Mme Nafissatou Idé Sadou
Première candidature nigérienne depuis la création du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), Mme Nafissatou Idé Sadou représentera le Niger à l’élection de douze membres, prévue le 26 juin 2026 au siège de l’ONU, à New York, lors de la 24è réunion des États parties à la Convention. A l’issue d’un processus de sélection nationale conduit par un comité désigné par arrêté ministériel N°0037/MJ/DH/SG/DGDH/PJJ/AS du 24 février 2026 et siégeant au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, la directrice exécutive de l’ONG FAD a été retenue parmi six candidatures.
Cette candidature s’inscrit dans une dynamique de valorisation de l’engagement du Niger en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes et du renforcement du leadership féminin aux niveaux national et international. Pour le pays, elle représente une opportunité stratégique de renforcer sa visibilité et son influence sur la scène internationale, de porter la voix du Sahel sur les enjeux d’égalité de genre, de paix et de sécurité, et de mettre en lumière les efforts nationaux ainsi que les investissements des partenaires techniques et financiers.
Une expertise forgée sur le terrain
Mme Nafissatou Idé Sadou est une experte reconnue des droits des femmes, du leadership féminin, de la gouvernance et des questions de paix. Forte de plus de quinze années d’engagement au Niger et à l’international, elle se distingue par sa capacité à fédérer des acteurs variés, institutions publiques, partenaires techniques et financiers, société civile et réseaux internationaux, autour d’objectifs communs de transformation sociale.
Son approche, à la fois stratégique et ancrée dans les réalités du terrain, lui permet de faire le pont entre les politiques globales et les besoins concrets des communautés. Elle a consacré l’essentiel de son parcours aux femmes et aux jeunes filles, avec une expérience internationale marquée par sa participation aux sessions du Comité CEDEF et aux dialogues ONU-société civile à Genève.
Son profil repose sur trois atouts : une expertise technique reconnue, une connaissance approfondie des réalités sahéliennes marquées par l’insécurité et les vulnérabilités socio-économiques, et une capacité éprouvée de collaboration avec l’État, les partenaires internationaux et la société civile pour le plaidoyer et la mise en œuvre des politiques publiques.
Sa candidature vise à renforcer le lien entre les normes internationales et leur mise en œuvre locale. Elle ambitionne de valoriser les initiatives portées par les acteurs publics et la société civile en matière d’égalité de genre, de porter la voix du Sahel sur les enjeux de fragilité, de sécurité et de changements climatiques, et de contribuer activement aux travaux du Comité grâce à sa maîtrise des mécanismes internationaux et de l’élaboration de rapports alternatifs.
Pour Mme Nafissatou Idé Sadou, faire bouger les lignes ne se limite pas à rédiger des recommandations. Il s’agit d’aller vers les femmes là où elles sont, dans les villages de Diffa, Tillabéri, Agadez et ailleurs, et de créer les conditions pour qu’elles deviennent elles-mêmes actrices du changement.
Quatre priorités pour renforcer l’impact de la CEDEF
Une fois élue, elle placera au cœur de son mandat le renforcement de l’effectivité et de l’appropriation de la Convention. Plus de quarante ans après son adoption, l’enjeu n’est plus la ratification mais la mise en œuvre. Elle contribuera à promouvoir l’application concrète des dispositions, l’harmonisation des législations nationales avec les engagements internationaux, le suivi des observations finales du Comité, le renforcement des capacités des acteurs nationaux et une meilleure appropriation de la CEDEF par les institutions et les citoyens.
Elle insistera également sur la redevabilité et les données. Les progrès en matière d’égalité ne peuvent être mesurés sans données fiables. Elle soutiendra la production de données désagrégées, le développement d’indicateurs sensibles au genre, le renforcement des mécanismes nationaux de suivi, l’amélioration de la qualité des rapports présentés au Comité et une meilleure prise en compte des données probantes dans les politiques publiques.
La promotion des droits des femmes dans les contextes de fragilité, de conflit et de crise constituera un autre axe prioritaire. Elle plaidera pour une meilleure prise en compte des réalités des pays fragiles dans les travaux du Comité, le renforcement de la prévention et de la réponse aux violences basées sur le genre, la protection des droits des femmes et des filles en situation de crise, leur participation effective aux processus de paix et de relèvement ainsi que l’articulation entre la CEDEF et l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité.
Enfin, elle œuvrera à accélérer le leadership, la participation et l’autonomisation des femmes. L’égalité durable passe par une participation pleine des femmes à la vie publique, économique et sociale. Elle contribuera à promouvoir l’intégration du genre dans les politiques climatiques, la justice environnementale, la protection des droits dans la transition numérique, le renforcement de la résilience économique des femmes et des réponses adaptées aux nouveaux défis mondiaux.
Une vision : une Convention qui change vraiment des vies
La vision de Mme Nafissatou Idé Sadou est celle d’une Convention pleinement appliquée, capable de produire des changements réels dans la vie des femmes et des filles à travers des institutions plus inclusives, des politiques publiques efficaces et une participation entière des femmes à tous les niveaux de décision. Elle souhaite contribuer à renforcer le lien entre les normes internationales, les réalités nationales et les expériences vécues par les femmes.
Rahila Tagou (ONEP)
