M. Adam Mossi Bingui, Directeur Général de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Territoriales (ANFICT) : « L’Agence œuvre aux côtés des Collectivités Territoriales en leur apportant financement et accompagnement technique pour la réalisation des investissements… »

Invite de sahel dimanche

M le Directeur général, quel est le rôle que l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Territoriales joue auprès des acteurs et entités du système de la décentralisation au Niger ?

Merci de l’opportunité que vous m’offrez de parler de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Territoriales (ANFICT) dans le paysage de la décentration dans notre pays. Créée par la Loi-2008-38 du 10 juillet 2008, l’Agence Nationale de Financement des Collectivités Territoriales (ANFICT), est un organe pivot du dispositif de décentralisation au Niger. Elle est à cet effet investie de la mission de service public de mobilisation et de répartition des ressources aux Collectivités Territoriales à titre de subvention pour leur fonctionnement et pour la réalisation des investissements sous leur maitrise d’ouvrage et  en tenant compte de leur niveau de performance.

C’est donc un instrument qui permet à l’Etat de jouer pleinement son rôle de régulateur dans le domaine de la décentralisation en adéquation aux dispositions des articles 164 et 165 de la Constitution du 25 Novembre 2010 qui disposent que ‘’l’Etat veille au développement harmonieux de toutes les collectivités territoriales sur la base de la solidarité nationale, des potentialités régionales et de l’équilibre interrégional’’. A cet effet, l’ANFICT est appelée à assurer la péréquation des ressources nationales et des financements extérieurs qui lui sont confiés et à appuyer les Collectivités Territoriales dans la promotion et le développement de services publics de proximité…

Par ailleurs dois-je le rappeler, l’ANFICT est née au terme d’un large consensus de l’ensemble des acteurs de la décentralisation sur la nécessité de doter l’Etat d’un dispositif unique, pérenne, de statut public, subventionnaire, ouvert à l’ensemble des collectivités qui sera abondé et par le budget de l’Etat et par les aides des partenaires techniques et financiers. 

C’est donc, un organe fédérateur qui allie la satisfaction des besoins des Collectivités Territoriales en terme de financement et ceux des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers qui accompagnent le processus de décentralisation au Niger.

L’ANFICT œuvre ainsi aux côtés des Collectivités Territoriales en leur apportant financement et accompagnement technique dans le cadre de la mise en œuvre des investissements.    

Est-ce que les animateurs des collectivités territoriales perçoivent bien la présence de l’ANFICT? Bénéficient-ils de ses appuis ? 

Les premiers partenaires directs de l’ANFICT restent incontestablement les animateurs des Collectivités Territoriales qui sont constamment en rapport avec nos services, en particulier avec le niveau régional.  Faut-il le noter, nous sommes présents dans les huit (8) régions du pays et partout les exécutifs des Collectivités collaborent positivement avec nos représentants qui leur apportent appui-conseil et encadrement.

A ce titre, les échos qui nous parviennent témoignent de l’internalisation de l’outil ANFICT dans le langage et le vécu quotidien des Collectivités Territoriales en ce sens que nous avons consacrés nos représentations comme étant les ‘’Maisons des Collectivités ‘’.

Des réflexions sont déjà en cours pour aménager des espaces aux seins des directions régionales pour mieux accueillir et offrir le service d’accompagnement de proximité. Cela est entrepris après le renforcement des capacités humaines et logistiques de l’Agence, le tout pour être plus présent et plus utile aux Collectivités Territoriales de notre pays pour lesquelles l’Agence est créée.

Lors de la session tripartite maires-ministres-partenaires au développement au sommet Africités à Kisumu(Kenya) auquel vous avez participé, les élus locaux africains ont insisté sur la nécessité des transferts des compétences et surtout des ressources. Monsieur le directeur général, que fait l’ANFICT au Niger concernant ces préoccupations ?

L’ANFICT joue sa partition « de force de propositions », dans le cadre de la mobilisation de ressources en faveur des Collectivités territoriales ‘’. Les efforts entrepris sont de plusieurs ordres. On peut noter les actions de plaidoyer au niveau National en lien avec les faitières des Collectivités Territoriales notamment l’Association des Municipalités du Niger (AMN) et l’Association des Régions du Niger (ARENI). Dans cet ordre d’idée nous avons été reçus par «le premier magistrat du pays’’, son excellence Monsieur Mohamed Bazoum, Président de la République, Chef de l’Etat qui a affirmé sa ferme volonté d’accompagner le processus de décentralisation avec un volume de financement conséquent à l’instar des autres pays de la sous-région et même de la Région Afrique. 

Parlant de la Région Afrique, vous avez bien fait d’évoquer les Africités…L’ANFICT est membre du Réseau des Institution Africaines de Financement des Collectivités Locales ‘’RIAFCO’’ dont nous avons l’insigne honneur d’assurer la vice-présidence. Je peux affirmer que ces instances régionales constituent des véritables cadres de plaidoyer et de mobilisation des ressources au profit des Collectivités de notre pays.

Puisqu’il est question de financements, est ce que l’ANFICT a les moyens de sa mission ?

L’ANFICT est un instrument de l’Etat comme je l’affirmais plus haut, et pour ce faire, l’Etat en créant cette institution, l’a dotée des moyens juridiques pour lui permettre d’accomplir sa mission de financement des Collectivités Territoriales.

A cet effet, la flexibilité du dispositif et la gamme des ressources qui lui sont confiées constituent assurément des atouts pour cette institution. Il revient aux animateurs de ce dispositif que nous sommes de donner tous le contenu nécessaire à ces dispositions réglementaires pour pouvoir contribuer efficacement à la mission à elle confiée.

Néanmoins, après plus d’une décennie de mise œuvre certaines insuffisances sont apparues, ce qui a conduit l’ANFICT et ses partenaires à engager un processus de relecture des textes fondamentaux de l’Agence. Un des objectifs poursuivis à travers cette révision est d’accroitre les ressources et les possibilités de financement.

En tant que responsable d’un dispositif clé du système de la décentralisation, quelles appréciations portez-vous sur ce processus au Niger ?

Le processus de décentralisation est dans une dynamique qui laisse entrevoir beaucoup d’espoir pour notre pays. Nous avons d’une part des pouvoirs publics très engagés et d’autre part des Collectivités Territoriales qui s’affirment de plus en plus dans le paysage.

Ce contexte est marqué également par le processus de transfert des compétences et des ressources qui se trouve à un niveau très avancé et pour lesquels mon institution travaille d’arrache pieds pour offrir aux différents ministères sectoriels son offre de service pour la matérialisation financière de ce transfert.

D’ores et déjà, l’Agence joue un rôle de premier plan dans le cadre de transfert des compétences et des ressources dans le domaine de l’éducation à travers le Fonds Commun Sectoriel de l’Education (FCSE). Ainsi, l’ANFICT accompagne les Collectivités Territoriales dans la réalisation des infrastructures scolaires, les équipements et les subventions aux structures décentralisées des établissements scolaires et cela depuis 2018.

Par souley Moutari(onep)