Tri et mise en tas des feuilles de moringa ...
Le moringa est un arbre tropical aux nombreuses vertus dont les feuilles occupent une place de choix dans la préparation de mets pour la rupture du jeûne. À chaque mois de Ramadan, les prix du moringa connaissent une flambée spectaculaire. La demande augmente considérablement, entraînant une montée en flèche des prix qui pèse aussi bien sur les vendeurs que sur les consommateurs.
Au petit marché de Niamey qui constitue l’un des espaces privilégiés du centre-ville pour la vente de la précieuse feuille de moringa, l’animation bat son plein dès l’aurore. Bien avant le lever du soleil, des dizaines de femmes convergent vers ce lieu mythique qui garde son nom malgré la disparition du marché depuis plusieurs année. Paniers sous le bras, sacs vides soigneusement pliés, foulards bien noués, elles viennent s’approvisionner en feuilles fraîches de moringa. Pour beaucoup de femmes il s’agit d’un passage obligé, presque un rituel, durant le mois de Ramadan.
Sur les étals du marché, les feuilles de moringa sont exposées de différentes manières : étalées sur des nattes, disposées dans des sacs ouverts ou présentées en petits tas soigneusement formés. Mme Gambi Hamidou, une mère de famille, s’approvisionne quotidiennement en moringa sur ce lieu de commerce à ciel ouvert. « Le Ramadan est une période particulière où l’alimentation revêt une importance capitale. Après de longues heures de jeûne, nous recherchons des aliments à la fois nourrissants, équilibrés et bénéfiques pour la santé. Le moringa répond parfaitement à nos attentes », a-t-elle.
A quelques mètres d’elle, Mme Aïssata Abdou est une autre habituée de ce lieu. Debout devant un étal de moringa, cette femme âgée inspecte attentivement les tas de feuilles de moringa avant de faire son choix. « Avant le Ramadan, nous achetons le moringa moins cher sur le marché. Aujourd’hui, nous ne reconnaissons plus les vendeurs : le moringa devient de plus en plus cher », a-t-elle confié, l’air médusé.
Toutefois, elle reconnaît que la hausse des prix complique la gestion du budget familial. « L’année dernière déjà, les prix des feuilles de moringa avaient connu une hausse vertigineuse. Cette année, on dirait que les prix ont encore augmenté plus vite. Avec 1 000 francs, on n’achète plus la même quantité qu’avant. Pourtant, on ne peut pas s’en passer du moringa pendant ce mois béni de Ramadan où l’organisme a besoin d’aliments nutritifs à la rupture », déplore-t-elle.
La loi de l’offre et de la demande est un principe universel. Lorsque les acheteurs (la demande) se multiplient et que la quantité disponible (l’offre) reste limitée, les prix des produits grimpent. C’est ce que confirme M. Ismaël Mahamadou, un commerçant renommé dans la vente de moringa en gros et en détail à Niamey. Selon lui, la cherté du produit ne dépend pas uniquement des détaillants. « Plus les jours avancent, plus les prix grimpent. Le coût d’un tas de feuilles de moringa peut doubler, voire tripler selon l’abondance et la fraîcheur. Dès le deuxième jour du mois béni de Ramadan, nous avons constaté une hausse de prix de 10 % », explique-t-il.

M. Ismaël Mahamadou précise que cette augmentation est déjà perceptible chez ses fournisseurs, dans le département de Balleyara. Il affirme que les prix varient selon la quantité souhaitée. « Nous vendons à partir de 500 francs CFA, et cela peut aller bien au-delà selon la quantité demandée », a-t-il ajouté. Il a par ailleurs précisé que le petit sac qui est vendu à seulement 2 000 francs CFA la veille du Ramadan est désormais proposé à 3 500 francs CFA ; le sac de 50 kg vendu à 6000 F est passé à 8000 F.
En dépit de la hausse du prix du moringa, la demande ne faiblit pas. Les familles sont prêtes à consentir des efforts financiers supplémentaires pour maintenir la qualité des repas servis à la rupture du jeûne.
Hafissatou Mounkaila (Stagiaire)
