Comme annoncé par toutes les prévisions météorologiques, la saison des pluies, cette année, a été particulièrement clémente sur toute l’étendue du territoire national. La quantité d’eau que le ciel, dans son infinie magnanimité, a déversée, en ouvrant ses grosses vannes, sur nos champs, nos villages, nos hameaux et nos villes, est incommensurable. Certaines zones de notre pays ont enregistré en une seule journée des hauteurs de pluie jamais égalées. La mansuétude et la générosité divines se sont conjuguées quasi-quotidiennement pour fournir à nos terres assoiffées la manne céleste dont elles avaient besoin. Et cela dure depuis le mois de juin !
Même si on n’a pas connu le déluge comme les populations de l’époque de Noé, il faut reconnaître que dans bien de zones du Niger, on n’en était pas loin. Car, par endroit, les inondations consécutives aux grosses quantités de pluies tombées, ont entraîné des effondrements de maisons, des coupures de routes, tout en emportant animaux et cultures sur leur passage. Mais comme le jeu en valait la chandelle, les paysans des zones concernées ont fait contre mauvaise fortune bon cœur, en se focalisant sur les bienfaits qu’ils pourraient tirer de cette saison, et en mettant l’accent sur ce que la terre pourrait leur offrir de meilleur. A la vérité, ils ne s’y sont pas trompés ! Car depuis le début de ce mois de septembre, on observe sur certains étals des commerçants de la capitale une floraison de produits saisonniers comme le haricot vert, les courgettes, ou le woandzou, signe évident que les récoltes s’annoncent prometteuses.
Tous les voyants d’une bonne campagne agricole sont apparemment en train de se mettre au vert. Le ciel est assurément, une fois encore, avec les Nigériens ! Et comme l’année dernière où les excédents alimentaires enregistrés ont fortement impacté le quotidien de nos ménages, il est fort à parier que cette année aussi, qui s’annonce sur de meilleurs auspices, consacrera le retour définitif de la sérénité sur nos marchés agricoles. Car la bonne campagne agricole de l’année dernière, conjuguée aux efforts du gouvernement de la refondation, ont permis de repousser les limites de la « soudure » pour en faire une période normale. Forts de cette situation réconfortante ainsi créée, les paysans ont donc pu s’adonner avec ardeur à leurs travaux champêtres sans trop de stress. Si cette tendance vers l’embellie venait à se confirmer dans les prochaines semaines, on peut dire sans risque de se tromper que le spectre des années noires a définitivement quitté nos tropiques. Et ce serait tant mieux pour nous !
Oumarou Moussa (ONEP)
