Fin des travaux de la Conférence régionale sur les Médias et Voix de la Migration en Afrique de l’ouest et du Centre : Des recommandations pour une meilleure couverture médiatique de la migration irrégulière

Société

L’UNESCO, à travers son Bureau régional multisectoriel pour l’Afrique de l’Ouest, a organisé du 06 au 08 septembre 2022, en partenariat avec le Ministère de la Communication chargé des Relations avec les Institutions du Niger et la Coopération Italienne, une conférence régionale sur les Médias et Voix de la migration en Afrique de l’Ouest et du Centre. Après trois jours de travaux une déclaration dite ‘‘Déclaration de Niamey’’ a été rendue publique mais aussi un plan d’actions et des recommandations ont été élaborés.

Le mardi 06 septembre 2022, les parties prenantes au panel ministériel de cette conférence ont, dans la ‘‘Déclaration de Niamey’’, notamment réaffirmé leur volonté commune de lutter contre la désinformation et les mauvaises informations relatives à la migration. Ils ont aussi réaffirmé leur volonté de combattre la stigmatisation, la xénophobie, le racisme et les discours de haine et de violence à l’égard des personnes migrantes, conformément au droit international. Les participants à cette conférence ont également réitéré l’impérieuse nécessité, pour chacun de leurs Etats, de garantir et préserver le droit à l’information, y compris l’information vérifiée sur la migration, à travers l’adoption, le cas échéant, et l’application effective des lois conformes aux standards Internationaux.

Ils ont encouragé, à cet effet, les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre à améliorer la disponibilité et l’accès à l’information relative aux possibilités, risques et opportunités de mobilité humaine dans la région, ainsi que, les initiatives de lutte contre la migration irrégulière et de facilitation de la migration régulière menées dans le respect de la dignité humaine, de manière inclusive et favorisant la cohabitation pacifique entre les populations des pays de départ, de transit, ou de destination et les personnes migrantes. La ‘‘Déclaration de Niamey a, enfin, invité et encouragé l’UNESCO à multiplier les initiatives visant à accompagner ses Etats membres dans le renforcement de la viabilité des médias, maillon important dans la fourniture de l’information vérifiée sur la migration et soutiennent la présente Déclaration comme le résultat majeur de la Conférence régionale ‘‘Médias et voix de la migration en Afrique de l’Ouest et du Centre’’.

A la fin des travaux, les conférenciers ont formulé une quinzaine de recommandations aussi bien à l’endroit des Etats, des médias que des partenaires au développement. Ainsi, il a été notamment recommandé aux Etats d’adopter les lois sur l’accès à l’information, en conformité avec la loi type de l’Union Africaine et les standards internationaux et assuré leur application effective afin de garantir le droit à l’information. Il s’agit aussi de renforcer le dispositif des mécanismes de protection des journalistes notamment en rapport avec la production des contenus relatifs à la migration, de promouvoir des politiques et des mécanismes favorables au pluralisme, à la diversité et à la viabilité économique des médias, de poursuivre l’initiative de renforcement de capacités des professionnels des médias, en particulier sur le traitement de l’information relative à la migration.

Aux organisations et professionnels des médias, la conférence de Niamey recommande notamment l’amélioration du traitement des contenus relatifs à la migration, la diversification des narratifs, la déconstruction des stéréotypes, des préjugés et le respect des droits et la dignité des personnes migrantes. Il a été également recommandé de renforcer la production des contenus éditoriaux de qualité notamment en langues nationales ou locales, de renforcer les capacités des journalistes en fact-checking. Aux partenaires au développement, il a été recommandé de soutenir les renforcements de capacités des professionnels des médias, notamment des radios communautaires, de soutenir les initiatives nationales et régionales visant le renforcement de l’autonomie et la viabilité économiques des médias publics, privés et communautaires et d’appuyer les gouvernements et les sociétés civiles de la région en matière d’élaboration et de mise en œuvre des politiques, programmes et projets relatifs au renforcement du droit à l’information et à la liberté des médias. 

Mahamadou Diallo(onep)