent pleinement dans les orientations du Programme de la Refondation de la République (PRR 2025-2029), notamment son objectif visant à permettre aux acteurs économiques de bénéficier de services TIC de qualité, accessibles et compétitifs, afin d’accélérer la transformation structurelle de notre économie », a-t-il précisé.
Initiatives et réalisations enregistrées
Au cours de la période allant d’avril 2025 à avril 2026, ce département ministériel a enregistré des avancées significatives dans l’ensemble de ses domaines d’intervention. C’est ainsi que le ministre en charge de la Communication a expliqué que, sur le plan institutionnel et réglementaire, plusieurs réformes structurantes ont été engagées entre autres l’adoption des décrets portant création du Centre National de Cybersécurité (CNAC) et de l’Agence Nigérienne de Certification Électronique (ANCE) et la création et l’opérationnalisation de l’Observatoire National de la Communication (ONC).
Ensuite, sur le plan des infrastructures numériques et de communication, les réalisations majeurs portent sur la finalisation des travaux de l’axe Diffa–N’Guigmi-frontière Tchad de la Dorsale Transsaharienne à Fibre Optique, et la réception provisoire de l’ensemble des axes. Puis, dans le domaine des médias et de l’information, les progrès enregistrés sont également notables avec le démarrage effectif des émissions de la Radio AES sur 96,2 MHz depuis le 26 novembre 2025, le lancement de la TV AES en décembre 2025 et l’opérationnalisation des Centres Régionaux de l’Office National d’Édition et de Presse (ONEP) à Zinder et Tillabéri.
Au niveau des services postaux et de la transformation numérique, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information a assuré que les résultats obtenus traduisent une dynamique encourageante avec la réduction du tarif de retrait CCP Mobile qui passe de 2,5 % à 1,5 % au bénéfice des usagers. « Si cette dynamique se maintient, les projections indiquent que les recettes issues de ces activités pourraient atteindre au moins 600 000 000 FCFA sur l’année 2026, hors contributions des services CCP et CCP Mobile »a-t-il espéré.
En matière de formation et de développement des compétences, le ministre en charge de la Communication a dit que des efforts importants ont été consentis pour préparer la jeunesse aux métiers du numérique citant l’habilitation institutionnelle de l’ESCEP par l’Agence Nationale d’Assurance Qualité de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ANAQ-Sup), avec un taux de 88,37 % ainsi que la formation diplômante de plus 500 jeunes par an au niveau des deux établissements sous tutelle technique du MCNTI, ESCEP-Niger et ESSCOM.
Dans le cadre de la promotion des e-services dans les différentes sphères du développement socio-économique du Niger, M. Adji Ali Salatou a expliqué que le déploiement des e-services dans les secteurs sociaux de base constitue un objectif majeur inscrit dans la lettre de mission à lui confiée par le Président de la République, Chef de l’Etat. Il a aussi ajouté que les dispositions prises par le gouvernement à travers le Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information s’articulent autour de deux axes principaux à savoir la mise en place des préalables techniques, institutionnels et réglementaires indispensables au développement des services numériques et l’accompagnement des départements sectoriels dans l’élaboration de leurs stratégies de transformation numérique et dans l’identification des services susceptibles d’être dématérialisés au profit des citoyens.
En matière d’accompagnement des startups et autres porteurs de solutions numérique, le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information a également rappelé que l’accompagnement des startups et des porteurs de solutions numériques a constitué un axe important de l’action du ministère au cours de la période.
État des sociétés de téléphonie et de télécommunication
Conformément aux données fournies par l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et de la Poste (ARCEP), le ministre en charge de la Communication a indiqué que le secteur a poursuivi sa dynamique de croissance en 2025. « Le parc mobile a atteint 18,12 millions d’abonnés, portant le taux de pénétration de 63 % en 2024 à 64,29 % en 2025. Le nombre d’utilisateurs de l’internet mobile s’établit à 9,17 millions, soit un taux de pénétration de 33 %, en légère baisse d’un point par rapport à l’année précédente. Cette évolution met en évidence la nécessité de poursuivre les investissements et les actions visant à renforcer l’accès aux services numériques, à améliorer la qualité de service et à étendre davantage la couverture des réseaux sur l’ensemble du territoire national », a-t-il ajouté.
M. Adji Ali Salatou a également dit que le secteur confirme son rôle moteur dans la croissance nationale avec un chiffre d’affaires brut global de 317,46 milliards de FCFA en 2025 contre 298,96 milliards de FCFA en 2024, soit une progression de 18,5 milliards de FCFA correspondant à une hausse de 6,2 %. « L’enquête TIC 2025 réalisée auprès des usagers révèle par ailleurs une forte prédominance des opérateurs privés dans l’usage des cartes SIM par les personnes âgées de 15 ans et plus »a-t-il relevé.
Quant au processus d’installation de la Télévision Numérique Terrestre et le passage au tout numérique, le ministre Adji Ali Salatou a reconnu que le déploiement de la TNT a connu des avancées significatives au cours de la période, contribuant à accélérer le processus de transition vers la télévision numérique au Niger précisant que, selon les résultats de l’enquête TIC 2025, 74,4 % des ménages disposant d’un téléviseur reçoivent désormais les programmes via la TNT, ce qui confirme son rôle central dans la diffusion audiovisuelle nationale et dans la réussite du passage au tout numérique. Relativement aux radios communautaires, M. Adji Ali Salatou a expliqué aussi que l’enquête TIC 2025 montre que 22,8 % des ménages disposent d’un poste radio, avec de fortes disparités régionales : 39,4 % à Maradi contre 12,2 % à Agadez.
Au sujet de la désinformation, le ministre en charge de la Communication a rappelé que l’enquête TIC 2025 révèle que 39,3 % des individus utilisent WhatsApp au Niger, ce qui illustre l’importance prise par les plateformes numériques dans la diffusion de l’information et, par conséquent, les risques liés à la propagation de fausses informations. « Face à cette réalité, le Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, a engagé plusieurs actions dont l’élaboration d’une Stratégie nationale pour l’intégrité de l’information et la lutte contre la désinformation. Notre objectif est clair, faire de l’espace informationnel nigérien un espace de liberté, de responsabilité et de confiance », a-t-il indiqué.
Médias confédéraux et perspectives
Le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information a également rappelé que la Radio AES émet effectivement sur la fréquence 96,2 MHz depuis le 26 novembre 2025, la diffusion de l’AES TV a été lancée en décembre 2025 et la Télédiffusion du Niger assure le rôle d’organe diffuseur de ces chaînes sur le territoire nigérien.
Concernant l’agence de presse de la Confédération AES dont le siège est établi à Niamey, M. Adji Ali Salatou a indiqué qu’un Comité a été créé pour élaborer les textes juridiques et organisationnels y relatifs. Les travaux sont finalisés et les dispositions seront prises pour la mise en place effective dans les prochains mois.
Selon M. Adji Ali Salatou, au-delà du secteur des médias, la coopération au sein de l’AES s’étend à plusieurs domaines relevant de son département ministériel. « L’ensemble de ces initiatives illustre l’engagement résolu du Niger dans la construction des instruments communs de la Confédération AES et sa volonté de contribuer activement à l’émergence d’un espace sahélien intégré, souverain et tourné vers l’avenir », a-t-il également déclaré.
S’agissant des principales perspectives pour les prochains mois, le ministre en charge de la Communication a dit qu’elles portent sur la mise en service du Data Center national, la rétrocession officielle de la dorsale transsaharienne à fibre optique à Niger-Télécoms, l’adoption du décret portant approbation de la PNDN 2026-2035 et du PSDN 2026-2030, l’opérationnalisation des équipes et infrastructures en charge de la cybersécurité et de la certification électronique et la mise en place effective de l’agence de la presse de l’AES à Niamey.
Evoquant l’ambition de l’ONC, le ministre Adji Ali Salatou a précisé que cette institution a pour ambition de favoriser l’émergence de médias économiquement solides, éditorialement indépendants et techniquement performants. « Il s’agit également d’encourager la production de contenus nationaux capables de valoriser notre histoire, notre culture, notre jeunesse et nos ambitions de développement », a-t-il conclu.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
