Festival international Kel Tamasheq à Balleyara : La culture touarèg de Tagazar dans toute sa splendeur

Culture
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Balleyara, ville située à une centaine de km de Niamey, a la particularité d’avoir une forte communauté touareg. Mais, curieusement, au sein de laquelle l’on parle plus la langue zarma que le tamasheq. C’est en effet, à l’idée de mettre en lumière la culture touareg dans cette partie du Dallol qu’est organisé, du 8 au 9 janvier 2022, dans la localité, le Festival Kel Tamasheq, sous le signe de la coexistence pacifique et parenté à plaisanterie. Ainsi, à l’ouverture du festival, plusieurs troupes artistiques Gourmantché, Zarma et Touareg ont annoncé, de par leurs prestations, les couleurs de cette troisième édition qui réunit au chef-lieu du canton de Tagazar, les communautés de la région, après le Mali en 2016 et le Burkina Faso en 2019.

Cette rencontre culturelle internationale, à l’initiative de l’association Imarhane Intidit a pour vision l’unification, la culture de la cohésion sociale et la valorisation du patrimoine culturel des touaregs de la zone, dans le contexte sécuritaire.

Des milliers de festivaliers, à dos des chameaux, en véhicule et même à pied, sortaient de toutes les rues et convergent massivement vers le CES de Balleyara où sont installés, pour la circonstance des tentes nomades, des stands artisanaux, des bâches et des chaises pour le public à la cérémonie, et un podium en plein air. Des nombreux leaders traditionnels des cantons et groupements amis et voisins ont notamment fait le déplacement de Tagazar, à la tête de fortes délégations.

«Tagazar, c’est la cité de paix», a clamé l’honorable Alhassane Albadé, chef de canton hospitalier envers ses hôtes de marque, parmi lesquels le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’artisanat et le gouverneur de la région de Tillabéri. Il a affirmé que le festival est un grand événement pour la communauté Kel Tamasheq en particulier, dont il ressort l’identité culturelle dans la cohésion sociale. Selon le chef de canton, ladite communauté entretient la parenté à plaisanterie avec les gourmantchés, les songhaïs, les goubés, les gobirawa et presque toutes les autres ethnies du Niger. «Kel Tamasheq a alors, ici, aujourd’hui, à Balleyara, réuni ses cousins pour faire renaitre la

coexistence pacifique», indique l’honorable Alhassane Albadé. 

A cette occasion festive, il a été présenté, aux autorités et au public, la Croix de Tagazar qui ressemble plus à celle dite d’Agadez, en forme de peau de prière, mais avec un sabre signe de gloire.

Durant les deux jours de festivités les participants ont vécu sous les couleurs et dans l’ambiance de la riche culture tamasheq, dans un élan de solidarité et de brassage entre les communautés. Le Gouverneur de la région de Tillabéri a loué à juste titre l’organisation éclatante de l’événement centré sur «l’affirmation de soi» à travers l’identité culturelle. Il rappelle que la cohésion sociale est un vœu cher aux autorités de la 7ème République.

Le canton de Tagazar est composé essentiellement des touareg dont les jeunes surtout parlent peu le tamasheq. Le festival est principalement destiné à ses jeunes.

Mettre en lumière la culture Kel Tamasheq

Ce festival a été un véritable cadre d’expression et de promotion de la culture Kel Tamasheq, peu connue. Placé sous le thème « La cohésion sociale des communautés nomades et sédentaires à travers le voisinage pour une coexistence pacifique et une paix durable au Sahel », ce festival de portée internationale a enregistré la participation des communautés Kel Tamasheq et leur diaspora venues de plusieurs pays, notamment la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Soudan, le Ghana etc.

Lors cette rencontre culturelle, le président de l’Association Imarhane Intidit, M. Tahirou Abdalhif a rappelé que les objectifs recherchés à travers ce festival est de renforcer la cohésion sociale entre les communautés touareg, de faire ressortir l’apport de l’association Imarhane Intidit dans le cadre de la recherche de la paix et la sécurité en intensifiant les séances de sensibilisation des communautés, de revaloriser la culture Tamasheq, de lutter contre toute forme de discrimination humaine, de renforcer la langue Tamasheq, etc.

Le président de l’Association sollicite les dirigeants de l’Afrique de l’ouest, notamment ceux du Burkina Faso, du Mali et du Niger (où vivent des communautés Kel Tamasheq) à soutenir leur organisation dans sa noble mission de l’unité internationale de Kel Tamasheq de la sous-région afin de contribuer au développement, à la paix et à la sécurité.

Abdoul Aziz Ibrahim(onep) et Ismaël Chékaré(onep), Envoyés Spéciaux