Le sous-dépistage et la notification insuffisante des cas: Des grands défis dans la lutte contre la tuberculose

Société
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Une des anciennes   maladies infectieuses au monde, la tuberculose (TB) demeure aujourd’hui encore préoccupante du fait  du nombre élevé de cas et de  décès. C’est donc à raison que la communauté internationale a célébré, hier, 24 mars, l’édition 2022 de la journée internationale de lutte contre la tuberculose sous le thème : ‘’ Investir pour mettre fin à la tuberculose. Sauver des vies’’. Selon les spécialistes de la santé,  la tuberculose  « est aussi une maladie chronique, non immunisante qui sévit en mode endémique dans plusieurs pays et touche plus les hommes ». L’Asie du Sud-est et du Pacifique occidental enregistrent d’après certaines sources 56 % des cas et l’Afrique  25%.  La tuberculose tue en silence plus que la pandémie de la  COVID 19 qui, depuis le début  2020,  a provoqué des milliers de morts  à travers le monde. C’est ce qui ressort d’une rencontre virtuelle organisée par  le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (Remapsen) en République Démocratique du Congo. La RDC   est  en effet l’un des 10 pays qui supportent plus de 80% de la charge  mondiale de la tuberculose (2ème rang en Afrique et le 9ème dans le monde). La TB est dans ce pays, le premier facteur de mortalité chez les Personnes Vivant avec le VIH  (35% de décès Global report 2018).  Dr Nicole Anshambi Muzutie, coordonnateur provincial Lèpre et tuberculose de Kinshasa et Dr Papy Ndjibu Tshishikani, point focal tuberculose de EGPAF (Elizabeth Glaser Pediatric AIDS Foundation du même pays ont animé ce panel sur la prévention et la prise en charge de la tuberculose en période de la covid 19 en RDC.

Le premier panéliste, Dr Nicole Anshambi a expliqué que «La TB est une maladie infectieuse bactérienne causée par le complexe Mycobacterium tuberculosis (bacille de Koch ou BK). Elle se transmet d’une personne à 1 autre. Lorsqu’une personne atteinte de TB pulmonaire tousse, éternue ou rit, elle expulse dans l’air des minuscules particules contenant les BK (transmission directe) ».

Parlant de la covid 19, « elle  se transmet selon le coordonnateur provincial Lèpre et tuberculose de Kinshasa soit par contact direct avec une muqueuse (transmission directe), soit par contact avec une surface infectée par les muqueuses nasales, buccales ou conjonctivales (transmission indirecte) ». Dr Nicole a révélé des ressemblances  entre la tuberculose et la covid 19 par leur voie de transmission, leurs symptômes (la toux, la fièvre et la difficulté à respirer) et leur lieu de localisation principalement les poumons. Toutefois, la TB et la COVID 19 ont  aussi des différences selon Dr Nicole qui a  fait clairement ressortir que « l’émergence de la pandémie de la COVID 19 à Kinshasa à impacter négativement les performances du programme de lutte contre la tuberculose en 2020.  Elle a énuméré toutes les actions entreprises par son pays pour lutter contre la tuberculose pendant la période de la covid 19.  Dr Nicole estime que « la pérennisation des activités visant le maintien et  la continuité de la prise en charge de la TB  pourra  améliorer les performances de la lutte contre la tuberculose ».

Le second panéliste, Dr Papy Ndjibu Tshishikani, point focal tuberculose de EGPAF, a axé sa présentation sur la tuberculose pédiatrique en période de covid 19. Parlant de l’investigation des contacts par an, il a indiqué que la moyenne mensuelle par site est passée de 0,8 à 13,2 soit 1550% de taux d’accroissement.  Quant à la proportion des cas ayant terminé avec succès le traitement, elle est passé de 87% à 93% soit un taux d’accroissement de 7%.

Dr Papy Ndjibu s’est beaucoup appesanti sur l’expérience du projet CaP-TB (Catalyzing Pediatric Tuberculosis) dont l’objectif est de contribuer à la réduction de la morbidité et de la mortalité dues à la tuberculose pédiatrique ; améliorer la détection, le traitement et la prévention des cas de tuberculose pédiatrique ; produire des nouvelles évidences et des données coût-efficacité sur un nouveau modèle de soins pour la TB pédiatrique. Pour l’atteinte de ces objectifs, le projet a mené plusieurs actions dont notamment la réactivation et l’appui au fonctionnement du groupe de travail TB pédiatrique ; le renforcement des capacités des prestataires des CSDT sélectionnés en TB pédiatrique. Il a aussi travaillé pour l’amélioration de la disponibilité de l’énergie électrique pour les machines Xpert par l’installation des Kits solaires dans certains sites ; le renforcement des capacités des acteurs communautaires sur l’investigation des contacts, le transport d’échantillons et l’appui à l’adhérence au traitement ; l’introduction de la bithérapie 3RH dans la prise en charge de la TB Latente (les enfants contacts de moins de 5 ans). Convaincu du rôle important des médias dans la lutte contre la tuberculose, des activités  ont été mises en œuvre dont  la formation des professionnels des médias sur la tuberculose en général et la tuberculose pédiatrique et le plaidoyer en particulier. Aussi, il a été organisé des sessions de plaidoyer auprès des députés nationaux et responsables des départements sanitaires des hôpitaux des entreprises publiques(ANEP) et privées (FEC) ainsi que des confessions religieuses. Ce qui a permis la signature d’un certain nombre d’actes d’engagement notamment en faveur de l’augmentation du budget et de l’effectivité de la couverture santé universelle ainsi que la sensibilisation des populations pat les médias. En somme, la lutte contre la tuberculose en période de Covid 19 demeure une préoccupation partout en Afrique.

Par Fatouma Idé(onep)