L’air du temps : Ces trouble-fête de la circulation

L'air du temps

S’il y a une chose qui soulève une certaine unanimité chez les usagers de la circulation routière à Niamey, c’est en toute évidence, de reconnaitre que les vrais trouble-fête, ce sont les taxis ‘’tête rouge’’, les deux roues et, depuis quelques années, ces tricycles vrombissants qui, tous, pullulent dans les rues de la capitale. Mais, en réalité, ce n’est pas véritablement le vrai problème. Il  y a plus irritant que ça : les camions ! En effet, le véritable casse-tête des usagers de la route, c’est la présence remarquable, assidue et franchement fâcheuse des camions gros porteurs dans les rues de la ville, même aux heures de pointe. L’opinion nationale est encore sous le choc des images atroces venues de Zinder où une dame a été littéralement coupée en deux dans un accident impliquant un taxi tricycle de type ‘’adeydeyta’’  et un camion.

Un accident de plus (de trop !) qui vient prouver à quel point la cohabitation est difficile, voire dangereuse entre les camions et les piétons, les voitures et tous ces engins à deux et à trois roues. Il se trouve en effet, qu’en plus du fait que nos infrastructures routières, face à la croissance rapide du parc automobile, accusent de réelles insuffisantes pour permettre un bon drainage du trafic au sein de la capitale, certains conducteurs de camion en rajoutent au calvaire enduré par les usagers en brillant par leur désinvolture, à la limite du mépris. Il n’est pas rare de voir un de ces ‘’monstres de la route’’ chargés à ras bord débouler sur un carrefour pour y entamer des manœuvres tout aussi difficiles que périlleuses, bloquant ainsi la circulation des dizaines de minutes durant, provoquant derrière eux l’extension d’une longue file de véhicules et de motos en attente.

Mais le pire scenario, c’est de tomber nez à nez sur un de ces camions mal stationnés occupant une bonne partie de la chaussée, et sans le moindre signalement. Une telle pratique observée chez certains conducteurs insouciants est potentiellement dangereuse, en ce sens que, en plus de perturber le trafic, elle expose les autres usagers à un risque éventuel d’accident de la route.

Tout ceci pour dire que la confusion continue règne dans cette jungle de la circulation urbaine à Niamey où en dépit des mises en garde maintes fois renouvelées, les camionneurs continuent de prendre en otage les autres automobilistes.

Depuis des années qu’on se plaint de la circulation des camions au sein de la ville de Niamey, rien n’y fit. En dépit des textes élaborés pour l’interdire et des dispositions pratiques prises pour recevoir ces gros porteurs à certains points périphériques précis, le problème ne fait que redoubler d’ampleur, augmentant les risques de se faire écraser en pleine circulation par un de ces mastodontes. Comme quoi, les vieilles pratiques ont vraiment la vie dure dans notre pays. La question, c’est : est-il vraiment si difficile que çà d’empêcher une bonne fois pour toute à ces dangers publics ambulants de circuler et de stationner n’importe quand, n’importe où et n’importe comment dans nos villes et centres urbains ?

Assane Soumana(onep)