Le médecin Colonel-major Garba Hakimi
À l’instar de la communauté internationale, le Niger célèbre ce 28 juillet 2026, la journée mondiale de lutte contre les hépatites virales. Cette année, le thème choisi est : « Faisons tomber les barrières ». A la veille de cette journée, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le médecin Colonel-major Garba Hakimi, a livré un message.
Dans ce message, le ministre en charge de la Santé a réaffirmé l’engagement des autorités de la Refondation à poursuivre les efforts de lutte contre cette maladie en faisant du secteur de la santé l’une de leurs priorités. « Cette vision se traduit par une volonté affirmée de renforcer la prévention, le dépistage, le traitement et la lutte contre les hépatites virales à travers un leadership fort, une responsabilité accrue et une mobilisation adéquate des ressources locales pour atteindre les objectifs d’élimination à l’horizon fixé par la communauté internationale », a-t-il ajouté.
Le médecin Colonel-major Garba Hakimi a assuré que l’élimination des hépatites virales n’est pas une utopie, c’est possible grâce à un engagement soutenu à travers un financement national fiable qui permettra de mettre l’accent sur les interventions à fort impact, notamment la vaccination contre l’hépatite virale B à la naissance, le traitement prophylactique des femmes porteuses du virus de l’hépatite virale B et l’intensification du traitement de l’infection chronique par Hépatite B et de Hépatite virale C.
Le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique a estimé que chaque diagnostic manqué, chaque personne non dépistée et chaque infection non traitée due à une hépatite chronique B, peut coûter une vie qui aurait pu être sauvée. « J’en appelle donc à la mobilisation de l’ensemble des acteurs et des citoyens. Autorités administratives et coutumières, leaders religieux professionnels de santé, partenaires techniques, société civile et hommes des médias, faisons en sorte qu’aucun Nigérien ne souffre des hépatites virales faute d’information, de prévention, de dépistage ou de traitement », a-t-il exhorté.
Le ministre Garba Hakimi a rappelé que, depuis l’intégration des hépatites virales dans le Programme National de Lutte contre le Sida en 2018, plusieurs actions allant dans le sens de la lutte contre les hépatites ont été réalisées par l’Etat, notamment la disponibilité des médicaments, vaccins et tests de dépistage dans 27 sites pilotes de la stratégie triple élimination, la révision de certains documents normatifs de prévention et de prise en charge des hépatites virales. A cela s’ajoutent la formation des médecins sur la prise en charge des hépatites virales, la formation des sages-femmes sur la prévention de la transmission mère-enfant du virus de l’hépatite B et l’étude de séroprévalence de l’hépatite virale B chez la femme enceinte et chez les enfants de 0-5 ans.
Le médecin Colonel-major Garba Hakimi a fait observer que, malgré ces acquis très encourageants, beaucoup reste à faire. « Les hépatites demeurent insuffisamment connues, faiblement dépistées et encore très peu traitées souvent dues à la stigmatisation voire la discrimination des personnes porteuses du virus. C’est tout le sens du thème reconduit cette année « Faisons tomber les barrières » Ensemble, nous devons lever tous les obstacles qui empêchent chaque citoyen d’accéder à la prévention, au dépistage et au traitement », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que cette journée offre également l’occasion de rappeler les efforts consentis par l’Etat dans le cadre de la lutte contre les hépatites virales au Niger et d’appeler tous les acteurs intervenant dans le domaine à renforcer la sensibilisation. « Maladies silencieuses, les hépatites attaquent progressivement le foie, souvent sans signe apparent. A l’échelle mondiale, plus de 304 millions de personnes vivent avec une hépatite virale dont respectivement 254 millions avec l’hépatite virale B et 50 millions avec l’hépatite virale C», a-t-il expliqué.
Citant une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le médecin Colonel-major Garba Hakimi a précisé qu’en Afrique, l’hépatite virale B demeure l’une des formes les plus préoccupantes, avec plus de 150 millions de personnes touchées. « Cette situation est d’autant plus préoccupante car les enfants infectés dès la naissance présentent un risque élevé de développer une hépatite chronique, susceptible d’évoluer vers des complications graves telles que la cirrhose ou le cancer primitif du foie à l’âge adulte », a-t-il déclaré.
Abdoulaye Mamane (ONEP)
