Des cadres d’accueil agréables
Quand une ville s’agrandit, ses infrastructures s’élargissent, les quartiers changent de rythme, des constructions se dressent, des lieux de loisir et de détente se dessinent. Des investisseurs et touristes y affluent et les affaires fleurissent. C’est dans cette dynamique qu’a émergé le secteur de l’hôtellerie dans la ville de Dosso, un carrefour important qui relie les régions du fleuve aux autres localités du pays et d’où transitaient, jusqu’avant la fermeture de la frontière avec le Benin, les marchandises en provenance ou en destination du port de Cotonou.
A Dosso, carrefour d’échanges économiques importants, l’hôtellerie s’est imposée comme une source de revenus pour la ville. Chaque séjour génère des taxes et des retombées pour l’économie locale à travers les emplois créés et la vente des produits agricoles et artisanaux du terroir. Parmi les hôtels de renom figure Galaxy Hôtel. Erigé graduellement depuis 14 ans avec une capacité d’accueil de 70 chambres dont 6 suites, 6 salles de réunion et un restaurant de grande capacité. Cet hôtel, grâce à ses commodités, offre un séjour agréable dans la cité des Djermakoye.

Cette infrastructure fait la fierté de son président directeur général, Bruno Fassinou, âgé de 70 ans. Chaque jour, en regardant ce joyau qui lui sert aujourd’hui de boussole, son cœur s’emballe de joie face à ces employés, ces pères de famille qui nourrissent d’autres personnes à travers Galaxy. « Quand je sors le matin, le simple fait de voir les clients en mouvement dans l’hôtel me remplit de joie », a-t-il dit, le visage marqué par la joie. Pour lui, l’emplacement de l’hôtel fait prospérer les affaires de beaucoup d’autres personnes, notamment les commerçants qui font de bons chiffres d’affaires lors des cérémonies et des séminaires. « Il y a une vendeuse de ‘’tigadigué’ qui m’a dit un jour avoir vendu 300 000 FCFA en une journée. Les bouchers, les vendeurs de poulets, de légumes, de gari, tous ont le sourire aux lèvres lors des rassemblements et cela fait plaisir », explique M Bruno qui explique que les clients principaux de son établissement sont les séminaristes des ONGs, projets et des ministères.
Bon an, mal an…
« Quand il n’y a pas d’activités, l’hôtel est au ralenti », a-t-il fait savoir. Les activités de l’hôtellerie évoluent de manière générale en dents de scie. Selon le PDG, il y’a des périodes de haut et de bas, surtout la période de la Covid 19 qui a fragilisé tous les secteurs de la vie. Les établissements d’hôtellerie étaient presque fermés et les charges étaient récurrentes car il faut payer l’impôt, les salaires, les fournisseurs, l’eau et l’électricité, la caisse, les prêts bancaires, etc. « Quelques années en arrière, les activités marchaient très bien. Ces périodes ont beaucoup impacté l’hôtellerie en général, et l’hôtel Galaxy en particulier. Pendant plusieurs années, on a ressenti les conséquences de la Covid 19 », confie le patron de Galaxy Hôtel de Dosso.
« Nous travaillons avec les ONGs et elles sont très exigeantes. Si vous ne faites pas la facture certifiée, vous ne pouvez même pas avoir l’attestation de régularité fiscale, et si vous ne l’avez pas, les projets ne vont même pas vous payer. Du coup, les impôts sont énormes », estime M. Bruno. Aussi, l’inflation qui touche les produits de première nécessité s’ajoute à l’équation. Du jour au lendemain, le prix de la boîte de tomates concentrées qui se vendait avant à vil prix, double son prix d’achat, l’huile, les pâtes alimentaires, la viande et autres provisions suivent la cadence. « L’Etat fait beaucoup avec les prix subventionnés, mais certains produits sont extrêmement chers. Or, il se trouve qu’on a déjà signé des conventions qu’on ne peut pas modifier tout de suite », rappelle le PDG de Galaxy Hôtel de Dosso.
Malgré la cherté des produits, le gérant garde les prix intacts ; chose qui n’est pas sans conséquence sur la gestion du bâtiment. Avec un effectif d’une soixantaine d’employés, la rémunération mensuelle coute très cher. « Au stade actuel, au niveau de l’hôtel, on a des arriérés de salaire pour le personnel. Heureusement, avec mes employés, on constitue une sorte de famille. Quand les choses marchaient, en plus de leurs salaires, à la fin de l’année, en décembre, je leur versais un 13è mois, accompagne des cérémonies, des cadeaux et ils n’ont pas oublié cela. Du coup, ils ont accepté beaucoup plus facilement les manquements qu’on va essayer de combler », a-t-il expliqué.
L’hôtellerie, a détaillé M. Bruno Fassinou, n’est pas une activité figée, mais une entreprise qui a besoin de rénovation pour émerveiller le client à chaque passage attirer plus de clientèle. Selon lui, certains clients passent au peigne fin tous les coins, et les objets de l’hôtel pour voir les changements. « Il faut changer les choses qui s’usent comme les draps, les serviettes, les split, etc. C’est cela l’hôtellerie, c’est surtout ça que je voudrais maintenir. En tenant compte des réalités locales, je fais des innovations (…) », se targue l’hôtelier.
Hôtel lumière d’Afrique, un établissement qui s’adapte aux réalités du secteur
Toujours à Dosso, sur la route de Doutchi, se trouve l’hôtel Lumière d’Afrique. Dirigé par Mlle Chafaatou Ibrahim, cet hôtel composé d’une réception, une salle de réunion de 75 places et environ 13 chambres accueille des personnes de passage et des couples sur présentation du certificat de mariage ou autre preuve qui prouve le lien de mariage. « Au début, j’étais dans la restauration. C’est par la suite que je me suis intéressé à l’hôtellerie », confie la promotrice.

Jour pour jour, cela fait trois ans que Mlle Chafaatou Ibrahim évolue dans l’hôtellerie. Ces principaux clients sont les particuliers, les ONGs, les projets et les institutions publiques. « Avant, nous étions tous le temps en mouvement. Les gens venaient, les projets nous sollicitaient, tout allait pour le mieux mais, aujourd’hui ce n’est pas le cas. Dans le temps, quand les choses marchaient, on ne peut même pas comptabiliser les activités mais ces derniers temps, c’est difficilement qu’on arrive à avoir des prestations », a-t-elle dit, la mine serrée.
Malgré la rareté des prestations, elle ne baisse pas les bras et jongle avec les recettes de la restauration de son cabinet Lumière d’Afrique pour assurer la rémunération mensuelle de ces 5 employés. « C’est le manque de client qui m’a poussé à ouvrir le cabinet de restauration. Avec un bon prix, les gens mangent à leur faim. Notre grande difficulté ce sont les taxes qui sont énormes, la rareté de clients et surtout la concurrence », a-t-elle expliqué.
Fatiyatou Inoussa (ONEP)
Envoyée Spéciale
