Fati Mariko sur scène
Plus connue sous le nom de Fati-Mariko, Hadjia Fatimata Gandigui Mariko est une chanteuse et actrice nigérienne présente sur la scène musicale nigérienne depuis 1986. Elle s’est très vite imposée sur la scène culturelle avec un style ancré dans les traditions, pour encourager les Nigériens à préserver leurs valeurs et à éviter l’acculturation.
Son parcours commence grâce à son oncle Toroba, fondateur du Groupe Marhaba. Comme le groupe manquait de chanteuses, ils ont invité des filles du quartier à venir chanter, mais seule Fati-Mariko est restée après les répétitions. « J’ai continué comme seule femme du groupe, ce qui nous a permis d’enregistrer une première cassette à l’ORTN en 1987. Cette cassette a eu du succès et m’a valu le surnom Djana Djana », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, Fati-Mariko compte 39 ans de carrière, au moment où beaucoup de nombreuses femmes ont quitté la scène culturelle. Elle est mère de six enfants (dont deux décédés). L’un de ses enfants, Kitary, 29 ans, est connu à Niamey et s’impose dans la musique urbaine tout en poursuivant ses études. Fati-Mariko a produit plus d’une centaine de chansons dans plusieurs langues locales pour toucher tous les Nigériens.
Ses premières œuvres à savoir Djana Djana, Algo, Siria, Hima parlent d’amour, de paix, et du vivre-ensemble. Pour elle, la musique est un outil de cohésion sociale, un moyen de transmettre les valeurs et de préserver les traditions. Elle a parcouru toutes les régions du Niger ainsi que plusieurs pays pour promouvoir la culture nigérienne : Allemagne (Festival de musique africaine de Würzburg), Burkina Faso (Nuits atypiques de Koudougou), Sénégal, Mali, Bénin, Togo, Côte d’Ivoire, Guinée… « Dans la sous-région, c’est au Ghana seulement que je n’ai pas été », dit-elle avec fierté.
En cinéma, elle a représenté le Niger au Royaume-Uni lors du Girl Summit, grâce à un film réalisé avec Animas Sutura sur les violences faites aux femmes et les mutilations génitales féminines. Elle chante en français, zarma, haoussa, bambara et peulh, et reprend aussi des chansons du patrimoine, notamment une œuvre de Hamsatou Danté avec le groupe Takeda.
Parmi ses productions récentes, on retrouve Bayani, Birgna Foula, Bébé et la femme, des chansons traditionnelles qui rappellent les exploits des ancêtres. Elle privilégie les langues locales. « Chanter dans la langue de mon peuple est plus important que l’imitation», dit-elle.
Fati-Mariko mérite respect, soutien et reconnaissance. Elle porte la voix des femmes et contribue fortement à la valorisation de la culture nigérienne. Travaillant avec l’Orchestre Takeda au CFPM de Niamey, en collaboration avec de nombreux artistes comme Moussa Poussi, Adams Junior, Yacouba Denké Denké et John Sofakolé, Fati Mariko affirme collaborer avec toute personne qui la sollicite, car elle est convaincue que la culture nigérienne a besoin de l’union de tous.
Mahamadou Maïfada (Stagiaire)
