Fin du forum sur la paix, la sécurité et la cohésion sociale à Agadez : Le Chef de l’État a mis les parties prenantes devant leurs responsabilités, en toute franchise et sans tabous

Société

Après deux jours de discussions, les assises du  forum sur la paix, la sécurité et la cohésion sociale à Agadez, organisées sous les auspices du Président de la République, Chef de l’État, M. Mohamed Bazoum, ont pris fin le 1er juillet dernier. Les discussions ont essentiellement porté sur les préoccupations majeures des populations, notamment  le  trafic transsaharien de drogue et sa consommation, le trafic d’armes, la question de l’orpaillage, et le banditisme.

Les communautés de l’Aïr, de l’Azawak, du Kawar et du Manga ont débattu des problèmes qui menacent la quiétude sociale tout en proposant des pistes de solutions avec le concours de toutes les parties prenantes. Le Président de la République, a en toute franchise, mis les autorités administratives, coutumières et les leaders d’opinons devant leurs responsabilités pour contribuer à garantir la paix et la sécurité.

Ainsi, à la clôture des assises, le Chef de l’État a déclaré, «pendant ces deux jours, nous avons eu un débat qui nous a permis de nous informer tous, et nous sortons de cette salle avec des idées tout à fait nouvelles, différentes des celles avec lesquelles nous sommes venus ici ». Il a ainsi émis le vœu qu’à partir de cet instant, les uns et les autres  auront le comportement souhaité au cours des différentes interventions. « Mon sentiment  après ces discussions, c’est que nous avons eu raison de penser qu’il y’avait lieu à ce que nous l’organisions dans un cadre comme celui-ci, un format comme celui qu’a revêtu notre rencontre qui aura mis ensemble des personnes de statuts différents, venus d’endroits différents porteurs de connaissances sous-tendues par des expériences différentes », a expliqué le Chef de l’État.

Ensuite, point par point, le Président Bazoum s’est exprimé sur les différents thèmes discutés en toute franchise et sans tabous. Ainsi, parlant du trafic des armes, le Chef de l’État a expliqué que l’insécurité qui sévit dans notre pays et dans la sous-région est alimentée par des armes qui, pour la plupart des temps viennent du sud de la Libye. «Nous nous sommes accordés sur le fait que ces armes sont transportées parfois sinon souvent par des nigériens qui relèvent des communautés qui sont fortement représentées à l’occasion de cette discussion et qu’il y’a beaucoup d’informations qui sont susceptibles d’être mises à la disposition de l’État pour que son action de combat contre le trafic des armes soit affinée », a dit le Chef de l’État. «Je voudrai me réjouir de ce à quoi nous nous sommes parvenus. Nous allons assurément  améliorer nos capacités de renseignement et de lutte  sur le plan opérationnel contre ce fléau », a-t-il ajouté.

Par rapport au trafic transsaharien de drogue, le Président Bazoum a clairement indiqué que l’État attend une forte implication des communautés pour avoir les meilleurs renseignements qui puissent permettre de mettre en œuvre de meilleures actions. « Je voudrai vraiment insister sur le fait que nous compterons sur vous, pour que les jeunes qui se sont connectés à ces activités d’interception notamment des trafics et de toute la violence autour du phénomène puissent être démobilisés», a-t-il dit avant de préciser que, «s’ils ne le sont pas de leur grès, nous sommes en droit de nous attendre aux renseignements qui nous permettent d’agir et d’avoir les mêmes résultats ».

S’agissant de la consommation de la drogue par les jeunes, plus précisément les jeunes filles, le Président de la République, en bon père de la Nation dit avoir écouté  les cris de cœur des femmes relativement à la prévalence du phénomène. En effet, a-t-il expliqué, la consommation de la drogue dans la ville d’Agadez qui affecte des personnes très jeunes surtout des filles et qui est quelque chose de tout à fait singulier compte tenu de son caractère de ville carrefour, où il y’a un véritable melting-pot culturel. « Pour y remédier, nous avons interpellé les Forces de sécurité intérieures et j’ai ordonné au gouverneur et à toutes les autorités de faire en sorte que ce phénomène soit bien traité et qu’il ait du mieux pour ces familles », rassuré le Chef de l’État.

En ce qui concerne la question de l’orpaillage, le Chef de l’État a souligné que les discussions étaient axées sur les défaillances de l’État du fait de ses faibles capacités de lutter contre le fait que cette activité soit surtout envahie par des étrangers qui prennent de la force et qui privent le Niger des ressources auxquelles l’État et les citoyens sont en droit de s’attendre de cette activité. À cet effet, il a indiqué  que les ministres concernés ont été très sensibles face aux remarques qui seront très instructives pour l’action qu’ils sont appelés  à mener  pour que l’orpaillage ne devienne pas une malédiction mais que l’exploitation de l’or soit une chance et une aubaine pour notre pays.

 À propos du phénomène du banditisme sur les routes, qui constitue un facteur de désagrément pour la vie et pour le sentiment de sécurité de façon générale, le Chef de l’État a dit : « là  également nous vous avons mis devant vos responsabilités comme à propos de la drogue, nous nous attendons à ce que les mécanismes de l’interaction de nos services avec les communautés et leurs représentants réunis dans cette salle, nous permettent d’accueillir de bons résultats et de réduire considérablement la prévalence de cette forme de violence qui est très nuisible à la réputation de la région et au bien-être des populations ». Il a aussi relevé que des instructions précises seront données face au phénomène. 

Enfin, le Président de la République, Chef de l’État, Mohamed Bazoum a fait remarquer que tout ce qui a été décidé à l’issue de ce forum ne se réalisera que dans un contexte de bonne gouvernance par laquelle, les autorités militaires et civiles cessent toutes les pratiques qui ont été dénoncées et donnent l’exemple par la vertu de leurs comportements. « Ce sont des choses auxquelles nous tenons », a-t-il averti.

Oumar Issoufou(onep),envoyé spécial