M. Abdoul-Kadri Hassane
Chacun a sa manière d’apporter sa contribution au renforcement de la paix, à la cohésion sociale et au développement. Pour sa part, M. Abdoul-Kadri Hassane, né le 26 juillet 1970, a choisi de s’investir dans la marche. Surnommé « le marcheur national », il affiche un palmarès impressionnant, dont celui de sa marche sur 1 653 km parcourus à pied entre 1995 et 1996, suivant l’itinéraire Niamey–Ouagadougou–Bamako.
Aujourd’hui, M. Abdoul-Kadri Hassane a perdu une partie de ses capacités physiques à la suite d’un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), qui lui a paralysé un bras et une main. Il se déplace difficilement à l’aide d’une béquille. Malgré ce handicap, il continue de marcher pour la paix. Sa dernière marche remonte au 26 juillet 2025, où il a parcouru la distance entre l’Hôtel de Ville de Niamey et la Présidence de la République. Une courte distance certes, mais qu’il juge « très significative en termes d’engagement pour la promotion de la paix et du patriotisme ». Son plus grand rêve est de rencontrer le Président de la République, Chef de l’État, « juste pour 5 minutes ». La marche emblématique de M. Abdoul-Kadri Hassane sur une longue distance remonte à 1995. Il l’avait initiée le 1er novembre 1995, à la suite d’une médiation malienne entre le Président Mahamane Ousmane et son Premier ministre de l’époque, feu Hama Amadou, en conflit ouvert. La médiation, conduite par les autorités maliennes d’alors, avait permis une réconciliation.
« C’est pour marquer et célébrer cet esprit d’écoute et d’unité que j’ai décidé de marcher. J’ai fait cette marche pour remercier les autorités maliennes, notamment ATT, qui était venu à Niamey pour réconcilier Mahamane Ousmane et Hama Amadou. Je suis parti de Niamey le 1er novembre 1995, et je suis arrivé à Bamako au début de l’année 1996, à pied, totalisant près de 1 653 km », confie-t-il avec émotion. « J’ai été accueilli par ATT. Ils m’ont offert un billet d’avion Air Afrique pour rentrer à Niamey. Mais avant mon retour, Ibrahim Baré a fait son coup d’État. À mon arrivée, c’est le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdourahmane Seydou, qui est venu me chercher à l’aéroport. Il m’a conduit à la présidence, au cabinet du Président Baré. C’est une marche qui m’a beaucoup marqué », a témoigné le marcheur national.
Après cette première prouesse, il s’est fixé un nouvel objectif : marcher de Niamey jusqu’à Agadez à l’occasion de la Fête de la Concorde, pour soutenir l’initiative des autorités de l’époque visant à promouvoir la paix. Cette marche l’a conforté dans son rôle de « marcheur national », multipliant les initiatives et projets de marche à d’autres occasions.
« On avait quitté Niamey ensemble, malheureusement, mon collègue a été tué à Chétimari… »
L’une des marches les plus marquantes pour M. Abdoul-Kadri Hassane reste celle de Niamey à Diffa. Lors de cette aventure, son binôme Issaka Hamani a été tragiquement assassiné par des éléments de Boko Haram à Chétimari. « En 2021, je suis allé au ministère en charge de la Jeunesse où j’ai rencontré Issaka Hamani. On s’est entendu pour organiser une marche jusqu’à Diffa N’Gala. On a rédigé ensemble une demande d’autorisation. On a quitté Niamey à pied et marché ensemble jusqu’à Chétimari. Là, il m’a demandé si on pouvait faire une visite de courtoisie au chef de canton. Je lui ai dit non, qu’on devait continuer notre route. Il a alors décidé de prendre la déviation pour s’y rendre. Moi, j’ai poursuivi ma route. Malheureusement, il a été tué à Chétimari par Boko Haram », regrette-t-il avec émotion.
Malgré les épreuves et les difficultés, M. Abdoul-Kadri Hassane continue de marcher, désormais sur de petites distances. Il reste animé par la ferme conviction que la marche pour la paix est un moyen puissant de promouvoir la paix, la cohésion sociale et l’unité nationale.
Abdoul-Aziz Ibrahim (ONEP)
