Le gouverneur sur le chantier
Le gouverneur de la région de Zinder, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, a effectué le jeudi 27 août, une visite de suivi sur le chantier de construction du collège scientifique. Cette sortie intervient quelques semaines après une précédente visite effectuée sur le site avec la ministre en charge de l’Éducation nationale. Le constat dressé par les autorités régionales est préoccupant, au regard du retard accusé dans l’exécution des travaux. L’objectif était notamment de permettre l’ouverture du collège scientifique dès le 1er octobre 2026.
À l’issue de ce constat, le Colonel Massalatchi Mahaman Sani n’a pas caché sa déception face au faible niveau d’avancement enregistré par certains entrepreneurs. « Il y a un peu plus de trois semaines, nous étions ici avec madame la ministre en charge de l’Éducation. Après la visite du chantier, une réunion a été tenue avec les différents entrepreneurs qui avaient pris des engagements fermes. Nous sommes revenus aujourd’hui pour faire le suivi. Malheureusement, ce que nous constatons peut-être qualifié de désolant », a-t-il déclaré.
Selon le gouverneur, certains entrepreneurs n’ont enregistré qu’une progression d’environ 2 % en plus de trois semaines, tandis que l’entreprise la plus avancée affiche un taux d’exécution d’environ 54 %, alors que près de 82 % du délai contractuel a déjà été consommé. D’autres entreprises se situeraient autour de 23 % d’avancement. « Le plus performant est à environ 54 % pour un délai consommé de 82 %. Cela signifie qu’il faudra pratiquement encore le même délai pour achever les travaux. Les engagements pris n’ont donc pas été honorés », a déploré le gouverneur.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’État du Niger avait consenti d’importants efforts pour permettre à des entreprises nigériennes d’obtenir les marchés de construction de ces établissements. Selon le gouverneur, les partenaires ayant contribué à la réalisation des collèges scientifiques avaient initialement envisagé de mobiliser leurs propres artisans et ingénieurs, mais les autorités nigériennes avaient plaidé en faveur de la participation des entrepreneurs locaux.
Face aux retards constatés, les services techniques ont formulé plusieurs recommandations visant à accélérer les travaux. Il s’agit notamment d’augmenter considérablement la main-d’œuvre sur les différents sites et de mobiliser davantage de spécialistes, notamment des maçons, ferrailleurs, coffreurs et autres ouvriers qualifiés.
Le gouverneur a toutefois regretté que, malgré les moyens déjà mis à la disposition des entreprises, les mesures nécessaires n’aient pas été prises pour rattraper le retard. « Les recommandations sont claires : il faut multiplier la main-d’œuvre et faire venir les spécialistes nécessaires. Ces compétences existent et sont disponibles. Il faut maintenant prendre les dispositions qui s’imposent pour respecter les engagements pris », a-t-il insisté.
Le Colonel Massalatchi Mahaman Sani a également attiré l’attention sur les conséquences que pourrait entraîner le non-achèvement des travaux dans les délais prévus. Si les infrastructures ne sont pas réceptionnées à temps, l’État pourrait être contraint d’envisager des solutions alternatives, notamment la location de locaux pour accueillir les élèves. Dans ce cas, a-t-il averti, des mesures pourraient être prises afin de situer les responsabilités des entreprises défaillantes et d’examiner les conséquences financières liées au retard dans l’exécution des marchés.
À travers cette visite de suivi, le gouverneur de Zinder entend ainsi interpeller les entrepreneurs et les appeler à une mobilisation immédiate afin d’accélérer les travaux et de permettre à ce projet éducatif structurant pour la région de voir le jour dans les meilleurs délais.
Rabiou Dogo
ONEP-Zinder
