Le rappeur Sodomazo sur scène, à la 4è édition de Sarkin Waka
Plus connu sous le nom d’artiste Sadomazo, Issiyaka Maman Daré est un rappeur, auteur-interprète nigérien. Natif de Niamey, son aventure musicale a commencé en 2015, à la fada avec des amis du quartier. Avec ces derniers, il a créé le groupe Super Fantôme Crew. Le groupe a bénéficié du soutien de l’artiste Daré Dan Hajia (DDH), qui est son frère de sang. « Après notre premier clip, “Vitesse”, réalisé par DDH, le groupe s’est retrouvé à trois membres. Nous avons ensuite sorti un deuxième clip intitulé “Enfants de rue”. Malheureusement, des difficultés financières ont finalement entraîné la dissolution du groupe », a-t-il raconté avec tristesse.
Après son baccalauréat, Issiyaka Maman Daré avait pensé abandonner la musique pour trouver un emploi et assumer ses responsabilités. Cependant, il n’a pas réussi à tourner définitivement la page. Il a donc décidé de continuer, tant bien que mal, dans la musique. Au fil de ses freestyles, Dine Bazooka, un cimpagnon de fada qui connaît bien le milieu du showbiz, lui a proposé de devenir son manager. Il a finalement cédé l’opportunité à son ancien coéquipier Off Man, tout en continuant à jouer un rôle stratégique au sein de l’équipe.
Derrière Issiyaka Maman Daré, il y a donc toute une équipe, et chacun contribue à faire avancer le projet. Cela témoigne de la solidarité et de l’esprit d’équipe qui unissent les artistes. L’année précédente, l’artiste avait participé au concours Sarkin Waka, sans pour autant mettre la main sur le trophée convoité. Très vite, il a compris qu’il devait revenir plus fort, mieux préparé et surtout plus performant sur scène. Il a alors redoublé d’efforts et continué à tirer profit de cette expérience. Son engagement et sa détermination ont porté leurs fruits, puisqu’ils lui ont permis de remporter la victoire lors de la 4ᵉ édition du concours Sarkin Waka, en 2026. « Cette année, j’ai travaillé sérieusement, et ce n’est pas sans l’aide de toute l’équipe. La préparation n’a pas été facile. Nous avons travaillé, persévéré et fini par relever le défi ensemble », a-t-il déclaré. Sodomazo confie avoir choisi la musique urbaine parce qu’elle correspond à sa façon de voir et de vivre les choses. Pour lui, un artiste urbain n’est pas seulement quelqu’un qui raconte en chantant, c’est aussi une personne qui, à travers sa voix, peut contribuer à faire évoluer les mentalités.
Dans ses chansons, à travers un rap conscient, il explore des thèmes liés à la sensibilisation et à la dénonciation de certains faits. Il utilise également le son tonus pour s’imposer et donner de l’énergie, ainsi que des sonorités harmonieuses pour le show.
Parmi ses réalisations, Issiyaka Maman Daré accorde une attention particulière à son premier clip en solo, « Irga Drah Dan », qui a fait le buzz dans son quartier, ainsi qu’au featuring avec son frère DDH, intitulé « PAPA2ÇA ». Toutefois, il souligne que les problèmes financiers freinent l’évolution de la musique urbaine au Niger. « La majorité des jeunes artistes n’a pas de travail stable en dehors de la musique. Et avec cette dernière, nous ne recevons pas suffisamment d’invitations à de grandes cérémonies qui pourraient nous permettre de gagner quelque chose », déplore-t-il.
L’artiste reconnaît l’intérêt que l’État accorde à la musique urbaine et salue ses fans pour leur soutien et leurs encouragements. « Sans vous, je n’irai pas loin. Chaque fois que vous croyez en moi, vous me donnez davantage de force pour avancer et me surpasser », leur a-t-il lancé.
S’adressant aux jeunes artistes, Issiyaka Maman Daré leur conseille d’être disciplinés et de travailler durement, car chaque effort finit par porter ses fruits.
Zouladeini A. Razinatou (ONEP)
