La slameuse Roufaida, lors d’une de ses prestations
Âgée de vingt-deux (22) ans, Maman Bassirou Inoussa Roufaida est étudiante en troisième année de licence en ouvrages hydrauliques et assainissement à l’Université Dan Dicko Dankoulodo de Maradi. Souriante et passionnée, elle se distingue par son intelligence, sa créativité et son talent pour manier les mots afin d’exprimer, avec profondeur et sensibilité, ses pensées et ses émotions.
Passionnée d’écriture, la jeune femme a embrassé le slam il y a trois ans, lors de son entrée à l’université. Sur scène, grâce à sa voix mélodieuse et imposante, elle captive l’attention et les regards des spectateurs. Bien plus qu’une passion ou un rêve d’enfance, Mme Roufaida s’est mise à déclamer son profond ressenti sur les conseils de son médecin. Elle a raconté qu’à une époque de sa vie, elle était tombée dans la dépression et que le slam avait été son refuge et son calmant pour canaliser les ondes négatives qui assaillaient son cœur.
« C’est une manière pour moi de me libérer. J’ai été souffrante à un moment donné, j’ai accumulé les choses dans mon cœur et dans ma tête. Du coup, je faisais des crises », a-t-elle révélé.
Ainsi, s’inspirant d’artistes comme Jhonel et Altesse, la jeune Roufaida, après avoir montré son enthousiasme pour la culture, a été accueillie et soutenue par d’autres étudiants de la commission culturelle, qui lui ont permis, petit à petit, de s’affirmer et de s’imposer comme l’une des meilleures slameuses de l’Université Dan Dicko Dankoulodo de Maradi.
Dans ce cadre, elle a représenté son université aux Jeux universitaires en 2025 et en 2026, où elle a brillamment remporté la première et la deuxième place dans sa catégorie. Dans ses prestations, l’artiste interpelle, sensibilise et conscientise la jeunesse en l’appelant au travail et à l’amour de sa patrie.
Par ailleurs, la jeune artiste garde en mémoire les moments où elle a eu le privilège de se produire devant le Président de la République, lors de sa tournée de proximité et à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre à Kouroungoussoua.
« J’ai un sentiment de satisfaction, parce que j’étais la seule artiste que le président a accepté d’écouter le jour de son discours à l’arène. Après, j’ai demandé une photo avec le président, il a accepté aussi. Cela montre que le président est prêt à soutenir les jeunes, surtout les étudiants, et cela m’a fait beaucoup plaisir. Ça m’a marquée », a-t-elle affirmé fièrement.
Hamissou Yahaya (ONEP)
