Des sacs de 100 kg de céréales exposés sur un marché
L’abondance de l’offre dans les principaux bassins de production, alimentée par l’arrivée progressive des premières récoltes et le déstockage commercial, continuent de peser sur la baisse des prix. Cette dynamique est renforcée par l’intensification des ventes à prix modéré ainsi que par les distributions gratuites ciblées qui accroissent la disponibilité au niveau des ménages, tout en réduisant la demande sur les marchés.
Le bulletin hebdomadaire des céréales n°817 du mercredi 24 au mardi 30 septembre 2025 relève que les prix enregistrent un recul de 3% pour le mil et le sorgho, de 4% pour le maïs, et globalement une stabilité pour le riz importé. En comparaison annuelle, il apparait une inflexion significative de la conjoncture marquée par des baisses d’une ampleur inhabituelle : -31% pour le mil, -43% pour le sorgho, -38% pour le maïs et -27% pour le riz importé. Cette contraction exceptionnelle, traduit à la fois la générosité des récoltes nationales et régionales, et l’efficacité d’une gestion proactive des stocks, qui a permis d’anticiper et d’atténuer les tensions habituellement observées en période de soudure.
Par rapport à la moyenne quinquennale (2020–2024), l’analyse confirme sous l’effet durable d’une offre excédentaire conjuguée à un encadrement plus efficace des marchés, une détente notable des prix des principales céréales : -20% pour le mil, -26% pour le sorgho et -24% pour le maïs. Le riz importé, en baisse plus modérée de 2%, demeure quant à lui davantage influencé par les facteurs extérieurs, notamment l’évolution des cours mondiaux et les coûts d’importation, peu sensibles aux excédents internes.
Cette fois encore, précise le bulletin, le marché du mil reste orienté dans la même dynamique observée les précédentes semaines. Le prix moyen national du sac de 100 kg a reculé de 21 899 FCFA à 21 320 FCFA, soit une baisse de 3%. Cette évolution s’explique par un double effet : d’une part, le ralentissement de la demande sur plusieurs marchés lié à la disponibilité de la nouvelle récolte chez certains ménages, et d’autre part, le renforcement de l’offre grâce aux opérations de déstockage menées aussi bien par l’Office des Produits Vivriers du Niger (OPVN) que par les commerçants. En glissement annuel, les consommateurs bénéficient d’une baisse spectaculaire de -31% par rapport à la même période de 2024.
Par ailleurs, la comparaison avec la moyenne quinquennale (2020–2024) confirme le caractère structurel de cette détente en 2025, avec un repli de -20%. Ces tendances, traduisent l’effet combiné d’une campagne agricole abondante et d’une gestion rigoureuse des disponibilités, qui ont permis de contenir les tensions inflationnistes habituellement constatées sur ce produit stratégique. L’analyse spatiale révèle, toutefois, d’importantes disparités régionales. Dans certaines zones de forte production comme Gabi, l’abondance des récoltes a entraîné un effondrement historique des prix, le sac de 100 kg se négociant à seulement 13 000 FCFA. A l’inverse, dans la commune d’Iferouāne, en zone désertique difficile d’accès, les contraintes logistiques maintiennent des prix particulièrement élevés, atteignant 38 000 FCFA pour la même quantité. A Niamey, les marchés suivis affichent une baisse plus modérée de 2% en moyenne, avec un prix du sac de 100 kg oscillant entre 21.000 et 23 000 FCFA selon les variétés et les points de vente.
D’après ce document, les transactions relatives au sorgho restent alignées sur la tendance du marché du mil. Le prix moyen national du sac de 100 kg, précédemment établi à 20 214 FCFA, descend à 19 546 FCFA, soit une régression de -3%. Ce recul résulte d’une offre excédentaire, alimentée par les opérations de déstockage des commerçants et une bonne disponibilité locale. A cela s’ajoutent les opérations d’assistance alimentaire, notamment les ventes à prix modéré, qui ont contribué à réduire la pression sur les marchés.
En glissement annuel, selon toujours la même source, les prix du sorgho affichent une baisse spectaculaire de 43% par rapport à la même période de 2024. Une évolution rarement observée qui améliore sensiblement le pouvoir d’achat des ménages. La comparaison avec la moyenne quinquennale (2020–2024) confirme également cette tendance structurelle, avec un repli de 26%. Ces indicateurs montrent que l’année 2025 se distingue par un environnement de marché particulièrement favorable aux consommateurs, grâce à l’excédent d’offre et à une régulation plus maîtrisée des flux. L’analyse spatiale met néanmoins en lumière d’importantes disparités régionales. Dans les zones excédentaires, notamment à N’Guelkolo, les prix atteignent un plancher inédit de 10 769 FCFA le sac, reflet d’une abondance exceptionnelle. Toutefois, il s’agit d’une variété moins prisée pour la consommation humaine, davantage orientée vers l’embouche animale, ce qui explique ce niveau historiquement bas.
A l’opposé, dans les zones enclavées et structurellement déficitaires comme Arlit, le sac de sorgho se négocie à 31 111 FCFA. A Niamey, les marchés suivis ont présenté une tendance relativement stable, avec des prix oscillants entre 20 000 et 21 000 FCFA le sac selon les points de vente.
Le bulletin hebdomadaire des céréales n°817 observe que cette semaine, à l’instar des autres céréales locales, le marché du maïs poursuit sa tendance baissière. Le prix moyen national du sac de 100 kg est passé de 20 914 FCFA à 20 019 FCFA, soit une baisse hebdomadaire de 4%. Ce recul s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs favorables : la poursuite du déstockage commercial, les ventes à prix modéré et la bonne disponibilité issue des zones de production qui assurent un approvisionnement abondant des marchés.
En glissement annuel, poursuit le document, l’évolution est remarquable, car le prix du maïs affiche une chute de 38% par rapport à la même période en 2024. Cette situation exceptionnelle reflète non seulement l’effet d’une offre excédentaire, mais aussi celui d’un environnement commercial plus apaisé. La comparaison avec la moyenne quinquennale (2020–2024) confirme cette tendance structurelle, avec un repli de 24%. Toutefois, l’analyse spatiale révèle de fortes disparités régionales. Dans certaines zones bien intégrées aux échanges transfrontaliers et bénéficiant d’arrivages réguliers, les prix atteignent des niveaux planchers. A Guillagué, par exemple, le sac de 100 kg se négocie autour de 14 500 FCFA, reflet d’une abondance locale et d’une intégration commerciale fluide.
A l’opposé, sur le marché de Karofane, le prix culmine à 32 000 FCFA. A Niamey, la tendance rejoint celle observée au niveau national (-4% par rapport à la semaine précédente). Le sac de 100 kg s’échange entre 16.500 et 18 000 FCFA selon la provenance et la qualité, confirmant une offre relativement abondante et diversifiée qui contribue à contenir les prix dans la capitale.
A la différence des prix moyens des céréales locales, indique le bulletin de la semaine n°39, celui du sac de 25 kg du riz importé n’a pas connu de variation notable pouvant affecter la tendance globale. De 12 158 FCFA, il est resté à 12 112 FCFA. Cette situation, témoigne de l’efficacité des dispositifs de gestion des approvisionnements, rendus possibles grâce à un circuit commercial structuré et étroitement encadré par les autorités. Ce cadre organisationnel a permis de sécuriser les flux logistiques, d’atténuer l’impact de la hausse des coûts de transport internationaux et de garantir une certaine continuité dans l’offre, contribuant à préserver le pouvoir d’achat des ménages consommateurs.
En glissement annuel, ajoute SIMA, une diminution plus significative de (-27%) est observée par rapport à la même période de 2024 traduisant à la fois une amélioration des conditions d’importation, une concurrence accrue entre opérateurs commerciaux et une demande en léger recul. S’agissant de la baisse de la demande, elle est influencée par l’adaptation progressive des habitudes alimentaires des ménages dans un contexte économique contraignant, où le recours aux céréales locales moins coûteuses tend à s’accentuer. Comparée à la moyenne quinquennale (2020–2024), l’évolution du prix du riz importé reste néanmoins limitée, avec un repli modéré de -2%. Ce différentiel confirme que, contrairement aux céréales locales fortement impactées par l’abondance des récoltes, le riz demeure tributaire des fluctuations extérieures et des coûts d’importation. L’analyse spatiale met en évidence des disparités notables : le prix du sac de 25 kg varie entre 10 500 et 15 000 FCFA selon les zones, traduisant des écarts liés à l’accessibilité des marchés, aux coûts de transport et aux circuits d’approvisionnement. A Niamey, la tendance est tout à fait contraire à l’évolution nationale, avec une légère baisse de -1% cette semaine. Le sac de 25 kg s’y négocie actuellement à 11 500 FCFA sur tous les marchés. Cette évolution, témoigne d’un approvisionnement urbain bien régulé et d’une relative maîtrise des prix, favorable aux ménages urbains dans un contexte économique marqué par de fortes pressions sur les dépenses alimentaires.
Farida. A. Ibrahim (ONEP)
(Source SIMA)
