Aussi éloignés qu’il n’y parait, le conflit russo-ukrainien et le terrorisme au Sahel ont des connexions. De nombreux analystes les avaient établies même si certains cercles pro-occidentaux les avaient minimisées. Et pourtant, des faits et des preuves matériels ont prouvé cet état de fait. C’est le cas notamment de l’appui logistique apporté par l’Ukraine aux terroristes lors de l’attaque de Tinzawaten contre les Forces Armées Maliennes (FAMas) ou encore la présence des instructeurs et autres mercenaires ukrainiens dans le conflit meurtrier qui ravage depuis plusieurs années, dans le silence absolu, le Soudan.
Mais les preuves de ces connexions se perçoivent surtout à travers l’irritation que suscite, chez certains membres de l’OTAN, comme la France, toute tentative ou tout processus de recherche de paix entre la Russie et l’Ukraine. En effet, à chaque tentative, la France mobilise quelques pays européens pour saboter le processus.
L’objectif n’est nullement une quelconque souveraineté de l’Ukraine ou une hypothétique dignité du peuple ukrainien. Le but de la France, c’est de continuer à occuper la Russie par la guerre en Ukraine. Comme cela, Poutine n’aura pas le temps de se concentrer sur la lutte contre le terrorisme au Sahel. Un terrorisme consciemment alimenté pour compromettre le processus de souveraineté dans lequel se sont engagés les pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
En effet, la fin du conflit ukrainien pourrait permettre à la Russie de consacrer plus d’attention et de moyens à la lutte contre le terrorisme avec ses alliés de l’AES. Et la fin du terrorisme au Sahel enterrera définitivement l’espoir de la France de retrouver une quelconque influence en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Elle sera aussi synonyme de perte de ressources naturelles qu’elle a pris l’habitude de siphonner presque gratuitement avec la complicité de régimes politiques corrompus qu’elle installe et entretient.
C’est principalement pour cette raison que la France et ses alliés continuent à alimenter le conflit russo-ukrainien pour permettre à leurs proxys terroristes de torpiller le processus de libération des pays du Sahel. Cela parce que jusqu’alors les actions sournoises de déstabilisation à travers les tentatives de coup d’Etat, la désinformation, l’intoxication et la manipulation de quelques cercles pro-occidentaux ont échoué. L’unique voie qui s’offre est l’alliance avec les groupes terroristes.
Il est clair, et les pays de l’AES l’ont compris, la France n’a rien à offrir au Sahel, si ce n’est le pillage des ressources auquel elle a pris goût, d’une part, et d’autre part, le maintien de nos pays dans la pauvreté et la dépendance pour conserver son influence. Et c’est pourquoi, elle est allergique à l’arrivée de nouveaux acteurs surtout ceux qui proposent des partenariats gagnant-gagnant. On a vu les campagnes d’intoxication orchestrées contre la présence chinoise en Afrique et récemment celle de la Russie qu’on réduit à Wagner, présenté comme l’incarnation du diable.
Mais, les temps ont changé. Ces recettes ne produisent plus des résultats. Les Africains ont compris, et les partenaires non occidentaux ont fait leurs preuves, positivement. Désemparée, la France mise désormais sur le terrorisme pour revenir au Sahel. Reste à savoir si cela continuera à marcher parce que les éléments des groupes armés terroristes qu’elle mobilise et dont certains sont de la région ne savent même pas pourquoi ils combattent. Certains ont commencé à comprendre et à abandonner cette voie sans issue.
Siradji Sanda (ONEP)
